Ce que j'aime avec l'arrivée de l'été, c'est la transition douce et moelleuse qui s'effectue. On se dévêtit doucement, on part moins lourd chaque matin, comme si y'était jamais parti, le soleil revient parmi nous pis on oublie qu'on s'est fait chier à avoir la peau qui voulait nous fendre su'l dos tellement y'a fait frette. On pogne notre gratteux, on le garoche au fond de la valise du char, pis l'hiver vient de finir aussi simplement que ça.

À part les jupettes qui raccourcissent, les tuques qui prennent le bord pis la neige qui fond, y'a aussi le dating qui refait surface, comme les cacas qui étaient cachés sous la neige tout ce temps. On réactive ses applications de marde, notre teint verdâtre crisse le camp pis nos cernes sont cachés par notre bronzage, c'est la saison idéale pour trouver l'amour! Faque on enchaîne les dates. On devient littéralement une p'tite usine à rendez-vous galant.

Cette année, je passe mon tour. J'offre une sabbatique au printemps. Pis j'm'en offre une en même temps. J'ai tellement trop voulu, trop essayé de forcer les choses, d'obliger le destin à mettre un gentil garçon sur mon chemin. J'ai trop synchronisé mon calendrier à mon Tinder. Trop souvent, depuis trop longtemps. J'ai trop accepté d'invitations qui me tentaient même pas.

J't'aime printemps. T'annonces le beau temps, le gros fun noère sur les terrasses pis les pichets de sangrias aux couleurs suspectes, mais qu'on s'en sacre parce qu'on est ben dewors. C'qui est plate, c'est que j'ai oublié tout ça. J'profitais pu pleinement de toi comme j'aurais du, printemps. T'étais devenu mon excuse pour me lancer dans un rythme effréné de rencontres, mon excuse pour me perdre dans un tourbillon qui me faisait pas tant de bien.

Je m'excuse à toi, mais aussi à moi. J'cherchais pas pour les bonnes raisons. J't'aime printemps, mais t'as fait sortir un peu le pire de moi. Combien de fois j'ai dit Osti que ça me tente pas, pourquoi j'vais à cette date-là?

Tu m'as jamais donné de réponse. J'ai eu trop d'attentes envers toi. Là, j'te donne un break printemps, j't'en ai trop mis sur les épaules, j'vais profiter de toi sans m'étourdir pour une fois. J'ai attendu que tu me garnottes un homme, mais...

Mon chum de printemps c't'année ça va être moi. J'vais me dater. Arrêter d'attendre une claque dans le dos pis un bisou dans le cou. Pourquoi j'me gâte pas moi-même? Pourquoi j'me traite pas comme je veux que les garçons me traitent? On dirait que ma propre personne me suffisait pas. Oui je m'aime, mais je m'aimais plus dans le regard des gars. Malsain. Vilain.

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Pourquoi ça devrait venir de quelqu'un d'autre? J'casse. J'casse avec le pattern que j'ai établi depuis des années. M'tente pu de replonger là-dedans. J'veux pu attendre après personne. J'veux juste profiter pleinement de mon temps à faire des choses pour moi, pour être heureuse, pour être bien, toute seule.

J'ai pas de chum, pis j'men crisse. Parce que j'ai moi. Pis moi, c'est pas mal plus important que n'importe qui qui va entrer dans ma vie le temps d'un pichet de sangria.

Si tu me croises dans la rue, j'vais avoir le temps de te parler, j'pas en retard pour une date. Pis ça fait du bien.

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