Tout le monde aime ça faire le party. Être entourés de nos meilleurs amis, boire de la bière en se racontant nos vies, notre histoire, par où on est passé pis ce qu'on aimerait devenir. On change le monde à grand coups de Labatt 50 sans trop se soucier du lendemain.

Y'a 11-12 ans (je sais, j'air l'air jeune, mais j'avais 16-17 ans ),  j'emmerdais tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à des responsabilités  ou à de l'autorité. J'ai lâché l'école 2 mois avant d'avoir mon diplôme de sec 5, j'ai envoyé chier tout le monde qui m'ont déconseillé de le faire, leur disant que c'était pas pour moi, que jamais j'allais reposer mon cul sur un banc d'école. J'avais un p'tit boulot pas trop exigeant, j'habitais dans le sous-sol chez mes parents, pis j'aspirais à fuck all.

J'avais aucun objectif sauf faire la fête. Le seul moment ou je me sentais bien c'est quand j'étais avec plein de monde, que je m'oubliais dans toute l'action qui se déroulait autour de moi. J'étais sur la rumba 7/7. Je disais oui à toutes les invitations, je prenais n'importe quoi, je m'en foutais, je pensais même pas vivre jusqu'à 30 ans. Tant que le moment présent était intense pis que je trippais, c'était en masse pour moi.

J'étais la p'tite fille que ta mère haïssait. La mauvaise influence, celle qui t'attirait sans hésitation dans des projets qui finissaient assurément mal. T'sais quand vous êtes 3 tatas avec une caisse de 12 dans les mains à vous faire arrêter par la SQ en train de traverser l'autoroute métropolitaine à pied, c'est un brin normal que la mère des autres te porte pas dans son cœur.

J'ai toffé ça longtemps, une couple d'années. J'ai regardé tous mes amis  partir les uns après les autres. J'les appelais, mais ça leur tentait pu, tout le monde avait autre chose à faire que de se défoncer un lundi après-midi. Je les ai vu entrer à l'université, déménager, développer des projets, obtenir leurs diplômes, trouver des bonnes jobs.  Moi j'étais la même fille qui stagnait. J'me suis ramassée toute seule.

Ça pas été la plus belle période de ma vie. Parce que moi j'ai continué, toute seule. J'me suis jamais dit que j'avais un problème, j'ai toujours critiqué les autres en leur disant que y'étaient devenus franchement plates, pis que c'était mieux de même s'ils me parlaient plus. Mes parents étaient découragés, j'étais pas trop réceptive à leurs remarques, je leur parlais pas, sauf pour les envoyer chier ou leur quêter du cash.

J'me suis fait un chum qui avait les mêmes intérêts un peu tordus que les miens. On s'est achetés une maison ensemble, pis on a continué le party. On va s'le dire, quand t'es au début de la vingtaine avec aucun projet devant toi, ça vraiment pu rien de cute.

J'me suis réveillée un lendemain de fiesta,  j'ai vu que y'avait du monde qui avait planté des tentes pour dormir dans ma cour. J'ai vu un gars se lever ben relax, enlever ses souliers, pis a commencé à courir vers la rivière, ou il s'est gentiment jeté. J'ai fais le 911. J'avais absolument aucune émotion, y'avait pu rien qui m'étonnait. J'suis allée à la salle de bain pour me préparer. Y'avait un caca dans ma douche.

Ça, ça passait juste pas. Je suis sortie dehors, j'ai crissé tout le monde dehors. J'ai réveillé mon chum pour l'engueuler pis je lui ai dit que c'était pas ça certain ma vie. J'étais arrivé au bout de mon trip. J'ai pu jamais retouché à des saletés, pis j'ai repris ma vie en main à partir de cet épisode plutôt particulier.

Comme quoi des fois la marde ça peut t'être utile. 

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