Moi pis toi, on a fait ça « short and sweet ». Ça marchait plus, et on était épuisé d’essayer. Point final. Je n’avais pas la force de passer à travers une autre chicane, alors on ne s’est pas attardé à discuter des nombreuses raisons pour lesquelles c’était le meilleur move. On avait tous deux eu notre dose de crises et d’insultes pour une vie complète, c’était assez. Je pensais que toute cette haine en moi aurait fait de la période de deuil de la relation un jeu d’enfants. 

Mais les ruptures, ça marche pas de même. Dès que les ponts ont été coupés, je semblais me rappeler que des bons moments. Toutes les chicanes, les crises et les insultes, elles ne me passaient même plus à travers la tête. S’étaient-elles même déjà produites ? J’en doutais.

Sans dire que je regrettais la rupture, puisque je savais que c’était notre seule éventualité, j’ai simplement commencé mon cheminement à travers toutes les étapes de l’après-rupture. Des larmes à la colère, de la colère à la déception, de la déception à la paix, et de la paix à l’oubli. C’était long, c’était pénible. Mais toi, t’es passé à la dernière étape particulièrement vite. 



C’était aussi simple que changer de t-shirt. Du jour au lendemain, le quotidien que tu partageais avec moi c’est fait remplacer par une nouvelle routine. Une routine de travail, de beuverie et d’amis : une vraie routine de gars célibataire. 

Grâce aux médias sociaux, j’avais un aperçu VIP de cette nouvelle personne que tu devenais. Tes amis te montraient faisant le con sur Snapchat, tu tagguais des filles que je ne connaissais pas sur Facebook, et nos photos de couple sont disparues de ton Instagram. Et moi, pour remarquer toutes ces choses-là, c’est la preuve que je n’étais pas au même point. 


J’aimerais me réveiller le matin sans me rouler automatiquement vers ton coté. Et m’étirer le bras en pensant qu’il va se poser sur toi. J’aimerais ne plus faire le saut quand les draps froids touchent ma peau au lieu de ta chaleur corporelle. Et que mon cœur ne se torde pas quand je réalise que tu n’es pas juste parti à la toilette. J’aimerais pouvoir m’habituer à cette nouvelle réalité, celle où le côté droit de mon lit est vide. Moi qui dormait dans le milieu du lit avant que tu y trouves ta place, je ne sais plus comment y retourner. 

J’aimerais pouvoir aller manger avec mes amis sans me rappeler les fois où on a visité ces mêmes restaurants. Et regarder le menu sans penser à ce que t’aurais commandé si t’étais là. J’aimerais pouvoir commander l’entrée de nachos et demander pour 2 assiettes parce que j’ai toujours les yeux plus gros que la panse. 

J’aimerais pouvoir écouter mon groupe de musique préféré sans me rappeler que je le connais grâce à toi. Les chansons qu’on chantait les vitres baissées et le volume au max, je ne fais que les skipper. J’aimerais pouvoir écouter du Ed Sheeran sans examiner les paroles qui nous décrivent trop bien.



J’aimerais moi aussi faire la conne sur Snapchat et me faire tagger dans des jokes sur Facebook par des gars. J’aimerais sélectionner nos photos de couple dans mon cellulaire et enfin avoir le courage de peser sur la petite corbeille. Parce que j’te vois aller, toi qui nous as oubliés si facilement, et tu sembles tellement bien. 

Alors en espérant qu’un jour, je me sente de nouveau bien dans mon lit, que je puisse réécouter mon groupe préféré, et finir mon entrée de nachos toute seule. En autres mots, en espérant qu'un jour, je puisse t'oublier aussi facilement que tu l'as fait.

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