Beaucoup d'entre vous le savent, je fais le défi 28 (29) jours sans alcool de la Fondation Jean Lapointe. Ben oui, toé. J'me passe d'alcool pour réaliser les effets que ça a sur mon corps, sur mon mode de vie, sur ma façon d'agir avec les autres. J'ai pris ça comme un beau (gros) défi, mais je ne pensais pas que ça allait être déjà assez difficile après quelques jours.

OK, cet article pourra sans doute paraître exagéré pour certains. Je conçois que ce n'est pas tout le monde qui consomme de l'alcool à toutes les semaines, que ce soit modérément ou excessivement. J'conçois alors aussi que c'est différent pour tout le monde, puisqu'on a tous des habitudes différentes et une "relation" avec l'alcool qui nous ait personnelle. Voici donc à peu près tout ce qui m'est passé par la tête après une semaine à ne pas boire d'alcool comme je le fais normalement.

1. Le niveau de difficulté augmente plus les jours de la semaine passent.

Parce que je n'ai pas ressenti de besoin vraiment de boire les premiers jours de la semaine, mais arrivé le jeudi... oh boy! Personnellement, ce sont mes habitudes de vie de ne pas boire (habituellement) en début de semaine, donc j'avais pas l'impression de me "priver". Mais, plus les jours s'accumulent, plus le désir reste et augmente, j'te dirais.


2. Le sentiment de manque arrive plus vite que tu ne le pensais.

Ça te fait réaliser un peu la réalité d'une personne alcoolique et les défis qu'ils ont à chaque jour de leur vie.  C'est peut-être parce qu'à ces moments-là, j'avais eu de grosses/"mauvaises"/longues journées, mais j'avais physiquement l'impression que j'étais en manque. Comme la personne en sevrage de nicotine, de weed, de caféine, de sucre... ou d'alcool, tout simplement. Parce qu'on dirait que puisqu'à ce moment-là, j'avais le goût de prendre une bière, mais que ça m'était interdit, j'avais encore plus le goût d'en prendre une.


3. Tu ne peux pas comprendre jusqu'à temps de le vivre.

Les pensées récurrentes, la remise en question "pourquoi j'fais ça, déjà?", la frustration ressentie.  Le nombre de personnes qui m'ont dit "Ben voyons, t'es ben alcoolique pour avoir de la misère comme ça". First, tu m'aides pas (et ne m'apprends rien) en me disant ça!!! Deuxièmement, pour avoir pris conscience que je n'étais pas la seule qui avait de la difficulté, j'peux bien dire qu'on a compris assez vite la signification du mot "défi".


4. Une société d'alcooliques fonctionnels?

J'ai dû me le dire à moi-même plusieurs fois "Ah, ben non j'peux pas, j'peux pas prendre d'alcool". Ça te fait prendre conscience que c'est peut-être pas une bonne chose que ce soit presque un réflexe, maintenant, de prendre une bière (ou 8) à chaque vendredi. Pis de voir la réaction des gens autour de toi aussi, qui sont dont étonnés/qui t'admirent de te passer d'alcool pendant un mois, ça te donne un indice qu'on est dans une société qui consomment (probablement trop) régulièrement. Si supprimer l'alcool de ta vie est presque inconcevable pour toi, pose-toi des questions (j'm'en pose, moi-même, t'inquiètes).


5. Tes amies ne t'aident clairement pas.

Elles ont tellement l'air plus heureuses, après deux-trois shooters pis deux verres de vin. "Enwaille, on prend des shots!" "Juste un verre!" "T'embarques tu dans le pichet avec nous?"  Tout ça dans une seule soirée. Ça ne leur rentre pas en tête que non, tu ne bois pas. Elles sont constamment étonnées et ne comprennent pas totalement pourquoi tu prends cette décision. Surtout si tu es une de celles qui est toujours partante pour une bière, habituellement (comme moi, tsé).


6. Tu dois te trouver différentes façons de décompresser.

Et c'est un peu inquiétant, quand on y pense, que ça me prend de l'alcool pour pouvoir décompresser. J'ai souvent hâte d'arriver chez moi, après le travail ou une journée de plein air pour prendre une bière et relaxer. Juste le fait d'enlever cet élément à mon moment de relaxation, on dirait vraiment que ce n'est pas complet, qu'il me manque quelque chose. Pis ça ne devrait pas. L'alcool devrait toujours rester secondaire et indépendante à notre niveau de plaisir. L'alcool ne devrait pas être ta solution numéro un.


7. Être à jeun dans un bar à 2h du matin, c'est clairement différent.

J'suis allée dans trois bars différents que j'adore aller habituellement et j'peux te dire que j'ai réalisé ce que j'aime de ces bars : l'alcool, la musique qui y passe (après 3 verres) et les gens (après 4 verres). Quand t'enlèves l'alcool de ces éléments, il reste plus grand chose. OK, j'exagère un peu, mais ma perspective des choses a clairement changé sans prendre une goûte d'alcool. Ça a quand même ses avantages, par contre. Voir les gens saouls, j'te jure que tu vas rire. #RireMAISRIRE.


8. Le trois quarts des personnes saoules te tapent sur les nerfs.

Les phrases classiques à se faire dire par les gars, tu les remarques clairement plus rapidement. Les gens qui ne savent plus se tenir debout, tu les aides, mais un peu à contre-coeur en leur disant intérieurement "Connais tes limites, ma fille/mon gars". Ou tout le monde qui veulent attirer l'attention en criant à chaque fois qu'ils prennent un shot. Ou tous les gars qui s'essaient sur 8 filles dans la même heure. Ou juste tout le monde. Voir les gens saouls, pendant que t'es ajun, ça change ta vision des choses un peu, crois-moi.


9. Tu dois être plus créatif dans tes dates.

Ça te permet surtout de comprendre que si tu ne veux pas voir une personne sans avoir une couple de bières dans l'corps, t'es peut-être mieux de ne pas voir cette personne du tout. "On ira prendre une bière, bientôt... Ah non, wait." C'est positif, en fait. Ça te permet de faire autre chose que de juste profiter des plaisirs du houblons. Mais disons qu'au début c'est ben déstabilisant.


10. Tu te mets à penser différemment.

L'alcool, ça te permet de décompresser, mais ça te permet surtout d'oublier une couple de trucs qui te font chier pis que t'aimes mieux pas trop penser. Sans alcool, tu fuis moins mettons. Pour le meilleur et pour le pire, tsé.


11. Les lendemains de veilles sont CLAIREMENT plus agréables.

J'étais jalouse, vendredi soir, de mes amies qui buvaient du whisky pis les meilleurs Bloody Cesar qu'elles avaient jamais goûtés, mais je les enviais pas du tout le lendemain matin. J'étais celle avec un sourire aux lèvres pis un café à la main, alors qu'elles étaient aux Tylenols pis leur maquillage de la veille (à moitié) dans leur face, encore. Un des meilleurs avantages à ne pas abuser des bonnes choses, selon moi.


12. Notre niveau de plaisir devrait toujours être indépendant de notre niveau d'alcool dans notre sang.

Ma plus grosse réalisation de la semaine. Parce que j'ai réussi à avoir du fun même si j'étais à jeun et le contraire m'aurait fait de la peine, j'pense. Si ton bonheur dépend de l'alcool, c'est une raison de plus de diminuer/d'arrêter d'en consommer. (Pis y'en a une couple qui sont dans le déni, j'crois) Si l'alcool n'est qu'un plus, alors y'a rien de mal, tout va bien.

Si tu veux voir comment mes trois prochaines semaines vont se passer, j'te suggère de suivre @Narcitymontreal sur Snapchat. En plus de découvrir de parties de la ville, j'te fais un compte-rendu de mes journées/struggles/constatations de fille-qui-ne-boit-pas. Le fun qu'on va t'avoir, toé!

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