Déconfinement rime avec dater sans culpabilité. Et sans avoir la possibilité de pogner le foutu virus. Ce week-end, j'ai accepté une invitation à souper avec un homme charmant avec qui j'ai eu un match sur une app de rencontre au début du confinement. 

Jusque-là, rien de nouveau sous le soleil. En arrivant chez lui, par contre, j'ai catché qu'on était pas vraiment dans la même braquette d'imposition quand vient le temps de faire nos impôts à fin de l'année. 

Sans décrire les recoins de son logis, disons que je pourrais porter des sextuplés pis je serais pas obligé de les faire dormir dans les tiroirs d'une commode. À la limite, je pourrais changer leurs couches sur le comptoir de la cuisine extérieure sur la terrasse. Ils porteraient du Gucci et se moucheraient dans des Kleenex de cachemire. 

Alors que chez nous, le paquet de couches rentre même pas au complet sur le comptoir. Ça m'intimide pas et je me sens pas moins en confiance, parce que mon salaire me définit pas comme personne.

Dans la soirée, la conversation coule, on jase de tout et de rien. Pis ça me brûle les lèvres de lui demander combien il gagne par année pour se payer ce petit paradis.

Pis je le fais pas. Parce qu'on dirait que c'est encore pas très bien vu d'aborder ce sujet. 

Et pourtant. On est capable de parler de tout. Sauf de ça. On est zéro gêné de raconter nos dates désastreuses. Ou nos histoires de sexe olé olé.

On peut se dire qu'on s'est mis les fesses à l'air dans un parc, mais pas le nombre de 0 qu'il y a dans notre salaire. J'ai laissé ça mort pis j'ai pas soulevé le sujet finalement.

Mais ça m'a trotté dans la tête un peu, parce que là les restos ouvrent. Et on va définitivement se revoir dans un avenir rapproché.

Sans lui demander son T4 de 2019, va falloir que j'aborde la patente. J'ai souvent été dans des relations où je prenais pour acquis que le gars allait payer le resto, old school style. 

Ce qui est pas nécessairement une bonne chose, parce que je veux pas me faire vivre. J'ai longtemps pensé que j'haïrais pas, mais non, la vérité c'est qu'on se sent pas mal plus accomplie en étant capable de se débrouiller comme une grande.

Même si ça veut dire d'avoir un appart minus pis un char qui date de 2013. Je suis redevable à personne.

Je veux vivre une histoire saine. Perso, je trouve que splitter le bill c'est pas très romantique. J'aime mieux faire une alternance, tu payes à soir, je paye la prochaine fois. 

Clairement, ce gars-là a pas le même budget que moi pour sortir. Ni pour quoi que ce soit. À court terme, ça peut fonctionner sans que j'en parle. Mon compte en banque va bien. Sauf que je vais pas loader ma Visa pour payer des tournées de tequila de qualité hors de prix aux Terrasses Bonsecours.

À moyen terme, j'aurais pas le choix d'habiter mes couilles imaginaires pis de lui dire qu'on a pas le même beat de vie et que si je veux partager les frais des sorties, on peut pas se tenir au Toqué chaque lundi.

On peut, mais je vais faire faillite pis venir habiter dans ton château. C'est un pensez-y-bien.

Ça me stresse un peu, parce qu'honnêtement, j'ai jamais eu à faire ça dans ma vie. J'ai toujours vécu au-dessus de mes moyens en m'en cr*ssant.

Mais là, je suis trop vieille pour retomber là-dedans. Je sais pas trop comment je vais amener ça pour pas avoir l'air d'une angoissée de la cenne

Je suppose qu'il va me dire de pas m'en faire avec ça. Pis là, à chaque fois que je vais choisir le resto, je vais essayer de pogner un spot pas trop cher, question de pas avoir l'air d'une gold digger.

Bref, je vais manger au Monsieur Hot-Dog pour les prochaines dates. 

On se revoit lundi lui et moi, je vous en reparle. J'vais m'acheter un 6/49 d'ici là. 

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

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