C’est le lundi 13 janvier que le deuxième épisode de Fugueuse : La suite était diffusée sur les ondes de TVA. Dans ce dernier, le personnage de Maria, l’aimable gérante du restaurant Chez Maria a été présenté au public. Ce qui n’a pas encore été révélé, toutefois, c’est que Maria est une femme trans, et qu’elle est interprétée par une femme trans. Voici donc Pascale Drevillion, l’actrice qui joue le personnage trans dans Fugueuse.

Alors que la présence de personnes trans à la télévision québécoise est une chose de plus en plus commune, nous avons eu la chance de nous entretenir avec Pascale qui, ayant joué dans une dizaine de pièces de théâtre et trois courts métrages, fait son chemin sur la scène artistique québécoise depuis plusieurs années. 

C’est une femme qui, elle l’affirme elle-même, a beaucoup de choses à dire, particulièrement sur le sujet de la fluidité et de la pluralité du genre.

Alors ce rôle dans Fugueuse est pour elle l’occasion parfaite de transmettre ce message, mais aussi de participer à la représentation des personnes trans dans une série réputée et dans la culture populaire.

C’est avec joie qu’elle parle de son implication dans la série et de ce que cela représente pour elle.

Que peux-tu me dire de ton expérience sur le plateau de Fugueuse ?

« La toute première journée de tournage que j’ai eue, c’était la toute première journée de tournage sur la production au grand complet, donc c’était vraiment fascinant de voir toute la machine commencer à s’engranger et à s’huiler doucement. Je pense que tout le monde était très content de se retrouver.

« Mon personnage est très, très lumineux. Maria, on l’a vu même dans ma petite apparition de l’épisode deux, est souriante, présente pour Yohan… Vraiment, on voit qu’elle est intéressée à l’engager et on va voir comment ça va se passer pour la suite!

« Mais je pense que la lumière et l’inspiration qu’elle va apporter à Yohan sont vraiment importantes. » 

Donc dans Fugueuse, tu joues une femme trans, c’est bien ça ?

« Oui, mais on ne le sait pas encore. À ce que je comprends, je suis la première femme trans dans un bon second rôle… En fait je suis la première actrice trans à TVA, point.

« Et dans notre réseau québécois, j’ai l’impression d’être aussi un peu la première. Il y a Gabrielle Boulianne-Tremblay, qui est mon amie que j’adore aussi, mais elle n’a pas encore eu un rôle de la trempe de celui que j’ai dans Fugueuse, alors…

« En tout cas, je ne sais pas ce que ça veut dire que je sois la première, mais je sais que ça ouvre la porte à tellement de belles choses pour la suite. » 

Dans les derniers mois, la communauté trans a pu jouir d’une belle visibilité à la télévision québécoise. En faisant toi-même partie de cette visibilité, quels sont tes espoirs face à la réception du public dans les prochains temps ?

« Je pense que je pourrais dire paresseusement que l’idée, c’est qu’on arrête d’en parler parce que c’est juste réglé, mais je trouve que c’est trop superficiel comme pensée.

« Je pense que ce que mon personnage apporte, et ce que le personnage de Yohan aussi apporte, c’est l’idée de la fluidité.

« Maria, on va la découvrir, mais elle est féminine, assumée, franche, no bullshit.

« Yohan, on sent qu’il a aussi cette sensibilité, cette fragilité-là. On le voit quand il commence à s’amuser avec le personnage de Daisie, il a des vêtements un petit peu plus androgynes, il se permet des styles.

« Donc c’est beaucoup l’idée de la fluidité. Il faut qu’on se souvienne qu’on a tous en nous une part qui peut être un petit peu plus masculine, un petit peu plus féminine, et c’est le mélange de tout ça qui est merveilleux. »

Il y a une différence assez évidente entre la saison 1 et la saison 2 sur le point de vue de la diversité. Est-ce que c’est quelque chose qui t’a intéressée lorsque tu as lu le script ?

« En fait, c’est moins dans le script que concrètement, quand j’ai vu le casting, de voir qu’ils avaient vraiment prit la peine de caster [des acteurs] comme Jemmy [Echaquan Dubé] (Daisie), qui n’est pas une actrice professionnelle, mais qui est quand même dans le milieu du cinéma […] alors on lui donne une chance.

« Après de l’autre côté, c’est l’idée de la représentativité qui est tellement, tellement importante. Dans notre télé québécoise, à TVA, une femme autochtone, une femme trans. On est là, on est visible.

« Autant pour Jemmy que pour moi, souvent juste notre présence est un acte politique, alors c’est très fort de la part de TVA d’avoir fait cet effort-là d’avoir un casting réaliste et représentatif. »

Avoir un rôle important dans Fugueuse peut ouvrir beaucoup de portes. Es-tu prête pour ça ?

« Oui, je suis prête. Je suis vraiment prête. Je suis sortie de l’école en 2015 et j’ai eu toutes sortes de projets depuis et j’en veux juste plus, j’en veux toujours plus, ce n’est jamais assez.

« Je suis prête à tout jouer et je me sens beaucoup plus caméléon que ce que le public a eu le temps de voir à date.

« J’ai hâte de pouvoir explorer toutes les différentes parcelles de jeu que je n’ai pas encore expérimentées.

« Je suis aussi dans la série Domino, la deuxième saison. C’est produit par TV5, puis là-dedans, j’ai aussi un rôle principal, justement multifacette, alors j’ai hâte que ça aussi ça sorte cet hiver. »

Ce n’est donc certainement pas la dernière fois que nous verrons Pascale, qui semble prête à conquérir le monde du divertissement québécois.

Elle reprend d’ailleurs déjà la scène dans Genderf*cker dès la fin février. Ce show qu’elle a créé parle de la fluidité afin d’éclater le modèle binaire qui régit la société, et continue alors l’image du genre qu’elle souhaitait partager avec Fugueuse.

Sinon, il est évidemment possible de la suivre dans son rôle de Maria dans Fugueuse, dont un nouvel épisode est diffusé tous les lundis soir dès 21 h à TVA. 


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