Voyager est la plus belle chose du monde. Dès l'aube de mes 18 ans, j'ai eu envie de partir à la conquête de l'inconnu, à la rencontre de nouveaux paysages à voir, de saveurs à goûter, d'amis à rencontrer et à aimer. Aujourd'hui, partir loin (et même souvent très très loin) est devenu une option plus qu'atteignable pour tous, peu importe le budget. Oui bon, il reste naturellement les prix des billets d'avion à magasiner, mais qui n'a jamais travaillé comme un fou pour pouvoir profiter de sa jeunesse!

Après avoir rassuré ta mère sur la nature de ton départ, et surtout lui avoir promis que tu reviendrais, tu t'es lancé dans le vide, targué du statut de Backpacker dont tu rêvais tant. Certes, le tout inclus de Cuba n'est pas une option cette fois-ci. Avec tes yeux en orgasme visuel, les volcans de l'Argentine t'éblouiront comme jamais lorsque tu atteindras le sommet. Pour te remettre des hautes altitudes, tu iras travailler en Australie, question de rencontrer des nouveaux mates et de voir les animaux les plus sauvages du monde. Pour un dépaysement complet, tu perdras ton cœur quelque part en Thaïlande, avant de t'immerger culturellement avec le tour Vietnam-Laos-Cambodge-Indonésie. À moins que tu sois plus du genre Eurotrip?

Crédit photo - Theberry

Lorsque tu es à l'étranger, tu rêves de revenir une seule journée pour profiter du confort de ton lit queen-size, de manger une poutine et de profiter de la douce brise de l'air conditionné. Seulement, une fois de retour, tu réalises que quelque chose cloche dans ce décor trop familier. Tu voudrais expliquer ce que tu as vécu, les choses que tu as vues, les moments que tu n'oublieras jamais... Mais difficile de comprendre quand on ne l'a pas vécu.

Après avoir été seul, loin de ta famille et de tes amis, à rencontrer toujours de nouvelles personnes, tu t'habitues à ne compter que sur toi-même. Parce que tu n'avais pas d'horaire fixe, la notion du temps devient un facteur très peu important de ta nouvelle vie de voyageur. Tu t'ennuies du soleil, des moments passés à regarder les douces rizières, des épices marocaines, de te lever pour aller surfer tôt sur les vagues du Costa Rica, de passer tes journées en maillot, de manger du fromage français à 2$, de la pizza italienne et surtout de ces amis que tu t'es fait, et que tu ne recroiseras probablement jamais.

Tu t'ennuies d'un endroit, d'une émotion. Tu es revenu, tu as changé, mais tout ici est toujours pareil. Tu parles le langage de ceux qui ont vécu, et ils sont moins nombreux qu'on peut le croire. À travers tes rencontres, tu es même devenu plus proche des gens que tu as connus pendant 2 jours, comparé à des amis que tu as depuis longtemps.

Y a-t-il une explication scientifique derrière ça? Selon le Centre américain de tourisme et de transport, il ne s'agirait pas d'une vraie dépression de retour. Toutefois, les effets du retour ont bel et bien été mesurés par le centre, ainsi que par bon nombre de départements universitaires spécialisés en tourisme. Il s'agirait donc d'un phénomène plus émotionnel que rationnel, un problème du cœur quoi.

Tu le sais, toi aussi tu l'as vécu. 

C'est ça au fond voyager : sortir de ce que tu croyais être la vie, aimer ça, revenir et grandir. Mais au final, jamais tu ne reviendras complètement. Une partie de ton cœur est restée derrière, et c'est très bien ainsi.

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