Salut. Helllllo. Heyy. Salut, je m'appelle Florence. Toi et moi, on se connait pas encore, mais j'ai l'impression qu'on a beaucoup plus en commun que tu ne le penses. Et même si notre relation va fonctionner que dans un sens, c'est correct. De toute façon je commence à avoir l'habitude de parler dans le vide.

Si tu veux savoir, mon passé n'a vraiment rien de si exceptionnel pour qu'on s'y attarde trop longtemps et quand je dis «rien d'exceptionnel», je mens pas. Toute ma vie, j'ai vécu dans le déni. Semant mensonges de gauche à droite en attendant qu'ils bourgeonnent, pour me rendre compte qu'ils devenaient rapidement plus grands que moi-même, plus grands que nature.

Je sens que j'ai du retard sur pas mal tout, surtout en ce qui concerne les gars, même si j'ai déjà affirmé le contraire. Mon statut amoureux est aussi excitant que de recevoir des bas le jour de Noël et consiste en une lamentable série d'échecs. En fait, non, c'est pas vrai. On ne peut même pas qualifier ça d'échecs, parce qu'il y a rien à raconter.

Eh oui, ça fait 17 ans que je suis célibataire. Je sais que c'est mieux d'être seule que mal accompagnée, mais 17 ans, quand même. Quand je pense que des émissions comme 16 ans et enceinte envahissent nos écrans, je commence à me poser des questions.

Demain, c'est mon premier jour au Cégep. J'ai déménagé ici, à Blainville, au début de l'été, question de m'habituer au voisinage. C'est la première fois que j'habite toute seule avec mon père. On a jamais été super proches, je suppose comme toutes les autres relations père-fille, mais il m'a toujours émerveillée et même si on a de la difficulté à parler de sujets plus sérieux, je sais que je pourrai compter sur lui encore longtemps. Après tout, c'est mon père.

Et en ce qui concerne l'école, ça va. J'ai beau être nouvelle dans l'quartier, tout l'monde est nouveau au Cégep de toute façon, right? Je pense pas que je vais devoir entretenir le rôle de la p'tite nouvelle bien longtemps.  Ma conseillère en orientation  J'ai choisi d'aller en sciences de la nature. Je sais pas trop ce que je veux faire dans la vie. En fait, j'en ai aucune idée, mais c'est le programme qui ouvre le «plus de portes». Ah les fameuses portes. Si c'était juste de moi, je les claquerais tellement fort, que je péterais sûrement les cadrages qui viennent avec. 

Bref, j'espère vraiment que cette année, ça va être mon année. Je suis définitivement pas superstitieuse et je sais que je le répète à chaque rentrée, mais un peu de chances ne me ferait certainement pas de mal. J'ai tant de «premières fois» à expérimenter, et en ayant la chance de tout recommencer à 0, dans une nouvelle ville, une nouvelle école, je sens que je peux vraiment faire les choses de la bonne façon cette fois.

Dans le temps de le dire, je me retrouve déjà assise à l'arrière dans mon cours de philo (non mais, est-ce que quelqu'un nous avait vraiment préparé à l'Apologie de Socrate?). C'est fou à quel point le cerveau commence à analyser quand on est en milieu inconnu. Le fameux «c'est la première impression qui compte» venait de prendre tout son sens. Je me surprenais déjà à classer les gens dans des catégories. Populaire. Riche. Sportif. Badboy. Nerd. Inclassable. Agace. Réservé. Mon cerveau bouillait et pensait déjà au prochain scénario de Mean Girls. Et moi là-dedans? J'étais la fille sur son cellulaire en train de regarder des stories Snapchat aussi divertissants et éducatifs les uns que les autres. 

Jusqu'à temps que je reçoive le message. 

À suivre...


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