La Tinder game me donne un goût d'vomi dans bouche - Narcity

La Tinder game me donne un goût d'vomi dans bouche

La question est : swiper ou ne pas swiper?

Mon nouveau statut de célibat l'oblige, j'me suis dit, pourquoi pas swiper en faisant ma besogne le matin ou avant d'me coucher le soir? J'me suis laissé tenter et j'ai succombé. Parce que oui scuse moi, mais le monde tinderise pas dans leurs meilleurs moments. On le fait quand on a rien d'autre à faire et quelques minutes à tuer. Comme sur la bolle. Oui, t'as eu un superlike en même temps qu'un gars faisait caca. 

La vérité c'est que j'lai downloadé et supprimé back à back 3x en 3 jours. J'avais quand même quelques matchs intéressants et mignons, faque à chaque fois que j'le supprimais j'tai un peu angoissée de perdre tout ce potentiel amoureux. Tout à coup que le bon est là-dedans! Oui, j't'un brin intense. Faque, j'ai gardé l'app au final. 

Pis f*ck, j'dois pas être la seule sur Tinder la, y'a 50 millions d'utilisateurs. Qu'on vienne pas me dire que ça mène jamais nulle part ces histoires-là, y doit ben avoir UN couple qui s'est formé après un match Tinder. Ou après une histoire de couchette Tinder. 

Via charlesdeluvio

Sinon, ça s'passe où? Y'a-tu un spot particulier qui est reconnu pour avoir un bon taux de match pour les trentenaires? Outre le bar à pain du Pacini sur Sherbrooke, entre deux bouchées de garlic dans yeule. Étant pu une grosse sorteuse et ayant envie d'avoir bonne haleine, j'me suis dit que Tinder serait la solution de secours fastoche. J'avais tort.

En partant, mon intérêt se dégrade très rapidement. Je débande à la MOINDRE petite affaire. L'abus d'utilisation d'emoji me gosse. L'abus du franglais me gosse. L'abus de fautes d'orthographe me gosse. Le manque d'humour me gosse. L'humour poche me gosse. L'monde qui veulent jaser au téléphone me gosse. Bref, y'a fallu j'me calme et que j'arrête d'être intransigeante de même, ça avait aucun bon sens, j'allais finir par briser mon téléphone à force de vouloir le crisser au bout d'mes bras en lisant un « salut sa vo ? ». 

Avoir avoir échangé et manifesté un certain intérêt envers l'autre partie, pour sauver des data et du temps, tu échanges ton # de cell.  Là, commence l'échange interminable de questions et de commentaires sur un peu tout. Si t'as un chien, c'est là que tu drop sa photo pour montrer que t'es capable d'être un adulte et de t'occuper d'un autre humain que toi-même. 

Faire le suivi est aussi un peu laborieux. J'ai une mémoire de marde, j'me souvenais pu c'que j'avais dit à qui, quelles questions j'avais posées, leur nom et même leur visage. Rien que là ça commençait à me faire chier. 

Via freestocks

J'ai zéro envie de passer mes journées à texter des inconnus. Pour être honnête, j'adore ça, mais un moment donné j'sens que je mets trop d'efforts là-dedans. Des efforts que je pourrais facilement mettre ailleurs pour devenir une meilleure personne, me remettre en forme, commencer un nouveau livre ou juste laver mes draps ou mes cheveux. 

Faque, en direct de mon lit pas trop frais avec mes cheveux gras, j'me suis fait aller les pouces. Parle parle jase jase. Après un moment à niaiser pis à se poser des questions sur nos pedigrees respectifs et nos antécédents judiciaires, on essaie de trouver un moment idéal pour une rencontre. Peut pas vraiment être plus compliqué. On doit éplucher notre agenda des 30 prochains jours pour arriver à trouver une plage horaire qui convient. C'pas compliqué, y'en a un qui m'a demandé mon adresse courriel pour avoir accès à mon agenda Google. 

Des fois, c'est juste impossible de coordonner une rencontre. Ça va trop loin dans le temps pis tu sais très bien rendu-là que tu parleras plus à la personne. Si la date se passe pas dans la semaine ou dans les jours qui viennent, l'intérêt disparaît pis les deux personnes se volatilisent par enchantement dans le cosmos. Je supprime les contacts à la vitesse de l'éclair. J'connais la game. 

J'me suis donc dit que je devais tenter l'expérience d'accepter toutes les dates. Voir ce qui se passerait. J'ai 4 rendez-vous galants dans la semaine à venir. Et un 'on se texte après la job pour un verre'. Le concept de rien planifier et de faire ça spontanément est une bonne idée, mais c'est rare que ça marche. À fin de mon shift, j'me clenche déjà un pinot grigio assis au bar avec mes collègues. Les chances sont fortes qu'à fin d'mon verre, j'en prenne un autre et que le bel inconnu tombe dans l'oubli. 

Lundi arrive. Le gars choke. Ça tombe à pic parce que j'étais ben dans ma doudou tranquille à maison.  J'me suis même demandé si j'pouvais pas y aller en Snuggie. Ça l'air que la réponse est non. 

Mardi arrive. J'me rappelais pu trop comment ça se passait une date. Après 4 shots de Bushmill pis 4 verres de Syrah, là, j'men suis souvenue. J'me suis souvenue aussi à quel point j'étais lousse, que je m'imposais pas un décorum de date. J'men fou de mal paraître ou de pas respecter les règles et les lois du premier rendez-vous. J't'au d'sus de ça ben raide. 

Via brookecagle

La femme que j'suis dans la première date, c'est la même que j'vais être dans les 30 suivantes. J'fais des jokes grivoises, j'ponctue mes phrases par sacres, j'fume, j'parle de mes dates rocambolesques, j'finis l'assiette de l'autre, je flatte tous les chiens sur mon passage, j'fais la split sul bar ben chaude, j'suis de même. Je vais pas changer pour donner une image de moi reluisante, dorée et aseptisée, j'pas la Sainte Vierge bout de virage. J'suis loin d'être une sainte et j'vous épargne les détails, mais j'suis loin d'être une vierge. 

Mon mardi soir a donc plutôt bien été. On s'est mis chaudailles dans un bar de La-Petite-Patrie, on a jasé de nos relations précédentes, de nos histoires de cul un peu flyées, de nos parents pas comme les parents de nos amis, de nos passages dans le bureau du directeur, de notre affection toute particulière envers le pain de viande de maman (la mienne et la sienne, on a pas la même mère, ça serait un peu douteux) et j'en passe. 

Une date comme se devrait d'être toute date. Simple, pas de malaise, pas de lourdeur, pas de gros silences pesants, des gros rires, du sarcasme, des p'tites confidences cutes, des p'tits morceaux de quinoa pognés din dents mais ça te dérange pas tant. 

Mercredi. Le gars me donne pu signe de vie. Je prends pour acquis que c'est une technique de cancellation un peu poche, Tinder style. Il m'a même supprimé de l'application, le message est assez clair. 

Via elizabethlies

Samedi. C't'a mon tour de canceller. J'étais complètement scrap de la veille et la pensée de devoir faire une conversation avec un autre humain me donnait un véritable haut-le-coeur. J'étais incapable de sortir de mon lit.

Dimanche. Ah pis d'la marde, ça me tente juste pas de faire des efforts pis de sortir de la maison, j'ai plein d'affaires à faire pis ma être ultra pressée toute la semaine si je commence ça en tout croche. Faque, l'appel de l'adulte et du cocooning a pris le dessus. J'ai fait mon ménage, mon lavage pis mon épicerie à place de dater. Le soir venu, j'me suis fait cuire du baloney dans poêle, je l'ai mangé pendant que je prenais mon bain et que j'avais mis mon laptop sua bolle pour checker ma série. Ma soirée pète n'importe quel rancard. 

J'ai tinderisé une semaine. Bilan. 1 rencontre. Une dizaine d'heures de perdues. Pas de chum en vue. Ce qui m'a frappé quant à mon retour sur la Tinder game,  c'est le temps qu'il faut investir. Ça aucun sens. C'est décourageant. Ça ne paraît pas, parce que texter ça se fait si vite et si naturellement qu'on peut le faire en même temps que n'importe quelle autre activité, sauf que ça gruge quand même du temps et de l'énergie. Pour n’aboutir à pas grand-chose. 

Via sahuaromedia

On se plaint qu'on n’a jamais l'temps. Combien de fois par semaine, par mois, par année qu'on le dit? On n’a pas le temps d'aller voir nos grands-parents, de faire notre grand ménage du printemps, d'aller changer notre barbelle de mamelon, de faire réparer notre porte de char toute rouillée, on a jamais l'temps. On est ben trop occupés dans nos vies ultras chargées. 

Au fond, on a le temps. C'est juste pas notre priorité. J'ai 3 jobs. J'ai été capable d'entretenir 5 conversations et de me rendre à une date. J'ai pas joué la morte, j'ai répondu à chacun d'eux (même pour les choker). Un peu pour rien d'ailleurs, ben trop d'efforts pour peu de résultats. C'est trop compliqué et trop exigeant. 

C'était mon dernier passage sur Tinder. Je vais prioriser les rencontres fortuites, accidentelles, imprévues, spontanées. Ou ben juste frencher le gars déguisé en vélociraptor à l'Halloween. On s'en r'parle. 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

 

 

 

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