Le 28 août 2016 a définitivement marqué le Québec alors qu'on apprenait que deux jeunes femmes dans la vingtaine, Isabelle Lagacé et Mélina Roberge venaient de voir leurs vies chambouler en participant à ce qui est devenu la plus grande saisie de cocaïne en bateau de l’Australie.

Au total, c'est une une valeur de plus de 60 millions de dollars sur le marché noir australien qui a été saisie cette journée-là sur le luxueux Sea Princess, bateau de croisière sur lequel les demoiselles, accompagnés d'un homme de 63 ans nommé André Tamine, arrivaient au pays des kangourous.

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Via Capture d'écran - Le télé journal

On se rappelle que les deux jeunes femmes avaient embarqué sur le bateau de croisière, le 9 juillet 2016, avec comme seul rôle de s'amuser et prendre des photos paradisiaques pour faire diversion. Au printemps dernier,  J.E. a mené une enquête des plus minutieuses pour mettre la lumière sur l'enquête, et a appris les motivations des demoiselles.

Via @melinar___

Pour Mélina, alors âgée de 22 ans, c'était les likes, l'attention et le luxe. Le Sugar Daddy de la jeune femme aurait réussi à la convaincre après plusieurs tentatives.  Dans une lettre écrite à la Cour, la criminelle a avoué qu'elle était motivée par le désir de « prendre des photos d'elle à des destinations exotiques pour les likes et l'attention, et a finalement fait beaucoup de tort pendant ce temps. » La croisière d'un peu plus d'un mois et demi faisait des escales aux États-Unis, aux Bermudes, en Colombie, au Panama, en Équateur, au Pérou et au Chili avant sa destination finale, l'Australie. (Toutes les infos ici

Via Isza Sylvia

Pour Isabelle Lagacé, alors âge de 28 ans, c'était un peu plus sombre. Selon son témoignage, elle aurait été forcée à participer à ce trafic de drogue pour rembourser une dette de 20 000$ qu'elle avait envers des criminels. Elle disait avoir emprunté cet argent pour s’acheter une voiture et rembourser d’autres dettes pour refaire sa vie« J’ai reçu un ultimatum. Je devais payer le prêt immédiatement [...] Ils me menaçaient, ainsi que ma famille. Alors je n’avais pas le choix. » 

Après de longues procédures qui se sont terminées au printemps dernier pour Mélina et en novembre 2017 pour Isabelle on a appris que les deux demoiselles, qui ont toutes deux plaidé coupables à des accusations d'importation de cocaïne en quantité commerciale, purgent des peines d'emprisonnement de 7 et 8 ans dans des centres de détention différents, à l'autre bout de la planète. C'est jusqu'en 2021 qu'elles devront attendre pour la possibilité de libération conditionnelle. Mélina aura donc 27 ans, et Isabelle 33 ans.

Via Capture d'écran - Le télé journal

André Tamine, qui a également plaidé coupable, devrait bientôt recevoir sa peine. 

Via Capture d'écran - Le télé journal

Aujourd'hui, grâce à une longue enquête de Radio-Canada, on en apprend plus sur l'histoire. En fait, selon des policiers consultés par le média, l'arrestation super médiatisée des « criminelles sexy » aurait pu être un appât pour détourner l'attention. En effet, les policiers n'écartent pas la possibilité que l'attention ait été détournée par les jeunes femmes afin de faire entrer une plus grande quantité de drogue au même moment dans le même pays. En d'autres mots, on aurait directement jeté les femmes dans la gueule du loup pour faire diversion. 

Ce qui est assez confus actuellement, c'est que d'autres Québécois ayant pris part à la croisière avec les trois détenus sont actuellement en liberté au Québec. Michel Chiasson, un des 3 autres supposés complices qui a débarqué du bateau au premier arrêt, en Nouvelle-Écosse, a été interrogé par la GRC, et dit même que c'est lui qui a dit aux douaniers canadiens de surveiller les criminelles: « C’est 100 fois plus gros que tu penses [...] Il y a une tonne qui est débarquée en avant » a-t-il confié à EnquêteIl affirme toutefois n'avoir aucun lien avec l'opération, même s'il partageait la cabine d'André Tamine.

Via Capture d'écran - Le télé journal

Les deux autres Montréalais qui étaient à bord du bateau de croisière, également toujours en liberté, ont refusé de répondre aux questions d'Enquête. 

Enfin, pour ce qui est du Sugar Daddy de Mélina (plus d'infos ici), il aurait été identifié par les autorités, mais son identité reste inconnue du public. Ce qu'on sait toutefois, c'est que la GRC a interrogé l’entourage de Mélina Roberge et d’Isabelle Lagacé à propos d'un homme du nom d'Henry Soussan, selon la recherche de Radio-Canada, M.Soussan correspondrait exactement à la description que Mélina Roberge aurait donnée en cour.

L'homme, qui sort souvent dans les bars, nie totalement être le Sugar Daddy de Mélina, sa bonne amie, et dit considérer Isabelle comme une « petite soeur »: « Je sais que beaucoup de gens ont parlé de moi parce que je les connaissais les deux. Et quand elles sortaient en boîte, elles étaient tout le temps avec nous, avec plein d’amis. »

L'enquête se poursuit. Malheureusement, les jeunes femmes refusent de donner l'identité de l'auteur de cette affaire par peur pour la sécurité de leur famille. 

Sources: Enquête - Radio Canada et  J.E. - TVA

 

 

 

 

 

 

 

 

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