Une victime de Carlos Desjardins partage son histoire pour sensibiliser les autres jeunes femmes - Narcity

Une victime de Carlos Desjardins partage son histoire pour sensibiliser les autres jeunes femmes

Le Service de police de la Ville de Québec cherche d'autres victimes de Carlos Desjardins.

Ce matin, on apprenait que Carlos Desjardins, célébrité des réseaux sociaux de 20 ans, avait été arrêté et avait comparu sous des accusations de production, possession et de distribution de pornographie juvénile.

À lire aussi: Carlos Desjardins accusé de production, possession et de distribution de pornographie juvénile

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a ensuite lancé un appel alors qu'elle est consciente que le jeune homme a fait plusieurs autres victimes âgées entre 12 et 17 ans.

@carlosdesjardinsssembedded via

Alors que les victimes sont, encore en 2018, trop souvent blâmées, l'une des victimes de Carlos, qui a initié le mouvement pour son arrestation, a décidé de partager son histoire dans une lettre ouverte. Alie Lavoie sait qu'elle a été jeune et naïve par le passé, et souhaite que d'autres jeunes femmes se reconnaissent et portent plainte à leur tour.

Voici ce que cette jeune femme pleine de courage avait à dire:

« Je peux enfin en parler.
Je peux enfin tout dire.

Ceux qui me connaissent et qui me suivent sur Instagram vont comprendre.

J’ai déjà eu du respect pour toi, Carlos. Quand j’avais 14 ans et toi 17, t’étais une de mes personnes préférées ever sur internet. Tu me faisais tellement rire. T’étais beau, drôle, gentil. T’étais tellement cool pour moi. Mais j’ai eu beaucoup de problèmes avec toi, Carlos. J’ai l’impression que tu t’en souviens pas, mais moi, c’est frais dans ma mémoire.

Depuis le jour que j’ai osé répondre à ta story, j’ai des problèmes avec toi. Depuis le jour où j’ai osé t’écrire, je ne te vois plus de la même façon. Depuis le jour où j’ai osé te parler, tu ne m’as jamais lâchée.

C’est pas des « bon matin » et des « bonne journée » que tu as commencé à m’envoyer. Pis tu le sais autant que moi. Que ce soit du harcèlement ou des demandes de photos nues, tu as jamais arrêté. Tu m’as menacée de gâcher ma réputation et ma vie si je t’envoyais rien. T’allais utiliser ton fame contre moi. T’allais tout faire pour que les gens croient des mensonges et des rumeurs sur moi.

J’ai eu peur. J’ai tellement eu peur de toi, Carlos. Je t’ai bloqué et j’ai changé de compte Snapchat même, mais la p’tite fille de 15 ans que j’étais n’a pas pu résister à te rajouter et te reparler un an plus tard. Et tu sais quoi Carlos? T’as agis de la même cr*ss de façon.

Au nombre de vidéo et message du genre: « j’ai changé, je ne serai plus un personnage », je me disais que c’était sûrement vrai. Je me disais que t’allais être une meilleure personne!

I was wrong. Tu savais mon âge, Carlos, et tu la sais encore. Tu le sais que je suis mineure, mais ça t’empêchait pas de demander de la pornographie juvénile et d’essayer de me manipuler de toutes les façons possibles pour arriver à tes fins.

Chaque fois que tu m’écrivais, j’espérais te voir changer. J’espérais voir que tu avais évolué. Je voulais toujours te donner une chance. Au grand coeur que j’ai, je pouvais pas t’en vouloir.

« Send une photo de toi sans chandail. Ça compte pas. Personne va le savoir. »

À 16 ans, t’as recommencé à me parler. Encore et toujours. Tu m’as offert des soupers au restaurant, des séances de magasinage. Tu essayais de me convaincre d’aller à tes parties, d’aller chez toi pour qu’on boive et qu’on fête un peu. Tu m’as offert bien des choses contre mon corps et j’ai toujours refusé, tu le sais très bien. T’étais tellement en tabar**k contre moi et tu m’en as tellement voulu que j’ai passé proche de me sentir mal. Tu m’as presque embarqué dans ton p’tit jeu. T’as presque réussi, mon homme, mal malheureusement pour toi, ça n’a pas fonctionné et toute mon admiration est devenue de la haine.

Il y a environ 3 semaines, mon beau Carlos, on s’est reparlé. Sauf que moi, j’avais déjà mon idée en tête. C’était fini pour toi. Ton ptit cr*ss de personnage, j’en pouvais plus. Fini. J’avais qu’une idée en tête; tout faire pour que la police t’arrête. J’en avais plein mon cul qu’un gars autant croche que toi pouvait se promener dans la rue et faire de l’argent sur internet sans avoir quelconque conséquences.

T’as rien vu venir, mon Carlos. Tu croyais que tu me manipulais comme il faut, hein? Tu croyais que j’embarquais dans tes histoires de « t’es la femme de ma vie » « t’es la seule » « i know you’re the one ». Durant ce temps là, je faisais des lives instagram où je t’exposais et que je cherchais des preuves contre toi. Durant que je te faisais croire que j’étais naïve, je faisais un dossier que je préparais pour la police. J’ai fait ma propre enquête durant que tu me croyais soumise et emportée dans ton jeu.

En une semaine, j’ai trouvé une vingtaine de filles et des témoignages à faire pleurer le Québec au complet.

Je sais que tu l’as su. Je sais que t’as vu mes stories et que t’as paniqué. Tu m’as demandé de rien faire. T’as compris que je niaisais plus et que t’étais tombée sur la seule qui pouvait réellement détruire ton image. Et guess what? Je l’ai fait. Tu m’as menacé de te suicider, même. Toutes tes stories, c’était pour moi. Tu voulais que j’aie peur de parler. Tu voulais que j’ai peur de dire la vérité. Tu voulais que je change d’idée.

Je suis la plainte qui t’a mis dans la marde. J’ai appelé le 911, mercredi matin, pis c’est moi qui t’a fait arrêter. J’ai rencontré les policiers qui ont cogné à ta porte et qui t’ont mis les menottes.

Je suis la raison pourquoi c’est fini et je n’ai jamais été aussi fière. »

Les filles, si vous vous reconnaissez, n'ayez pas peur de dénoncer.

À lire aussi: Il faut qu'on parle de Carlos Desjardins

Si vous croyez avoir été victime de Carlos Desjardins ou possédez tout renseignement le concernant, composez le 9-1-1. Pour transmettre toute information qui sera traitée de façon confidentielle, composez le 1 888 641-AGIR, sans frais.

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