Un beau matin, en fait faisait pas beau pantoute, y mouillait à siaux pis y faisait noir comme chez le loup, j'avais rêvé à toi. Tu t'étais fait une blonde. Vous aviez l'air si bien ensemble. Vos regards étaient remplis d'un p'tit pétillant, t'sais là quand tu viens de popper du mousseux pis ça coule partout sur les doigts, ben c'était ça votre face. Le bonheur vous coulait un peu partout dessus comme les bulles du mousseux.

Ça m'a rien fait de te voir heureux avec une autre. Rien. C'est comme si tout mon coeur avait eu un meeting avec ma tête durant la nuit pis qu'ils avaient conclu une trêve sur mon chagrin. J'm'en suis pas plains.

Y'était temps. Après deux ans. Deux grosses criss de longues années. Pas des années bissextiles là! Deux années pleines de tous les jours possibles. Pis pleines de grosse peine sale aussi. Deux ans où j'ai traîné ma peine comme une roche fatigante dans mon soulier. Ça me faisait toujours mal, pas tant, juste un peu, tout le temps. T'sais, tu peux la toffer un boutte c'te roche-là avant de te dire que ça suffit.

J'ai eu assez de peine. J'ai été un geyser de larmes à retardement. J'pleurais dans la foule des Franco, j'braillais chaque fois qu'on me demandait comment ça allait, j'avais les yeux pleins d'eau quand un gars me disait que j'étais belle, pis j'te parle même pas des séances de larmoiement assise dans la douche jusqu'à ratatinement extrême.

J'ai été la fille qui a pas voulu vivre sa peine d'amour et qui s'est convaincue qu'avec le temps tu allais revenir. Parce que j'aurais aimé ça que ça finisse jamais, qu'on vieillisse ensemble pis qu'on se trouve encore beaux ridés pis en marchette. J't'aurais passé ta bouffe au blender, c'est pas peu dire. Mais t'es jamais revenu.

via @ashita_here_

J'ai daté pour t'oublier. J'allais à chaque rendez-vous à contrecoeur, sans aucun intérêt et avec un goût de « rentre donc à maison au lieu de perdre ton temps » dans la bouche. Évidemment, ça jamais mené nulle part. J'ouvrais jamais mon coeur, je laissais aucune chance aux hommes, au cas où tu reviendrais. Ça aurait pu. Mais t'es jamais revenu.

Sauf quand ça faisait ton affaire. Un soir semaine. Juste assez pour dire que tu me jouais encore dans la tête ben comme faut. Pour être certain que je sois pas capable de passer à autre chose.  Ça y allait pas fort sur les je t'aime, mais ça m'importait peu. Chaque fois que je te voyais j'essayais de me loader de souvenirs, question d'me faire ben de la peine jusqu'à notre prochaine pas-date.

C'que j'trouve ben plate c'est que ces 2 années-là ont vraiment été remplies de trucs positifs pour moi. Ma vie va très bien, j'ai de très beaux projets en route, j'aurais sincèrement aimé ça pouvoir les partager avec toi. Juste d'arriver à maison, enlever mes souliers pendant que tu me demandes comment était ma journée, ça m'aurait comblée. Mais t'étais pas là.

La situation a quelque chose de quand même tristounet. Ça me fait un pincement. Pas parce que c'est fini, ça fait un bail que nous deux c'est din vidanges, j'le sais très bien même si j'me mens quotidiennement. J'ai d'la peine parce que j'ai fait mon deuil de toi. J't'ai mis dans la case souvenir dans ma tête. J'ai d'la peine parce j'étais certaine de t'aimer toute la vie. On dirait que y'a rien qui dure aussi longtemps. L'amour c'pas comme un Creuset, y'a pas de garantie à vie.

Ça été un chemin rough pis long, mais j'ai fini par la sortir la criss de garnotte dans ma chaussure. J'pleurerais pu pour toi. Jamais.

J't'ai envoyé un message sur Facebook. J'ai vu que tu l'as lu. J'ai un service à te demander. Réponds-moi pas. Répond moi pu. 

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