Après plusieurs mois dans l'ombre, la victime alléguée d'Éric Salvail s'est dévoilée aujourd'hui pour prendre la parole publiquement. Celui qu'on connaissait depuis plusieurs mois comme D.D. s'appelle Donald Duguay, et il a demandé au tribunal de l'autoriser à dévoiler son identité dans une série d'entrevues, notamment à La Presse et à TVA Nouvelles, où il raconte sa souffrance des 25 dernières années.

C'est dans le cadre du mouvement #MeToo que les allégations concernant Éric Salvail ont été dévoilées au grand jour alors que La Presse a fait éclater un scandale relié à des allégations d'inconduites sexuelles commises par l'animateur vedette. Dans un long texte publié en octobre 2017, plus d'une dizaine de personnes affirmaient avoir été témoins de ses inconduites entre 2000 et 2015. 

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Malgré tout,  le seul plaignant retenu par le Directeur des poursuites criminelles et pénales dans le cas Éric Salvail est Donald Duguay, victime alléguée d’avril à novembre 1993, et il trouve ça lourd à porter. À TVA Nouvelles, il confie: « Je suis le seul cas reconnu, c’est plus lourd à porter, je deviens le point focal de la haine pour ceux qui veulent défendre Salvail. Je n’ai rien à voir dans sa chute directe, il l’a provoquée ». Ce qui le désole, c'est l'ardeur de certaines personnes qui veulent à tout point le voir revenir malgré tout: « Est ce qu'on est prêt, parce qu'un animateur a du talent, (...) à l'endurer même s'il est un agresseur social? »

Via Capture d'écran - TVA Nouvelles

L'homme explique qu’il travaillait au service du courrier de Radio-Canada, tout comme Éric Salvail à l’époque, quand sa vie a basculé. Les gestes à caractères sexuels non désirés auraient débuté, et se seraient étendus sur sept mois, avant que Salvail devienne la vedette du petit écran qu'on connaît aujourd'hui. Afin de ne pas nuire au bon déroulement du procès actuel, Donald Duguay ne peut divulguer tout le détail des actes répréhensibles qu'aurait commis Salvail. 

Toutefois, c'est un épisode traumatisant, qui serait survenu dans une salle de bain de Radio-Canada le 29 octobre 1993 qui est à l'origine des chefs d'agression sexuelle et de séquestration auxquels Éric Salvail fait face. L'homme explique qu'il a raconté les incidents à quelques collègues, et qu'il avait l'intention de porter plainte. C'est toutefois sur sa route vers le poste de police qu'il s'est découragé par peur d'impacts négatifs sur son emploi, et aussi à cause de stigmatisation en lien avec son orientation sexuelle.

« Si j'avais eu la force, peut-être qu'il y aurait eu moins de victimes sur son chemin. Mais je dois me défaire de cette culpabilité. » Raconte-il à La Presse

L'homme a ensuite eu des crises de panique et explique que les incidents lui ont pourri la vie pendant 25 ans, autant sur le plan social et professionnel, qu'au niveau de sa vie amoureuse. Il a consulté des psychiatres et des psychologues pendant des années, et s'est rendu jusqu'aux tentatives de suicide. C'est l'article de La Presse, en 2017, qui l'aurait plongé au coeur d'un stress post-traumatique. L'homme n'arrivait plus à fonctionner: il a perdu son boulot et a été hospitalisé en psychiatrie pendant quelques jours. Toutefois, c'est aussi cet article qui lui a donné le courage de porter plainte: « il y avait trop de victimes pour que je me la ferme ».

Même si ce type de procès est long et difficile, l'homme qui a enfin dévoilé son identité et son histoire compte se tenir droit et fort au nom de toutes les victimes potentielles. D.D. compte aussi poursuivre Salvail au civil pour obtenir justice pour lui-même et a fait une page Go Fund Me pour en avoir les moyens. Il a réussi à amasser le tout en 28 jours. 

L'affaire Salvail sera de retour en cour le 27 mars.

Sources: La Presse, TVA Nouvelles 

 

 

 

 

 

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