Ma vie amoureuse est un vrai champ d'm*rde - Narcity

Ma vie amoureuse est un vrai champ d'm*rde

Aux yeux des autres.

Présentement, je ne fais aucun effort pour rencontrer.  J'date pas. Je sors pas. J'suis ben tranquillos dans mon salon à guérir ma grippe en mangeant des nachos full garnish olives piquantes/cheese et en essuyant ma morve sur ma manche de chandail en regardant autour pour m'assurer de pas être vue. Chacun sa méthode pour se remettre sur pieds, moi ça passe par mon estomac. 

Via kellysikkema

Présentement, j'ai aucune app de dating, aucun prospect en vue, aucun numéro à pitonner pour mes soirées éméchées où j'ai l'goût de succomber aux plaisirs de la chair. J'prends juste mon temps. J'ai pas envie de passer à autre chose trop vite. Me lancer dans les bras du premier venu ou tête première dans son lit. C'est du gros déjà vu. Un déjà vu qui te pète en pleine face quand tu penses que tu vas ben pis un moment donné, jammé dans l'trafic sua 15, Adele chante Someone like you pis tu brailles comme un bébé pour toute ta peine refoulée. Déjà vu. 

On pourrait donc convenir que j'ai pas de vie amoureuse. C'correct de même. Mon statut me convient. J'vais apprivoiser la Merlin solo. Régler mes bobos. Sécher mes larmes. Pis finir le pot de salsa, coûte que coûte. 

Via jontyson

Faque pourquoi j'dis que ma vie amoureuse est un vrai champ d'marde? Parce qu'aux yeux des autres, c't'un peu l'impression que ça donne. Ça l'air pénible d'accumuler les histoires foireuses, les histoires qui marchent jamais, qui finissent mal, les histoires qui finissent avant même d'avoir commencé. Mon parcours amoureux est pas un long fleuve tranquille. C'est plus une belle épopée en trip sur la Rivière-Rouge avec une caisse de 24 durant lequel je change de partenaire de descente de temps en temps. 

Ma réflexion part d'une situation tellement anodine. Lundi soir, je sors du métro après le boulot. Marche un peu. Croise une fille avec qui j'ai été au secondaire. Pas une amie. Une connaissance. Toujours le fun de croiser quelqu'un que t'as pas vu depuis longtemps, jamais malaisant. NOT. Chaque fois c'comme un coup de pied dans l'cul. On sait jamais quoi dire, pis y'en a un qui ose la fatidique phrase quoi de 9. En 12 ans, ben des affaires tsé. Par quoi je commence? Par rien. Si on voulait avoir des nouvelles de l'autre, on en aurait pris ça fait longtemps.

Elle a un beau bébé tout frais dans sa p'tite poussette. On jase un peu de notre vie, survol bref entremêlé de sourires polis. Elle me dit qu'elle lit mes articles, que c'est ben drôle. Et me lâche sa bombe en pleine poire : j'ai peut-être quelqu'un à te présenter, laisse-moi y parler de toi! Anyways avec tes histoires tu peux pas te permettre de faire ta difficile! HAHAHA. Le HAHAHA c'était elle qui riait de bon coeur. Moi je riais pas. 

Elle termine de chier lentement sur ma tête avec un 'Ce serait l'fun de faire de quoi'. Ce à quoi je rétorque 'oui oui on se tient au jus, ton gars est en train de manger sa crotte de nez'. J'me sentais un peu comme ce petit encas, ce délicieux tapas aka la crotte de nez. Elle voulait pas être méchante avec sa joke, mais c'est ça l'affaire. Personne veut être méchant, mais ost* que ça peut être pesant par inadvertance. Pesant par maladresse. Pesant par accumulation. Quand t'essayes de dédramatiser une situation avec des blagues, mais que c'est tout l'effet contraire qui se produit. 

Via danielmonteiro

Je surprends personne en disant que j'ai d'la misère à avoir une relation stable et sérieuse.  Et on dirait que ça fait de moi une pauvre petite femme. Dater, c'est un peu la plaie du millénaire. Dater, ça pas une bonne réputation. Comme si c'était un passage obligé, pénible et lourd qui te mènerait vers le bonheur absolu et ultime ; être en couple. Comme si j'étais une demi-Merlin. Qui me manquait le Pinpin. 

J'ai des p'tites nouvelles pour vous autres, le but d'une vie, c'est pas inévitablement d'avoir une relation. Le but d'la mienne en tout cas ce l'est pas. J'suis pas une semi-entité, ou une personne incomplète parce que j'suis solo. Arrêtez de me regarder avec pitié, comme si vous étiez plus accompli que moi parce que vous avez une vie de couple épanouie.  On est pas accompagnés donc on est rien? C'est la devise du bien-paraître? La tradition de suivre le chemin tout tracé? 

Souvent le célibat est vu comme un poids, comme une situation de transition, comme un état non permanent duquel il faut absolument sortir. Combien de fois on se fait dire; pis as-tu rencontré quelqu'un? j'comprends pas que ça marche pas tes affaires, t'es tellement sweet, fais-toi en pas tu vas rencontrer l'tien un moment donné, tu viens accompagné au mariage?. Comme si solo, t'étais bien, mais il te manque quelque chose pour avoir LE KIT IDÉAL. La situation souhaitée. 

On peut tu être ben tout seul pis pas avoir à subir les jokes pis les commentaires poches? C'est des p'tits jugements déguisés en blague. Un peu de pitié camouflée. 

Quand j'ai sorti d'une longue relation, j'me suis rendu compte que certains sont mal à l'aise avec le célibat. T'es en couple, toute va ben, vous avez des amis communs, les invitations pleuvent, telle cette fine pluie qui te tombe sur la noix par un bel automne de novembre. Pis là, ça va moins bien. Lire ça va pas bien pantoute. La relation finit. Pis là, par hasard, tu te rends compte que t'as pas été invité dans un souper d'amis. Souper de couple. Parce que le mot le dit 'couple'. Toi tu l'es pu.  Les chiffres impairs ça f*ck les plans de table. Ça fait des moins belles photos tsé. 

Via kchance8

C'est ça l'excuse qu'on m'a donné, que c'était des soupers de couple, faque on a pensé que j'avais pu vraiment envie d'y participer. Ce à quoi j'ai répondu que non, c'était vrai, j'aimais bien mieux qu'on me tasse et qu'on m'invite pu pentoute, merci beaucoup. Avec qui j'allais faire cheers vu que j'étais assise en face de personne! Criss, le drame d'une vie. Franchement. 

Ça c'est un des pires scénarios pour illustrer que des fois le célibat c'est moins bien vu. Y'a des situations au quotidien ben plus frappante. Comme mon ex-comparse de classe qui me dit que j'ai pas le droit d'être sélective. Pourquoi j'ai pas le droit d'être sélective? Difficile? D'avoir des critères et d'écouter mon coeur pis mon intuition? Cr*ss c'est ben l'boutte d'la marde. Parce que j'ai passé la majeure partie de ma vie célibataire, ça fait de moi une paria qui doit s'accommoder du premier qui va croiser ma route. J'pense pas non. 

C'est plutôt le contraire. Quand t'as été célibataire longtemps, tu le sais que c'est plein de vertus. Que ça fait du bien d'être tout seul, d'se retrouver. Être autonome, indépendant, libre. Pis que c'est pas la fin du monde. Qu'on peut être heureux à pas partager son oreiller avec un autre. On associe le célibat a quelque chose qui cloche, à la non-réussite, on a d'la misère à croire que ça puisse être un choix. 

Le célibat me pèse pas. J'pas souffrante. J'ai aucune maladie. La seule maladie que j'ai c'est les ost*s de préjugés sur le célibat. Comme une verrue plantaire, ça revient tout le temps. Les jokes plates. Répétitives. De Tinder. De couchette. De vieille fille. De 30 ans pas d'enfant. Même quand on dit qu'on va bien l'monde a l'air de douter, comme si c'était pratiquement impossible d'aller bien dans notre situation. Situation qu'on souhaite à personne. 

J'ai pas besoin de me faire tasser des zones réservées aux couples. J'ai pas besoin de partager mon quotidien avec une douce moitié. J'ai pas besoin d'avoir une présence dans mon logis. J'ai pas besoin qu'on veuille me présenter tous les célibataires de la planète. J'ai pas besoin de la pression sociale pour être dans la norme. 

Mon espace. Mon temps. Aucun compte à rendre. Mon indépendance. Ma vie. Ma folie. Ma liberté. Mes critères, j'les garde.  Le château, le cheval blanc pis la grosse garnotte au doigt c'pas le rêve de toutes les p'tites filles. Merlin petite, se voyait porter un tailleur, exercer un travail fantastique où tout le monde la respectait, elle se voyait comme une femme qui savait où elle s'en allait. Où elle s'en allait toute seule, y'a jamais eu d'homme dans le portrait. Ni de marmaille qui mange ses crottes de nez. J'ai peut-être pas tant changé au fond. 

Via sweeticecreamwedding

Oui, j'ai des insécurités, des moments plus lourds, des instants où j'me sens vulnérable. Mais ça me donne pas envie de rentrer dans la norme pis de faire comme tout le monde à tout prix. J'me matcherais jamais pour me matcher. 

Faque si on se croise quelque part, fais-moi dont un beau highfive sur mon célibat assumé au lieu de vouloir me présenter ton p'tit cousin.

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici. 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

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