J’ai pas besoin de faire d’intro sur le sujet, j’crois bien. Ce qui m’a amené là-dessus, ce sont les évènements récents à Orlando, mais j’aurais pu en nommer d’autres. À Paris, au Nigéria, au Maroc, à Los Angeles. Des attaques homophobes, sexistes ou racistes, il y en a eu dans pratiquement tous les pays.

Le pire dans tout ça, c’est le sentiment de peur que ça nous évoque tous maintenant. Ou du moins, celui que j’ai, puisque moi aussi, je suis une minorité visible. Ceux qui me connaissent le moindrement savent ce qui fait de moi que je suis différente.  Pas besoin de grand-chose, aujourd’hui, pour choquer des gens. Pas besoin de grand-chose, demain, pour qu’on soit au mauvais endroit au mauvais moment.

Ça pourrait être moi/n’importe qui, la personne coincée aux toilettes d’un établissement qui texte mes proches une dernière fois. Ça pourrait être moi/n’importe qui qui ne voit pas sa fin arriver. C’est ça le problème : des gens trouvent toujours quelques choses pour se frustrer, se dégoûter et se révolter.

On ne se connait pas et on entretient un sentiment de haine. On ne se connait pas, on ne s’est jamais adressé la parole et on s’entre-tue. Ces gens sont conditionnés par la haine de la différence, la haine de l’inconnu. En supposant bien sûr que la différence et l’inconnu, c’est mal. On a élevé ces personnes en leur disant que si on était différent, c’était mal alors qu’en réalité, on est tous différents...

Lorsque ce genre de situations arrive, je me rends compte à quel point c'est vrai qu'on est tous différents. Personnellement, je n'en viendrais jamais à ce stade de haine, même dans la pire situation qui peut m'arriver. Je n'en viendrais jamais à ce genre de mentalité : penser que des personnes qui sont différentes de moi méritent la mort.

À tous ceux qui disent qu’on a plus besoin du féminisme en 2016.

À tous ceux qui disent que le racisme et le sexisme est passé mode en 2016.

À tous ceux qui croient qu’on est rendu évolué en 2016.

On a la confirmation chaque jour, ces temps-ci, que c’est faux. Oui, ce sont des exceptions, mais ces exceptions causent quand même tellement de dommages. Faudrait pas les oublier lorsqu’on fait le bilan.

C'est utopique d'espérer qu'un jour, il n'y aura plus ce genre de tragédies et qu'on vivra en paix. Mais j'ose croire qu'un jour, ce sera moins pire et qu'une partie des gens qui croient que la différence est synonyme de mal auront changé d'avis. Et pour ça, il faut seulement continuer de combattre ce genre de gestes par des gestes pacifiques. Pour leur montrer qu'on vaut mieux que ça.

Le sentiment de peur que ça nous évoque tous maintenant, ou du moins celui que j’ai, on devrait pas l'avoir. On doit pas s'avouer vaincu par ces exceptions, on doit continuer de croire en nous, les milliers de minorités visibles que nous sommes.

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