Une fréquentation m'avait invitée à aller regarder les feux d'artifice sur le toit de son condo, j'avais évidemment accepté. Je montais jusqu'au 3e, vers son logis pis j'me sentais léviter de bonheur, j'espérais atteindre le nirvana du quétaino-cucu-on-est-en-symbiose-sur-une-couvarte. J'arrive chez lui, je m'attends à ce qu'on suive un chemin de pétales de roses vers les escaliers qui mènent au toit, hélas non.

Il me demande si je suis prête, je réponds oui avec une assurance moyenne. Il m'amène sur le balcon et je constate une échelle posée sur le mur. Je déduis qu'on doit grimper. Je déduis que ce n’est pas vraiment le temps de parler de mon vertige pas pire présent. J'ai pas mes cartes de santé-sécurité, pas de casse, pas de fun on dirait non plus.

J'monte. Pis j'constate qu'il a organisé quelque chose de mignon quand même,une doudou sur laquelle est déposée une bouteille de rosé, des verres en plastoche pis des p'tits amuse-yeule. Ben oui, donne-moi 2-3 olives pis une pelletée de peanut pis j'viens folle comme d'la marde, j'vois un avenir commun pis toute.

Pis là ça part, le ciel s'illumine de toutes les couleurs, la vue est imprenable, j'suis accotée sur lui, qui sent bon le parfum, une légère brise estivale qui envoie ses cheveux valser au vent pis j'le trouve tellement beau. J'oublie presque la sensation des roches pointues qui me rentrent dans le cul en dessous de la couverte. Un rêve. 

Une situation comme ça peut clairement produire une vague de babyboom. La magie s'est emparée de nous pis on a commencé à avoir les mains baladeuses. Il y a eu des rapprochements qui se sont faits comme on dirait dans Occupation Pénétration. Les feux d'artifice viennent de sacrer le camp loin dans notre esprit, on se criss complètement de la finale du Japon qui s'embraye sous nos yeux, on voulait juste mettre un feu d'artifice dans les bobettes de l'autre.

On devient doucement coquins pis c'est là qu'on s'aperçoit que les voisins sur leur balcon de l'autre building épie notre début de sexu. Excitant! On se prend littéralement pour des vedettes érotiques. Mon futur époux se lève debout et je commence à descendre son pétalon dans le but de prendre ma collation de fin de soirée. Sauf que les roches me donnent pas de break les chiennasses, elles veulent littéralement me pénétrer les rotules pis je souffre le martyre.

Essaye de faire une pipette en ayant envie de pleurer à cause des lacérations dues à de la rocaille de toiture, tu vas voir, t'en auras pas de fun. Pendant que j'lui dis que ça marche pas, y'a un solide coup de vent pis un esti de gros bruit sourd. J'me retourne, j'vois que la bouteille de vin a sacré le camp, je vis une déception. Y'a rien qui m'énerve plus que le gaspillage dans la vie.

Les voisins commencent à nous applaudir en hurlant leur vie. J'comprends pas trop parce qui s'est rien passé finalement, mais j'ai fait un geste de la main pour les remercier. J'me sentais sous les feux de la rampe, tel Xavier Dolan à la première d'un de ses films.

Simon, les culottes aux genoux, le pénis pu super content, commence à courir en direction du bord du toit. J'comprends tellement pas l'urgence, mais j'le suis, t'sais si on est pour faire notre vie ensemble, m'a le soutenir. Et du soutien, il allait en avoir besoin. L'échelle à crissé le camp en bas. En emportant avec elle une fenêtre de condo avant d'aller atterrir sur une auto dans le stationnement. Quand je mentionne sur une auto, c'est SUR l'épave d'une auto. Toit écrapou, pare-brise pété. Un peu comme notre mood.

Simon a remonté ses pants. Il a sauté sur son balcon et m'a légèrement abandonné sur le toit dans son empressement d'aller chercher l'échelle pour cacher son méfait. Le proprio de l'auto est sorti, visiblement mécontent de la situation, d'après les cris que j'entendais du toit. Il aime pas les véhicules compacts je présume.

J'ai patienté en buvant le reste de mon verre que le drame finisse, pis aussi parce que j'avais trop la chienne de sauter. Simon m'a jamais rappelé.

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