Après plusieurs semaines d'hésitation, le gouvernement du Québec a finalement annoncé ce lundi la réouverture graduelle des écoles primaires dès la mi-mai. Si la nouvelle était attendue par plus d'un, elle a suscité beaucoup de réactions chez les enseignants.

Lors de sa conférence de presse quotidienne du 27 avril, le premier ministre François Legault a annoncé la réouverture progressive des écoles de la province. Les établissements préscolaires et primaires rouvriront donc le 11 mai, à l'exception de ceux de la grande région de Montréal, qui vont rouvrir le 19 mai.

De plus, le retour en cours ne sera pas obligatoire, et seuls 15 élèves seront permis dans chaque classe. Les élèves du secondaire, du cégep et de l'université ne reviendront pas à l'école avant septembre.

Cette annonce a suscité des réactions mitigées parmi les enseignants, à commencer par la Fédération autonome de l'enseignement (FAE). L'organisation dénonce la décision du gouvernement de rouvrir les écoles au nom du principe d'immunité collective, qui ne fait pas consensus chez les scientifiques. 

« Dans les faits, le gouvernement du Québec utilise le réseau des écoles primaires publiques et les centres de formation professionnelle pour construire une immunité collective et relancer l'activité économique du Québec. Nous n'accepterons pas que les profs ne soient pas protégés et qu'ils aillent au front sans armure », peut-on lire dans leur communiqué.

La FAE s'interroge aussi sur la façon dont les mesures de distanciation sociale seront appliquées chez les enfants.

Dans des contextes comme les récréations, les heures de dîner ou les cours d'éducation physique, « le respect des règles et des consignes de sécurité est loin d'être assuré [...] en raison de l'âge des élèves qui les fréquentent », s'inquiète-t-elle.

 

Du côté des enseignants montréalais, il y a aussi beaucoup d'inquiétude. L'Alliance des professeures et professeurs de Montréal déplore un manque de communication du gouvernement depuis la fermeture des écoles en mars, et craignent pour la sécurité et la santé du personnel enseignant.

« Un retour à l'école ne peut pas être envisagé sans le matériel de protection approprié », a affirmé la présidente de l'Alliance, Catherine Beauvais-St-Pierre.

Même son de cloche dans le monde du préscolaire, alors que la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ) affirme ne pas avoir reçu de protocole clair pour assurer la sûreté de leur milieu de travail.

 

Finalement, on s'inquiète aussi pour le bien-être et le succès des élèves qui ne reviendront pas en classe.

La Fédération des établissements d'enseignement privés demande au gouvernement de s'assurer que les élèves vulnérables et en difficulté et leurs professeurs ait tout le soutien nécessaire afin d'éviter qu'ils prennent trop de retard ou décident de décrocher.

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