Cet automne, le débat sur le « dosage » sur Instagram a soulevé beaucoup de controverse sur les réseaux sociaux. Que ce soit pour dénoncer le slut-shaming et les doubles standards ou pour signaler l'hypersexualisation dans les médias, les opinions sont divisées et tous se positionnent face à ce sujet controversé.

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La polémique a commencé en septembre dernier alors que l'humoriste Marie-Lyne Joncas a fait une publication qui « bashait » les influenceurs qui se montraient les fesses sur Instagram. Son message disait : « Bravo pour vos photos de fesses les filles(...)mais là je vais vous le dire, c’est rendu comme le piercing de nombril en 2004... c’est la personne qui en a pas qui est rendue cool. 
Un mot: DOSAGE »

Cette publication a eu l'effet d'une bombe et a causé un réel scandale sur les réseaux sociaux. C'est ensuite Joanie Perron et Élisabeth Rioux qui ont riposté en publiant des photos de leurs fesses. 

Joanie avait inscrit en caption: « L’hypersexualisation n’est pas et n’a jamais été dans les vêtements ou dans le style, mais, plutôt, dans comment on perçoit le corps de la femme. On associe, à tord, la peau féminine à la sexualité.»

Par la suite, ça s'est un peu calmé, jusqu'à ce que Jessie Nadeau publie une photo en maillot où on voit ses fesses dans le cadre du Twerking Challenge, un programme d'entraînement partagé par LP et Alanis d'OD Bali pour amasser des fonds pour la fondation du cancer du sein. 

@jessie.nadeauembedded via  

Le débat était relancé. La jeune femme a reçu plusieurs commentaires haineux l'accusant de s'exposer. Toutefois, le chanteur Jonathan Roy avait publié le même genre de photo la veille et n'a reçu que des éloges. 

Le double standard flagrant en a fait réagir plusieurs et les influenceurs comme Vanessa Duchelle, PH Cantin et Emy Jade ont partagé des photos de leurs fesses en support au mouvement. 

D'un autre côté, l'ex candidate d'Occupation Double, Élodie Routhier, était plutôt d'avis qu'il y a d'autres moyens plus concrets de soutenir une cause et doutait des intentions derrière ces photos. 

Afin de faire la lumière sur le sujet, on est allé questionner les étudiantes à la maîtrise en sexologie Geneviève Parent et Annabel McLaughlin. Celles qui sont derrière le compte Instagram SexoMcLove nous ont donné un avis professionnel sur le débat.

@sexomcloveembedded via  

Selon Annabel, il est certain qu'en tant que futures sexologues, elles prônent la liberté d'expression, l'acceptation et l'estime de soi, mais celle-ci croient tout de même qu'il y a un questionnement à se faire.

« On est d'accord que tout le monde est libre de faire ce qu'il veut avec son corps et de l'exprimer comme il le veut. [...] mais on se questionne à savoir si cette exposition est faite pour les bonnes raisons. Il faudrait aussi être un peu attentif au fait que, des fois, il y a un jeune public qui regarde et qui est plus influençable. Il faut juste rester conscient de ce qu'on projette.» 

Geneviève poursuit en indiquant que, souvent, les gens qui montrent leur corps le font souvent dans l'optique de s'affirmer, mais elle rappelle que ça peut avoir un impact contraire: 

« Quand les gens montrent leur corps, ils affichent une image qui se traduit par:  Moi je m'aime, j'ai une forte estime de moi-même, c'est pour ça que je me présente. On voudrait juste pas que l'envers de la médaille devienne : il faut que je montre mon corps pour avoir une bonne estime de moi ou si j'ai une bonne estime de moi il faut absolument que je montre mon corps. »

Les étudiantes à la maîtrise soulignent aussi que de dire « tout le monde fait ce qu'il veut avec son corps », ça déresponsabilise la société. Selon Annabel, le choix est à chacun, oui, mais quand le choix est fait dans les bonnes conditions et qu'on est éclairé sur le sujet.

« Quand on dit à un jeune de faire ce qu'il veut avec son corps, des fois il ne le sait pas justement ce qu'il veut en faire. Alors on veut juste lui donner un cadre et après il va pouvoir s'exprimer comme il veut. Donc, oui tout le monde fait ce qu'il veut, mais avec les outils qu'il a besoin pour faire le meilleur choix. »

@sexomcloveembedded via  

Sur leur compte Sexomclove, Annabel et Geneviève s'étaient aussi prononcées en affirmant que : « La ligne est mince entre la conformité sociale et une validation par les pairs versus un réel sentiment d’appropriation de son corps, de bonne estime et d’acceptation de soi. Assurément, on a tous le droit de montrer nos fesses, si ça nous fait du bien. Mais, on peut aussi être bien sans que ça passe automatiquement par les internets. Après une réflexion personnelle sur ses préférences, on est libre de faire ce qu’on veut. »

 

 

 

 

 

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