Après 2 mois d'abstinence, j'pense j'ai perdu ma libido dans grisaille d'hiver - Narcity

Après 2 mois d'abstinence, j'pense j'ai perdu ma libido dans grisaille d'hiver

On va s'dire les vraies affaires.

Samedi 11h. Café Cherrier. Moi et moi ami Ben. Assis au bar. Pénards. Commande une bouteille de Prosecco. On s'éloigne lentement mais sûrement de notre objectif principal ; se sustenter. On se psychanalyse. Réinvente le monde au complet. Analyse toutes nos relations passées. Juge les gens autour. 

On peut-tu s'avouer quelque chose aussi en jasant brunch?! J'adore bruncher. Plus que tout au monde. Mais les brunchs nous laissent absolument aucune chance. C'est sûr à 90% que si tu vas aux toilettes tu entends quelqu'un chier. Le destin est contre toi dans ces circonstances. Le combo café/crotte est plus fort que la capacité de se retenir on dirait. 

Faque, on boit. Beaucoup. Longtemps. Le temps de finir le prosecco, un vodka soda, une pinte de bière, un Apérol Spritz et 4 shots de calvados. 5h plus tard le bill arrive, 15$ de bouffe et 85$ de boisson, un brunch honorable, enfin. Bilan moral, on est deux humains complètement brisés pis moi ça fait 2 mois que j'ai pas sexualisé j'arrive au constat que je subis une dépression génitale et que j'suis brisée d'en bas aussi. 

Via inayali

On part avant d'se faire mettre dehors, juste après dit au passage à la madame à côté de nous que des lunettes fumées à l'intérieur, ça faisait bébé lala. Je rentre en métro, solution simple, peu coûteuse et responsable. Seul hic, j'ai un furieux mal de coeur qui s'empare de moi à la station de métro Jean-Talon, une station avant la mienne. Tsé quand t'es dans une situation difficile ou stressante ta p'tite voix positive intérieure vient faire son tour dans ta tête. Tu te parles à toi-même pour te convaincre que ça va ben aller, pour t'encourager à passer au travers, tu deviens tes encouragements. 

Pas là. L'urgence de me rendre se fait pressante et un moment donné ma p'tite voix perd complètement son calme, monte dans des tonalités ben aiguës pis finis par me crier après en grosse crisses de majuscules. J'marche très vite, j'oublie le monde qui m'entoure, je vois la lumière au bout de mon tunnel. 

*Insérer ici bruit de vomi délicatement déposé au sol à la sortie du métro Jarry*. Insérer ici un sentiment de honte. Insérer ici également un mouvement de pieds pour cacher mes déjections avec de la grosse slush brunâtre. Le point positif? Mon estomac était redevenu léger et comme le Celcius était haut, mon vomi n'a fait qu'un avec la bouette au sol. Même son vomi ne faisait qu'un avec un corps étranger, ça te donne une idée. 

J'arrive chez nous, fraîche comme une rose, et j'ai UNE idée en tête ; entamer une vulvothérapie. J'ai la libido à zéro, le teint verdâtre, aucune énergie, je dois me sortir de ma paresse sexuelle. Pis j'suis chaude raide, faque j'me dis que la meilleure solution est de combattre le feu par le feu. En fourrant me reviendra l'envie de fourrer. Avoir eu un thérapeute, c'est là que j'l'appelais, pour lui dire que j'ai eu une illumination. J'ai pas de thérapeute, faque personne m'a dit que mon idée méritait peut-être d'être peaufinée. 

Merlin samedi 17h : Une seule chose en tête, trouver un partenaire pour avoir un rapport sexuel. C'était LA solution pour contrer ma diminution (absence complète) de libido, j'avais besoin d'érotisme, de sensualité, de plaisirs charnels agréables, d'une peau contre la mienne, d'une barbe qui m'irrite la face, de douceur, de tendresse, de chaleur humaine, j'en passe. 

Si tu penses que trouver un partenaire sexuel sur Tinder c’est simple, t’as probablement jamais essayé Facebook. C’est le Tinder 4.0, sans limites d’âge, de kilomètre, sans aucuns frais et avec un taux de réussite assez élevé. Autant ça peut être gossant se faire achaler par des inconnus pour se faire dire qu’on est belle, autant des fois ça peut t’éviter une sécheresse vaginale. Merci, Facebook, de m’aider à rester paresseuse.


Tu m’vois venir long comme le bras. J’ai écrit à un p’tit garçon cutie et 2h plus tard on se rencontrait au Huis Clos. J’tai dis que c’tait simple, non? J’ai même pas eu l’temps de dégriser que j’avais une pinte de bière dans mains pis un joli garçon assis à mes côtés. J’ai pas cru bon de lui mentionner que je voulais sortir de mon impasse sexuelle avec lui, on verrait bien où la soirée nous mènerait.

Le gars a vraiment toutes les qualités requises pour faire un gendre idéal aux yeux de ma mère. Mais aux yeux de ma vulve, c’est pas l’excitant sexuel le plus vibrant. Pas assez mâle. Trop l’air pur et naïf. Trop doux. Tu veux qui lead, mais pas trop. J'veux qui soit mâle alpha, mais pas macho.


Un homme idéal pour une relation de longue durée basée sur le respect et la bonne communication. Pas l’idéal pour reconnecter avec sa génitalité. En fait, j’voulais quelqu’un avec un air tannant, tsé l’étincelle dans le regard qui te donne la chair de poule en imaginant toutes les cochonneries que vous allez faire.

En plus, pauvre chou, il me dit qu’il a pas lu mes articles avant de me rencontrer pour pas fausser l'image qu'il a de moi. À limite, lis-les, j'men criss. C'est ceux après s'être rencontré que tu peux pas lire. Comme celui que tu lis présentement. J’me demande l’image qu’il a de moi maintenant. Elle doit pas avoir ben ben changé, je suis quand même arrivée complètement défoncée à cette première rencontre. Cette rencontre qui se voulait thérapeutique afin de me sortir du gouffre de l’abstinence.

Via basthon

J'ai continué à boire. J’ai commandé des shots. Jameson. Wisers. Vodka lime. Sans aucun scrupule, straight de même. Combien? Juste assez pour s'engourdir un peu. Juste assez pour oublier qu'on finirait pas notre vie ensemble, mais pour qu'à soir on se contente l'un de l'autre. 

J'ai payé mon bill. Y'a payé le sien. J'suis galante pareil, j'ai refusé qu'il paye ma facture. Sortie dehors. En le regardant, je l'ai vu être un peu chambranlant, jme suis dit qu'il devait être un peu chaudaille. J'ai hésité entre m'allumer une smoke ou frencher. J'lai pogné par le col, l'ai accoté doucement dans le mur et je lui ai sacré un beau bec sur la bouche. Langue incluse. Après 1 minute de french, j'étais émoustillée et satisfaite de cet échange charnel. Je jubilais. 

On récidive quelques instants sous les gros flocons romantiques qui nous tombaient dessus. Le décor était féérique, on se serait cru dans un Disney. Un Disney sexuel, mais un Disney pareil. Ben c'tait pas si sexuel, mais quand ça fait 2 mois que le plus près d'un rapprochement sensuel c'est d'être collé contre les passagers dans le métro à l'heure de pointe, j'pense que j'peux me permettre de dire que pour moi, c'était sexuel. 

C'est là qu'il m'invite chez eux. Lire entre les lignes, j'avais accès à la sexualité. J'ai souri, lui ai mis la main sur l'épaule et j'ai répondu non. J'ai vu la déception sur son visage. J'ai pris mon cell, commandé un Uber. Quand le Uber est arrivé, je l'ai mis dedans pis j'y ai dis merci pour le french pis j'ai refermé la portière. L'auto a démarré, moi j'ai essayé de m'allumer une smoke, j'ai passé un paquet d'allumettes au complet sans être capable. Tsé, gagner le combat d'la vie. 

En marchant tranquillement pour revenir à la maison, j'me suis fait un debriefing de la situation. J'savais même pas pourquoi j'avais dit non. C'était un mélange de grosse paresse et de manque d'intérêt. De se retrouver chez un inconnu. De devoir soit partir en pleine nuit dans le frette de l'hiver à me caller un tax, soit dormir avec un étranger pis partager cette intimité beaucoup trop lourde pour moi. J'avais envie de coucher avec, mais j'avais pas envie de faire d'efforts. Pas envie de me retrouver dans la situation poche du lendemain matin où personne a le goût de se réveiller avec l'autre, t'as juste envie qu'il se volatilise. Même chose si je l'avais invité chez nous, j'avais absolument pas envie qu'il dorme dans mes doux draps fraîchement lavés. 

Via belart84

J'ai envie de sexer. Mais pas de tout ce qui vient avec. Pas envie d'avoir des dates. Pas envie de me préparer, me mettre cute, sortir du confort de mon logis pour me rendre au point de rencontre. Trouver des sujets de conversations, entretenir ces ostis de convo-là, faire semblant que tout ça me tente. J'ai pas envie de faire semblant. J'ai pas envie d'investir du temps. De l'argent. De m'investir. De m'attacher à quelqu'un. 

Même si ça aurait pu être ben l'fun, j'aime mieux être tranquillos sur la couchette pis laisser l'temps passer. Un moment donné m'a ben r'trouver mon désir de dater. On dirait que j'lai tellement fait souvent, que j'suis fucking blasée. Ça fait des belles anecdotes à raconter, mais ça fait un p'tit vide en d'dans que tu réussis quand même pas à combler. L'côté positif c'est que Noël arrive, j'vais pouvoir combler mon petit vide en mettant un vibrateur sur ma liste de souhaits. 

Même si ma mère l'avait ben aimé, j'pense j'ai fait la bonne affaire. Reste à voir si elle va m'acheter le cadeau que j'ai demandé. 

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici. 

 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

 



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