Depuis un petit moment, j'essaye de me trouver un logement nice pour venir m'installer pour de bon à Montréal. Malgré des recherches rigoureuses sur Kijiji et sur des groupes Facebook, je constate que j'ai beaucoup plus de mal à trouver à Montréal qu'à Sherbrooke, mettons.

Après avoir passé beaucoup de temps sur les groupes Facebook de recherche de logements, je remarque que je ne suis pas le seul dans cette situation. Sous les annonces de chambres à louer et d'appartements qui sont déjà pas tant nombreuses, on peut voir un océan de commentaires. À cela il faut aussi ajouter les messages privés que reçoivent les responsables des offres et les chiffres peuvent vite monter. 

La recherche de logement devient tellement difficile qu'il est même possible de lire sur certains groupes des messages qui démontrent tout le stress que la situation engage pour trouver un endroit idéal où vivre.

Voici des cris du coeur envoyés par deux personnes pour qui la situation ne va pas du tout. 

Via Post Facebook

Saluuuuut.

Je reposte encore parce que la recherche d'appartement en août a été abominable. J'ai perdu 6 options différentes en raison des intersections priorisées par d'autres. J'ai dû changer mes besoins en fonction de ce qui était disponible depuis que mes intersections ne sont PAS des commodités (duh). Pour être plus précis à propos de mes besoins; j'ai 28 ans, je suis queer et racisé, j'ai vécu un traumatisme, j'ai un cancer, présentement je me questionne sur mon identité de genre et j'aimerais mieux trouver une communauté queer, préférablement des femmes et des non binaires de mon âge ou plus vieux. C'est crucial pour ma santé mentale considérant que je veux faire ma transition par une chirurgie et que je veux absolument pas devoir m'expliquer ou me sentir bizarre par rapport à ça. La recherche d'appartement a été fucked up pour moi, parce que ça été littérallement de la compétition pour mon bien-être et mes standards de base. (...)

Littéralement, pitié, à l'aide lol. Je veux pas déranger le monde avec mon état de désespoir et la pression pour me choisir mais, je suis pas mal désespérée, c'est pourquoi je surpartage ce post et le premier septembre arrive déjà bientôt. (Traduction libre)

Dans un autre cas, on demande même à mettre à jour les règlements d'une page de recherche de logement pour aider les personnes marginalisées à trouver plus facilement. Ce groupe est à la base conçu pour les personnes s'identifiant comme queer, mais au fur et à mesure, le groupe s'est diversifié et il n'est pas rare de trouver des membres qui ne répondent plus à ce critère.

Via Post Facebook

Allô! Est-ce qu'on peut mettre à jour les règlements pour prioriser les communautés QTBIPOC qui lancent des messages puisqu'en ce moment c'est super dur de trouver un logement ces derniers mois (...)

Deuxièment, j'aimerais proposer que les personnes blanches (sur le groupe) ne puissent plus appliquer à des offres dans les quartiers: Parc-Cxtension, Côte-des-Neiges, Villeray et Little Burgundy. (...) (Traduction libre.)

Il y a quand même quelques facteurs contextuels qui expliquent la situation. Déjà, le cégep et l'université recommencent bientôt, beaucoup d'étudiant des autres villes ou d'autres pays viennent s'installer à Montréal pour étudier, c'est donc normal que la période soit plus mouvementée dans la recherche d'appartement.

En revanche, il y a quand même un phénomène qui se produit actuellement dans l'immobilier à Montréal et qui pourrait relié à cette difficulté. En ce moment, Montréal est la deuxième ville au Canada où le marché immobilier est le plus en compétition. À un point tel où on assiste à une guerre d'enchère dans certains cas.

Cette prospérité soudaine du marché immobilier est due à plusieurs facteurs selon ce que rapporte Les Affaires. Tout d'abord, on connaît une grosse croissance économique et il y a un haut taux d'occupation à Montréal présentement.

Un autre phénomène qui vient jouer dans la balance des prix de l'immobilier, c'est le grand nombre d'achats immobiliers de la part d'étranger qui a énormément grimpé cette année à Montréal. Cela est dû au fait que Toronto et Vancouver ont décidé d'imposer des taxes aux étrangers qui achètent des propriétés dans ces villes sans y habiter.

Comme ces acheteurs étrangers souhaitent rentabiliser leur achat en évitant les taxes, ils viennent investir à Montréal à la place.

En raison de tout ça, on se retrouve avec des prix immobiliers 6% plus élevés que l'an dernier ce qui est la plus grande augmentation depuis 7 ans selon ce que rapporte le Huffington Post. Suivant la logique économique, cette situation fait augmenter le prix des loyers à Montréal, rendant par le fait même plus rares les logements plus abordables.
 
 

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