Recycler ses vieilles dates, pas une top top idée - Narcity

Recycler ses vieilles dates, pas une top top idée

Au pire, j'fais semblant d'être sourde et muette.

J'sais pas pourquoi mes semaines peuvent pas être le long fleuve tranquille. Bon, tu me diras que j'accumule les mauvaises décisions en sortant au Don B. un mardi, alors que j'ai une pneumonie, et clairement 10 ans de plus que la plupart des gens dans la place, que j'ai une narine de bouchée depuis 3 semaines et que j'ai des sécrétions vertes dans la trachée. 

Yolo disent les jeunes. Moi je dis pu rien, j'ai pu de voix pis je suis maganée ben raide. J'suis tombée dans l'équipe des 2 jours. 2 jours avant de me remettre de ma brosse. 2 jours pour que je n'aie pu l'impression d'avoir l'estomac barbouillé au Bétonel DLX-1072 appelé brun cabane d'oiseau. 2 jours avant que je puisse être capable de manger et boire sans rejeter le nutriment ingéré. 2 jours pour éliminer le sentiment de culpabilité et la vive impression que je n’étais pas né pour un p'tit pain, mais pour un ost* de croûton moisi. 

Après 3 jours, le goût de vivre m'est revenu. Pis ça adonnait ben parce qu’il fallait que j’aille travailler pour le lancement d’un événement. L'esprit embrumé après une nuit de trop de  sommeil, j'arrive sur place avec mon p’tit café, après avoir texté mon ex pour lui demander si ça lui tentait d’aller prendre un verre bientôt. Tsé quand tu enchaînes les bonnes décisions saines. J’roule ma bosse, j’gagne mon pain (merci Mario pour cette délicieuse expression) et soudainement je croise une ex date. Ça fait beaucoup trop d'ex affaires en peu de temps. J’suis polie et aussi dans l’impossibilité de faire comme si je l’avais pas vu, tsé ce moment poche où tu l’as vu, tu sais que l’autre t’a vu pis que y’a pas d’esquive possible.

Protocole oblige, je m’arrête pour lui jaser un peu. Coïncidence de la vie, il travaille sur le même événement que moi. Parle parle, jase jase. On a ben du fun. J’essaie d’me rappeler notre histoire, pour me rendre compte qu’on a eu f*ck all d’histoires, on s’est vu une fois ou deux. Rien pour virer fou. Rien pour magasiner son voile de mariée. J’me souviens pas pourquoi on s’est pas revus d’ailleurs. J’étais dans une bonne période à cette époque, je datais sans peur du lendemain, sans aucune envie de m’attacher et avec le furieuse envie de m’amuser. Merci Tinder. 

Ça finit ce beau conte de fées, on se regarde pour se donner deux becs secs et il me dit qu’on devrait se revoir et se faire une vraie date. Challenge accepté. La semaine passe, je suis malade comme un chien, j’ai pas envie de dater qui que ce soit sauf ma soupe Lipton pis ma doudou. Mais j’connais la game, faut battre le fer pendant qu’il est chaud, faque j’me dis que j’devrais passer par-dessus ma mort imminente pour aller en date. Encore une mauvaise idée, j’sais pu ça fait combien depuis le début de l’article. Beaucoup. 

Via brookecagle

Invitation lancée, acceptée, rendez-vous planifié. On se rejoint dans un p’tit bar de Rosemont. Moi, pour mieux feeler et ne pas morver, j’ai pris du sirop pour la toux, des pilules contre la grippe, j’ai du Vicks en dessous des pieds, mis une goutte d’origan sur ma langue et bu beaucoup d’eau. Un peu plus j’mangeais une gousse d’ail cru pour booster mon système immunitaire. J’étais pas vraiment plus en forme, j’étais juste un peu buzzée. Tsé ce feeling quand t’as pris 3 verres pis que t’es sul bord de chavirer du côté sombre. Le feeling que c’est là que ça se passe. C’est de même j’me sentais. 

On jase comme deux amis. On se raconte nos voyages des deux dernières années, nos échecs amoureux, nos pires dates. Tout va bien. On est super à l'aise comme ça arrive trop peu dans une rv galant. En même temps on se connaît, faque c'est un peu des retrouvailles, ça enlève un p'tit stress. On as-tu couché ensemble déjà?  Une cloche sonne fort dans ma tête. Quessé que j'fais là? Je recycle mes dates. J'suis rendue-là. 

J'suis tellement buzzée que mon cerveau s'attarde zéro à ma méthode de réintroduction des hommes dans mon cycle amoureux (définition du recyclage). J'morve. Mais vraiment beaucoup. Juste d'une narine. J'ai pas de kleenex. J'ai été aux toilettes chercher du papier Q, mais je l'ai tout passé. J'me suis dit qui devait ben y avoir un petit morceau récupérable de tout ce papier que j'ai été chercher. Non. Tous les morceaux dans le fond de ma sacoche étaient pognés en p'tit motton et avaient l'air détrempés. Plan b? S'essuyer avec sa manche dès qu'il tourne le dos, technique bien connue dès nos premiers hivers d'enfant à jouer dehors.

 On boit 2-3 pintes. Et il m'invite chez lui. Visiblement il a pas remarqué mon état comateux et ma morve. Ou il l'a remarqué et il s'en fiche puisque je suis tout de même séduisante...ouin première option. J'accepte l'invitation. Par envie, mais aussi par paresse. J'suis déjà là, tout habillée, pas besoin d'me sortir de mon sofa et de trouver la motivation, la grosse job est faite. 

Via benceboros

Pogne un Uber, se french un peu, mais de manière frette. Y'a pas trop de mains qui se promènent sur le corps de l'autre, c'est vraiment uniquement un duo de langues. C'est sûr que se taponner par-dessus son manteau d'hiver c'est pas évident non plus. Ça me met quand même un p'tit doute à l'esprit.  J'sais pas trop si j'ai fait un bon move finalement. 

Arrive chez eux, me propose une boisson et s'installe dans le salon en mettant un DVD de skate. Je refuse le concept. J'ai l'impression de retourner dans mes partys de sous-sol à 17 ans à Repentigny quand le monde magasinait leur linge au Universe pis que tout le monde conduisait des Volkswagen pour être cool pis que ça faisait du skate dans les parcs en smokant des gros joints. 

Le gars est complètement absorbé par les prouesses des skateurs à tivi. Je suis assise à côté de lui, il me regarde zéro, hypnotisé par les images qui se succèdent devant son regard, il tient sa bière d'une main et l'autre est sur son genou, pas le mien, le sien, on se touche même pas. Dire que j'aurais pu aller me coucher direct. Mieux encore. J'pourrais être emmitouflée dans ma doudou sur le sofa du salon à b*tcher sur les couples heureux avec ma coloc Lolo, avec nos beaux pyjamas agencés. C'est ça quand ta chum vient squatter ton appart après une rupture, elle arrive pas les bras vides, oh no! Elle débarque avec du vin pis des vêtements de nuit en flanelle trop confos, la cloche et l'idiot version célibataire trentenaire dans un 3 et demi de Villeray près de chez vous. Notre club n'accepte que les membres aux jugements faciles utilisant du calvados comme rince-bouche. 

Via jannerboy62

Revenons à nos pénétrations. Faque moi. Dans le salon. Ma date pas très réactive. J'commence à cogner des clous à regarder des 180 kickflip pis des ollie. J'me lève ultra sérieuse, j'me plante devant la télé et j'y demande 'est-ce qu'on couche ensemble ou j'men vais me coucher (chez nous c'est sous-entendu, jamais je dormirais chez un garçon)?'

Là j'ai eu son attention.  Pas un mot. Il me fait signe d'aller vers lui avec sa main. C'est parti cowboy. Je m'assois à califourchon sur lui. On s'embrasse. J'avais juste envie que notre linge prenne le bord pis qu'on se caresse dans grosse sueur. Ça commençait à me tirailler dans le bas-ventre. L'excitation montait, les mains se faisaient aller un peu partout.

Il m'a soulevé dans ses bras pour inverser nos places, j'étais en position assise et lui s'est mis à genoux devant moi en bas du sofa. Il m'a fait une de ces faces, je savais la suite. Il a enlevé mon pétalon et m'a écarté les jambes en plaçant une main sur chacune de mes cuisses. Il était doux et tendre, il prenait son temps. Une vraie mijoteuse. 

Arrivé à ma fleur de lotus, il a soufflé dessus avec son haleine chaude d'IPA. Résultat, un p’tit vent frais, le contact bave et air me donnait des frissons jusque dans nuque. Il a commencé ce qu'on appelle dans le jargon, le sexe oral, qui s'est avéré être fort plaisant. Jusqu'à temps qu'il arrête tout, pour relever la tête, et me dire droit dans les yeux 'toi t'as l'air d'une cochonne'. Mes mamelons en sont rentrés par en d'dans. 

J'ai fait comme si j'avais rien entendu. On a été dans la chambre pour passer aux choses sérieuses. Et son besoin de s'exprimer a ressurgi très très vite. En enfilant le condom, il parlait déjà. Cr*ss que c'est lourd. Un espèce de dirty talk cheapo mélangé à un tour chez le garagiste. 'Ah oui, j'l'ai vu tu suite que t'étais une gourmande toi, m'a te donner toute une ride'. C'était un monologue destiné à son propre plaisir, on aurait dit qu'il se parlait à lui, pour s'exciter lui. Pis là j'me suis souvenue de lui. Qu'il avait fait ça la fois qu'on avait couché ensemble et que j'avais trouvé ça super creep, il parlait tout le temps, TOUT LE FUCKING TEMPS. J'en avais parlé avec mes chums de filles le lendemain en faisant une imitation ridicule de lui à la job. Cr*ss que j'suis poche, comment j'ai pu ne pas me souvenir de ça!!

Condom enfilé, il me lâche un 'viens icitte que j'te gâte'. Ouin, non c'est ça. J'y ai pas laissé la chance de me gâter, j'me suis levée en lui disant que ça fonctionnait pas. Le dirty talk fond d'égoût ça me titillait pas. Il m'a supplié de rester qu'il allait arrêter de parler. J'suis partie. 

Des fois t'es mieux de pas recycler pis de toute cr*sser direct din vidanges. 

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici. 

 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

 

 

 

 

 

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