J'aime mon Québec d'un amour immense. Je suis tellement heureuse d'être née en Gaspésie, j'y ai vécu une enfance absolument magnifique et je me considère très chanceuse de toujours avoir un pied à terre là-bas chez mes parents. Je suis également comblée d'être à Montréal parce que j'adore la ville et je m'y sens à ma place.

Quand les deux se rencontrent dans une conversation, c'est toujours bien cocasse. Les gens de la campagne qui ont l'impression que j'ai réussi ma vie juste parce que je suis dans «grand' ville» et les gens de Montréal qui n'y ont jamais mis les pieds et se demandent bien comment j'ai fait pour y survivre toutes ces années... Aujourd'hui, j'ai décidé de vous faire ce petit article sur mes deux amours de lieux.

1. Tu vivais proche du rocher percé?

Pour être bien honnête avec toi, je n'ai jamais vu ce fameux rocher. La Gaspésie a une superficie de 30 341 km carrés, soit équivalents à la Belgique. Ce n'est pas parce que je vivais à l'intérieur de cette fameuse superficie que j'étais voisine avec toutes les attractions touristiques.


2. Pourtant, t'as pas d'accent?

Mes parents pis mes grands-parents non plus. L'accent gaspésien, dépendant d'où tu es, est rarement si différent que le reste du Québec. C'est certain que si tu me call un beau gros «Arsoud icite, y'a d'quoi d'pogné en d'sour de mon char. Pogne ton boute, m'a te'l sortir de d'là su' un moyen temps!» Je vais très bien comprendre ce que tu me dis et ça va me faire un grand plaisir de t'aider à retirer ce qu'il y a de coincé sous ta voiture...


3. Pis t'aimes pas les fruits de mer?

Non, je n’aime pas ça tant que ça. Pis si j'en raffolais, je te jure que j'aurais eu l'occasion de le découvrir. Je suis capable d'en manger de tes crevettes et je vais te faire un petit sourire forcé si tu sens absolument le besoin de me dire qu'elles viennent de Matane. Par exemple, c'est loin d'être la première chose que j'ai envie de me cuisiner en arrivant chez moi.


4. Où est-ce que tu magasinais?

À la ville la plus proche. Je n'avais pas accès à un H&M ou à un Simons mais ce n'était pas si grave parce que les autres non plus. On était juste toute une gang de filles à avoir le même gilet jaune pas si beau du Pentagone. On s'en foutait parce qu'on faisait avec ce qu'on avait. Pis oui, faire de la route pour aller magasiner au centre commercial de Rimouski c'était notre grosse sortie du mois.


5. Ton voisin le plus proche était à combien de kilomètres?

Au moins un, pis c'était parfait comme ça. Tous les partys que j'ai pu faire chez moi sans que personne chiale sont très nombreux. Pis toi, comment ça se passe organiser une soirée dans ton appartement en plein milieu du centre-ville? Ça, c'est juste parce qu'en plus d'être en Gaspésie, j'étais en campagne ben creux dans le bois. Ce qui est loin d'être le cas de tous. On savait c'était quoi des immeubles avant d'arriver à Montréal, t'sais.


6. Est-ce que vous deviez vous promener en ski-doo dans les rues l'hiver?

Si on était ben gros motivés le matin avant que la charrue passe, on pouvait oui. Comme tout le monde, on avait des belles grosses déneigeuses et des voitures. On vivait en société comme n'importe où ailleurs dans le Canada. Sauf que pendant que la grande ville arrêtait toute activité après une petite poudreuse, nous on avait besoin d'un ouragan pour manquer de l'école. Si tu crois qu'il fait froid à Montréal l'hiver: t'as jamais vécu sur le bord du fleuve.


7. Qu'est-ce que tu faisais de tes fins de semaine?

On passait le temps, comme toi. J'étais tellement excitée en arrivant en ville: «Yeah, des festivals tout le temps, des activités tous les jours et des restaurants à chaque coin de rue!» Finalement, je suis quand même toujours effouérée dans mon lit avec mon portable à avoir peur que la semaine commence. Pis oui, si on avait vraiment envie de sortir, il y avait des bars. C'était cool, on était sûr que si nos amis sortaient: c'est à ce bar-là qu'ils allaient être.


8. Est-ce que c'est vrai qu'il y a beaucoup de consanguins?

Therrien, Tremblay, Bouchard, Blouin et Bernier. Les noms que tu vas entendre le plus souvent dans notre boute. Ça se peut que tout le village soit parenté, mais non on ne couche pas avec nos cousins pour le fun. On fait encore moins des enfants avec eux...


9. C'tu vrai que les gaspésiennes sont plus cochonnes?

Ça, j'ai envie de laisser planer le mystère...


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