Lundi dernier, il y a exactement cinq ans que le Printemps érable de 2012 se déclenchait, marquant l'histoire du Québec et la mienne également.

Ce qu'on a appelé le Printemps érable a commencé avec une série de grèves et de manifestations étudiantes pour protester contre la hausse des frais de scolarité (2625$ en cinq ans) imposée par le gouvernement libéral de Jean Charest.

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Cette mobilisation s’est maintenue pendant huit mois pour certains et a donné lieu à une véritable crise sociale.

Que reste-t-il du conflit aujourd’hui ? Peu de choses pour certains, de grands acquis selon d’autres. Un petit retour sur les événements et ses répercussions.

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1. En septembre 2012, les libéraux ont été défaits aux élections et la première ministre Pauline Marois (parti Québécois) a annulé l’augmentation des frais de scolarité.


2. En 2013, plusieurs livres faisant l'analyse des événements paraissent. C'est notamment le cas du porte-parole étudiant Gabriel Nadeau-Dubois qui publie Tenir tête, de membres du comité média de la CLASSE qui publient De l'école à la rue.


3. Le 8 mai 2013, le gouvernement Marois annonce la mise sur pied de la Commission spéciale d'examen des évènements du printemps 2012. Serge Ménard, un ancien ministre péquiste de la Sécurité publique, en est nommé président.

La commission sera boycottée par la Fraternité des policiers et policières de Montréal et par l'ASSÉ.


4. Le 7 avril 2014, l'élection générale québécoise porte à nouveau au pouvoir le Parti libéral du Québec. Deux ans après le printemps érable, le rapport de la commission spéciale est déposé. Il blâme entre autres la gestion de la crise par le gouvernement libéral ainsi que certaines méthodes utilisées (poivre de Cayenne, injonctions judiciaires, etc).

Les conclusions du rapport sont aussitôt critiquées par la vice-première-ministre Lise Thériault et tournées en ridicule par la Fraternité des policiers. Le rapport ne donnera donc pas suite.


5. Le 2 juillet 2014, le ministre de l'éducation Yves Bolduc fait savoir qu'il n'écarte pas l'idée d'augmenter les frais de scolarité dans les années à venir.

Après plusieurs controversesil démissionne de ses mandats de ministre et de député et met fin à sa carrière politique...


6. Selon un article du Devoir, une étude conclut que la grève étudiante de 2012 a permis aux étudiants à temps plein à l’université d’économiser 1465 $ par année.


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7. Mélangeant fiction et réalité, le film CEUX QUI FONT LES RÉVOLUTIONS À MOITIÉ N’ONT FAIT QUE SE CREUSER UN TOMBEAU (2017) de Mathieu Denis et Simon Lavoie a gagné le meilleur film canadien au TIFF et a créé des ondes de choc à travers le Québec et ailleurs.

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Que sont devenus les acteurs politiques de la crise ?

Jean Charest (premier ministre) : battu aux élections de l’automne 2012 , il devient associé au cabinet d’avocats McCarthy Tétrault.


Michelle Courchesne (ministre de l’Éducation et présidente du Conseil du trésor) : Elle ne s’est pas représentée aux élections de 2012. Elle travaille aujourd’hui comme coach et conseillère stratégique.


Line Beauchamp (ministre de l’Éducation jusqu’en avril 2012) : Elle a été nommé représentante du Québec à l’UNESCO en 2014, puis déléguée générale du Québec à Paris en 2016.


Raymond Bachand (ministre des Finances) : Il a démissionné de son poste en septembre 2013, quelques mois après avoir perdu la course à la direction du Parti libéral du Québec. Il est maintenant conseiller stratégique pour le cabinet Norton Rose Fulbright et président de l’Institut du Québec.


Robert Dutil (ministre de la Sécurité publique) : Il a été réélu en 2012 et en 2014 puis a démissionné en septembre 2015 pour devenir vice-président de Canam-ponts.

Je vous invite également a visionné ce vidéo de Radio-Canada qui revient sur les jalons du Printemps Érable pour ceux qui auraient oublié l'événement.

J’étais parmi ceux qui croyaient que le néolibéralisme s'essoufflerait et que l’émergence d’une société plus solidaire arriverait finalement, mais je constate que ce rêve reste encore inachevé.

Source: Radio-Canada et Le Devoir

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