L'automne me rend nostalgique, et cr*ss que j'm'ennuie d'toi - Narcity

L'automne me rend nostalgique, et cr*ss que j'm'ennuie d'toi

F*ck le festival des couleurs.

F*ck le festival des couleurs. F*ck les photos de pommes. F*ck les #couplegoals. F*ck les déguisements d'Halloween en duo. F*ck la croustade aux pommes des douces mamans. F*ck les couples au Marché Jean-Talon que leur outfit matchent pis qui sont beaux à magasiner des potirons. F*ck les lattés à la citrouille. F*ck toute. (Voir ici une fille qui fait un finger en faisant en tournant sur elle-même, 360 degrés de hate). 

Y'a 5 mois, je m'excusais de pas être la blonde parfaite. Depuis, ça été comme trop vite, y'a eu trop d'affaires qui se sont passées. En mode accéléré. Trop d'affaires d'une tristesse infinie que j'ai pas vraiment accepté, mais que j'ai crissé dans un coin de ma tête en me disant que j'aurais d'la peine plus tard, que ça allait ben aller. Ô déni, quand tu nous tiens. 

Trop d'affaires comme notre rupture. J'ai trop sorti, trop bu, trop dépensé, pas assez braillé. Rien de tel qu'un bon dosage de marde pour s'étourdir (lire s'engourdir) à gauche à droite avec excès. Tout ça pour juste pas trop réfléchir, pour s'occuper un maximum pis pas avoir à vivre notre grosse peine. Ça marché. Pendant un p'tit boutte. 

Après j'me suis dit, j'suis prête à dater, ça va me changer les idées. En selle cowboy! J't'ai pas oublié pis j'ai aucune foutue intention de me rematcher, mais ma tactique de me garrocher d'un bord pis de l'autre continuait, juste dans un contexte différent. 

Pis là, on dirait que ça vient de me péter dans face. On dirait pas; ça vient de me péter dans face. Je réalise que j'ai F*ck all le goût de dater du monde. J'ai aucun intérêt.  J'regrette même de l'avoir fait. J'me sens coupable. Coupable d'avoir pensé que c'était une solution. J'ai pas le goût d'être avec personne. Sauf avec toi. L'automne me rend tellement triste pis nostalgique. C'est la belle saison pour s'aimer, l'frette s'installe doucement, tu commences par te coller avant d'partir le chauffage, tu sors les doudous, le caquelon à fondue, tu regardes des séries collés. J'ai pas envie de faire du cocooning tu seule. C't'avec toi que j'veux le faire. Mais t'es pu là. 

Ça m'fait tellement de peine. J'avais pas réalisé ton absence avant aujourd'hui. Parce que j'la comblais avec des ostis de niaiseries. J'vis ma rupture à retardement. J'ai eu d'la peine au début, mais comme ton passage dans ma vie, ça été trop vite. J'suis bonne là-dedans. C'est mon mécanisme de protection. Mettre mes gros bobos de côté, ouvrir le tiroir de mauvais souvenirs dans un coin d'ma tête, crisser toute la dompe dedans pis le refermer. De l'entreposage de douleur. J'fais ça depuis toute ma vie. Pis des fois mon tiroir y déborde un peu pis j'pars à brailler dans mon bain.

Via timothycdykes

Longtemps. Beaucoup. Des grosses larmes qui m'font du bien. Des grosses larmes qui auraient voulu vivre leur vie avant. Que j'ai gardé en d'dans trop longtemps. 30 ans de trop, mettons. J'pas une tough pantoute. J'ten grosse guimauve, j'fais semblant que ça m'fait rien, je vire tout en joke, mais j'ai l'coeur écorché medium saignant. Pis c'pour ça que je laisse pas beaucoup de gens entrer dans ma vie et que je m'attache peu. 

J'me demande c'que j'aurais pu faire. J'me demande si j'ai laissé tomber trop vite. Si j'avais pu essayer plus fort, plus longtemps. J'sais pu. J'me sens perdue. J'sais pas quelle partie de moi écouter. J'suis mêlée pis crissement brisée. Ma tête me dit que ça pas marché une fois, même si on réessaye, ça marchera pas plus, c'pas ça la bonne solution, ça c'est la solution facile. Ma p'tite voix romantique qui y croit tout l'temps trop, me dit que j'ai quand même envie de t'écrire pour te demander si tu te sens comme moi, si tu partages ma peine, si t'as envie qu'on réessaye. 

J'm'imagine ce que seraient nos journées si on ne s’était pas laissé. J'fais des scénarios à longueur de temps. Ça bouillonne dans ma tête. Les mots que tu m'aurais dit avant d'se coucher, la main que je t'aurais prise à l'épicerie, la p'tite tape sur le cul d'encouragement quand t'es dans cuisine en train de couper des légumes, les activités qu'on aurait faites, les vins qu'on aurait débouchés, ton regard vers le haut quand j'fais la joke de trop, plein de p'tites affaires qui n’arriveront pas. 

Via sarahgraceharp

J'ai la tête loadée comme un gun. Tout est mélangé, les souvenirs, les scénarios, des mots, des images, j'mélange le passé qu'on a eu, le présent qu'on a pas pis l'avenir que j'aurais voulu. J'suis peut-être trop sentimentale aussi. J'ai une petite boîte à souvenirs dans laquelle j'mets des cossins futiles, mais qui représente des bons moments, rien de fou, des billets de spectacle, d'avion, des photos, des lettres, des cartes. Des objets qui sont comme des traces des gens qui ont passé dans ma vie pis qui sont partis. J'me force à pas l'ouvrir trop souvent, c'est souvent un peu douloureux de se rappeler tout ça. 

Le quartier chez nous est beau en automne. Les gros arbres colorés qui se dégarnissent, l'monde est habillé juste c'qui faut, j'trouve que c'est là que les gens sont les plus beaux. Y'ont pas 15 couches de guenilles sul dos, y'a juste un ti peu d'peau, des beaux lainages, j'trouve ça l'fun l'automne. Mais pas c't'année. Le voisinage se promène, le chum, le chien, la poussette. Juste d'y penser j'ai envie de brailler. J'ferme les rideaux chez nous pour pas les voir. 

Via alisaanton

J'me trouve poche ces temps-ci. Le bonheur des autres me fait pas tant d'bien. J'pas contente de voir que ça se marie, que ça tombe enceinte, que ça achète des maisons. J'pas contente de voir que ça part en voyage pour 1 mois. J'pas contente de voir les Instastory où ça décore pour l'Halloween. Tout ça me fait sentir profondément seule. J'serai dans une foule de milliers de personnes que j'me sentirais tu seule. 

J'passe même pu devant l'parc à côté de la maison parce que les enfants qui jouent ça m'rappelle tout c'que j'ai pas. C'que j'aurai aimé avoir avec toi, mais que ce sera pas ça. Pour l'instant c'est difficile de voir tous ces sourires quand toi t'as les yeux pleins d'eau en te sentant un peu comme une marde. J'en veux pas à l'humanité, les gens ont droit à leur bonheur, mais s'ils pouvaient le vivre cachés dans leur sous-sol ça ferait mon affaire, mais j'me dis que mon tour va arriver, un moment donné. 

Via anthonytran

Ça m'fait chier. Ça m'fait chier d'avoir pu penser que j'allais si bien. Que ça passerait comme dans du beurre. Là, j'ai plus l'impression d'être jammée dans une livre de beurre. J'me demande si j'vis bien avec notre décision. Visiblement la réponse est non, mais ça va passer hein? J'me demande si on pas lâché la patente trop vite, si y'avait pas une autre solution, d'autres étapes avant d'arriver à la fatidique.  

C'tu vraiment ça qu'on voulait? J'ai envie de t'en parler, mais je considère que j'ai pas le droit. Pas le droit de te mettre dans le doute pis de t'imposer toutes mes questions. J'peux pas t'obliger à penser à ça, à gratter ton bobo pour avoir les réponses que j'souhaite. J'peux pas te faire ça. Au fond de moi, j'le sais ben que tu dois aussi te tourmenter avec plein d'affaires. J'ai pas le droit de rajouter ma peine à la tienne. 

J'me fais pas à l'idée qu'on s'éloigne lentement l'un de l'autre pour redevenir des inconnus. Qu'on fera pu jamais partie de la vie de l'autre. Les peines d'amour ça tue pas, on va s'en remettre chacun de notre bord avec le temps. On va faire notre deuil. J'me sens vulnérable. J'pas habituée d'avoir de la peine. Je m'attache difficilement aux gens, je les laisse partir vite, je m'ouvre pas beaucoup. J'ai trop peur que ça finisse pis que ça me blesse. 

Comme là. Comme les autres fois avant. Comme tout le temps finalement. J'ai souvent été un espèce de passage avant une longue relation, un passage vers d'autres choses. Tous mes ex se sont matchés tu suite après moi. J'comme un aéroport sentimental, tu fais une p'tite escale, mais tu restes pas. J'le sais que ça sera pas facile pour moi d'être avec quelqu'un. Pourtant quand j'essaie, comme avec toi, ça marche pas. Jamais. Ça marche jamais. C'pas d'être tu seule qui me dérange. C'qui me dérange c'est que tu sois pu là. Pis que tu seras pas là demain ou une autre fois. 

J'imaginais autre chose à mes 30 ans. J'imaginais ma situation autrement. J'ai l'goût moi aussi de bâtir mon monde avec quelqu'un. J'pas à plaindre, j'ai des amies extraordinaires, des boulots que j'aime, un logis qui sens un mélange de chandelle au citron et de clope, une famille aussi tordue que moi, je suis chanceuse d'avoir tout ça. Je manque de rien. J'aurais aimé ça pas manquer de toi. T'avoir avec moi pour toujours. 

J'te souhaite d'être heureux. J'aurais aimé ça que tu le sois avec moi. 

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici. 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

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