Hier, c'était officiellement le lancement des galas dans le cadre du Festival Juste pour rire, et c'était Laurent Paquin qui ouvrait le bal avec son Gala Carte Blanche, à la salle Wilfrid-Pelletier.

C'est commencé fort: Laurent Paquin, qui s'est lui-même dit surpris de finalement avoir un gala cette année, ouvre le spectacle en faisant quelques gags sur la grosse controverse entourant Gilbert Rozon, en disant qu'il ne peut pas ignorer l'éléphant - qui se touche - dans la pièce. La glace est brisée, le show peut commencer.

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Alors que ce gala regroupait des gros noms comme Mike Ward, Adib Alkhalidey, Guillaume Pineault, Jérémy Demay, Jess Salomon, Neev, Dominic et Martin, Christine Morency et Sam Breton, c'est un des humoristes qui a retenu mon attention avec ses propos: Adib. 

Adib Alkhalidey s'est fait connaître rapidement en présentant fièrement ses origines lors de ses premiers spectacles à En Route : sa mère est marocaine (« Ah les clémentines, c'est bon, j'aime ça, miam miam» ) et son père est irakien ( « Isshhrr »). 

Alors qu'Adib Alkhalidey est maintenant bien connu du public québécois, il dit avoir la chance de ne plus vraiment souffrir de ses origines et du racisme puisqu'on l'associe à l'humour et qu'il est apprécié comme personnalité publique. (Même s'il dit recevoir de temps à autre des messages de personnes qui pensent qu'il est terroriste et que l'humour est une façade (WTF?). )

Toutefois, il a soulevé un point qui porte à réflexion hier alors qu'il raconte, dans son spectacle, son dernier voyage en France. Lorsqu'il est assis dans le métro, le sac d'une femme reste coinçé et elle s'apprête à faire une chute monumentale. De nature pas mal gentille, Adib explique que son premier réflexe est d'attraper le sac pour sauver la dame, jusqu'à sa première réflexion: « je suis arabe, j'avais oublié ».

Au Québec, c'est pas « un arabe », c'est l'humoriste Adib, mais en France, il n'est pas connu, il dit à la blague être seulement « un autre arabe de trop ». Avec les stéréotypes, il réalise qu'être un arabe qui prend le sac d'une femme, ça peut l'effrayer pour rien.

Il passe donc au plan B: attraper le sac, et le déposer par terre. Il explique ensuite qu'un arabe qui dépose un sac dans un métro et sort, si tu vois ça hors contexte, c'est encore plus alarmant. Il décide donc de ne rien faire, et laisser la dame s'écraser au sol à cause de son sac coincé.

Il s'écrit alors que c'est vraiment stupide, de ne pas pouvoir porter secours à une personne, à cause de ses origines...Et le fond de vérité derrière tout ce sketch humoristique porte vraiment à réfléchir. C'est raconté de manière hilarante, mais la réalité derrière le tout est assez blessante, et mérite qu'on s'y attarde. C'est des milliers de personnes qui doivent, au quotidien, avoir ce type de débat interne alors qu'ils veulent simplement aider ou rendre service. Des milliers de personnes qui marchent sur des oeufs au quotidien à cause du racisme. 

La fin des stéréotypes, c'est pour quand? 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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