Cette lettre rédigée par un prêtre pédophile québécois avant de mourir est très troublante

Plus de 80 victimes.

En septembre 2015, le prêtre Paul-André Harvey a été condamné à six ans d'emprisonnement suite à des accusations d'agressions sexuelles. À ce moment-là, c'est près de 40 témoignages, issus de gens âgés entre 6 et 12 ans au moment des faits, qui avaient été répertoriés.

Environ trois ans plus tard, soit le 3 mai dernier, celui-ci est mort à l'âge de 81 ans entre les quatre murs d'un pénitencier à sécurité minimum de Laval. Avant de mourir, celui-ci a rédigé une lettre dans laquelle il blâme ses supérieurs pour diverses raisons.

Via Alefra1994 | Dreamstime.com

* Photo à titre indicatif seulement

On peut entre autres y lire :

« Dès les premières infractions, mon évêque d'alors m'a convoqué à son bureau à la suite d'une plainte reçue. Je lui ai fait part de mes difficultés et je lui ai avoué mon besoin d'aide. Il m'a uniquement conseillé de me comporter avec plus de prudence avec les enfants et de mettre plus de prières dans ma vie. »

Il admet par la suite que son évêque ne faisait que le changer de paroisse à chaque fois qu'un incident se produisait. Selon Paul-André, une fillette se serait également présentée à l'archevêché accompagnée de ses parents afin de dénoncer les comportements de M. Harvey. L'évêque aurait alors accusé la petite fille de mentir et n'a rien cru de son histoire, malgré qu'elle était vraie.

Plus loin dans cette lettre de 14 pages, il détaille également son mode opératoire, admettant entre autres se présenter aux domiciles des jeunes qu'il estimait être sans surveillance à ces moments-là et visiter les terrains de jeux afin de choisir ses victimes.

Malgré qu'il ait été convoqué à 4 reprises par la police de Kénogami, de Jonquière et d'Alma ainsi que par la Sûreté du Québec, il confesse :

« Les policiers ne m'ont pas sanctionné mais simplement prévenu de ne pas récidiver. C'est ainsi que durant toutes ces années, j'ai profité de leurs largesses. »

D'un côté, je considère troublant qu'autant de personnes en position de pouvoir n'aient pas levé le petit doigt et de l'autre, je trouve ça également aberrant de constater à quel point l'ex-abbé n'a jamais pris la responsabilité de ses gestes.

Sa mort lui évitera de répondre au recours collectif autorisé en 2016 à son égard. Le Diocèse de Chicoutimi, accusé d'avoir fermé les yeux devant ces atrocités, devra cependant répondre à la requête des quelques 82 victimes inscrites jusqu'à aujourd'hui au document.

Source : La Presse, Radio-Canada, Journal de Québec

* Photo de couverture à titre indicatif seulement

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Louvia Lafrance