Une rupture aka l'envie de fendre en deux tellement t'as d'la peine, c'est la pire chose qui peut t'arriver. Ta personnalité prend l'bord, elle s'évapore tout doucement par chacun de tes pores de peau pour faire place à une grosse douleur silencieuse. T'es pu personne, tu deviens un gros vide tout plein. Tu le sais que y'a de quoi de brisé en d'dans.

T'entames une phase de nostalgie où tu veux te loader la tête de souvenirs. Tu te rends compte que tout est une question de dernière fois. La dernière fois que t'as été dans les draps de son lit, la dernière fois que tu l'as regardé à l'épicerie pis que tu le trouvais dont beau, la dernière fois qu'il est venu te chercher, pas assez habillé pour l'hiver pis que t'avais peur qu'il pogne la mort, des moments anodins, mais auxquels t'aurais accordé plus d'importance si t'avais su que c'était la dernière fois.

Toutes ces pensées-là te rappellent les doux moments que vous avez passés ensemble. Ça vient aussi te gruger ton sentiment d'avoir été spéciale pour quelqu'un. Pis là, tu t'aperçois de la pire affaire au monde : t'es remplaçable. Aussi facilement qu'on change nos rideaux, il va te changer pour une autre.

T'en auras pas de fun. Tu vas être tellement dure avec toi-même. Tu vas te faire des millions de reproches, te flageller pour la moindre petite erreur, te regarder dans le miroir brailler en te trouvant laide pis en te demandant comment on avait fait pour t'aimer. T'sais, ce qui fait chier, c'est que y'a pas de deadline sur ces sentiments d'impuissance et de peine.

Moi, j'aurais aimé ça qu'on me dise quand ça allait finir, pour savoir si je m'étais assez torturée, si j'avais le droit de recommencer à m'aimer. J'ai étiré ça. J'me donnais pas le droit de redevenir celle que j'étais. J'me punissais de pas avoir su le garder auprès de moi. J'me suis trouvée tous les défauts du monde pis j'me suis convaincue qu'on allait pu jamais m'aimer. J'm'aimais pu.

Ça été ben long faire le ménage dans ma tête. J'partais de loin. Mais un moment donné, j'ai accepté ma peine pis j'ai arrêté de me donner d'la marde pour ce qui m'arrivait. La seule chose que je pouvais me reprocher, c'était d'être devenue une personne terne, qui avait aucune confiance en elle pis qui se rabaissait tout le temps.

J'ai recommencé à me mettre cute pour sortir. À être capable de regarder les gens dans les yeux en leur parlant. J'pouvais affronter le monde, j'me sentais pas inférieure. J'ai retrouvé l'appétit, j'ai pris du cul, pis ça a fait du bien. Les choses qui me faisaient penser à lui me faisaient pu mal. J'me remettais pu en question. À chaque fois qu'un beau moment qu'on avait passé ensemble s'éveillait, j'me trouvais chanceuse qu'on est vécu ça, mais j'voulais pas revenir en arrière pis revivre ce moment-là éternellement.

J'me suis regardée dans le miroir. Oui, j'avais été profondément blessée. Oui, j'avais douté de moi pas mal beaucoup. Oui, il était parti, mais moi j'étais là. Ça m'aura pris le temps que ça m'aura pris, mais j'ai repris avec moi-même, pis j'm'aime ben.

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