Un restaurateur de Montréal a reçu la visite d'un inspecteur « arrogant » de l’Office québécois de la langue française (OQLF) et est outré de la situation, surtout en contexte de pandémie, qu'il a dénoncée publiquement. Narcity s'est entretenu avec lui pour en savoir plus.

Le copropriétaire de la chaîne familiale de restaurant Kitchen 73, Carmine Anoia, a dénoncé sur les réseaux sociaux la visite d’un agent de l’OQLF dans son commerce de Rivière-des-Prairies, cette semaine. 

« Je lui ai demandé si les infractions sont imposées quand il n'y a que des chaises et des tables dans le restaurant sans affaires ? Il m'a ri au nez », écrit-il.

Le tout survient, alors que les bars et restaurants doivent fermer leurs salles à manger, COVID-19 et zone rouge obligent.

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Que s'est-il passé?

Jeudi après-midi, vers 15 h, un agent de l’OQLF s’est rendu au Kitchen 73 de boulevard Maurice-Duplessis à Rivière-des-Prairies. Le restaurant venait de fermer ses portes pour la journée.

L’agent a informé M. Anoia qu’une plainte avait été déposée à l’Office pour une « possible contravention » à la Charte de la langue française, peut-on lire dans un document remis au propriétaire, en lien avec l’enseigne de la façade.

Pourtant, selon le propriétaire, l’enseigne est à 80 % en français, avec « déjeuner-dîner+desserts » d’inscrit sous « Kitchen 73 ».

Carmine Anoia ressent d’abord et avant tout de la frustration.

« Les restaurants sont ébranlés par cette pandémie et ils [l’OQLF] reviennent avec un dossier réglé en 2013 pour me dire que je ne suis pas les normes », dit-il. 

Selon lui, le tout est contradictoire. « Il y a encore plein de noms anglais au Québec, comme Best Buy, mais ils s’acharnent sur les "mom and pops shops," les commerces familiaux [locaux]. »

Que dit l'OQLF?

L’Office québécois de la langue française s’est défendu, affirmant à TVA Nouvelles qu’elle était consciente du contexte de pandémie et tente de minimiser quelconques impacts sur les entreprises.

Elle a d’ailleurs confirmé que l’inspecteur s’est bel et bien identifié, a expliqué la raison de sa visite et a quitté les lieux sans procéder à l’inspection, comme l’a demandé le propriétaire, frustré.

Comme mentionné dans la lettre remise au commerçant, si contravention il y a réellement, l’inspecteur communiquera avec le propriétaire pour mener les changements requis. 

Un commerçant peut recevoir une amende située entre les 600 $ et 20 000 $, peut-on lire sur le site Web de l’OQLF. Le tout est doublé en cas de récidive. 

Avec la pandémie, comment se porte la chaîne de restaurant?

« C’est rough », affirme d’emblée le restaurateur. « On a que des take out et des livraisons Uber Eats, dont tu perds 30 % sur la vente. »

M. Anoia, dont les restaurants sont en zone rouge, ne s’en cache pas : « Ce n’est pas évident. »

Il affirme que dans son entourage, dans son « network de restaurateurs », plusieurs sont « durement frappés par la pandémie » et espère que le tout changera bientôt. 

Devront-ils fermer des franchises dans les prochaines semaines ou les prochains mois?

« Je ne peux pas vous confirmer ça aujourd’hui, mais je peux vous dire qu’on est assez solide pour passer au travers », avoue-t-il.

Il affirme avoir les moyens pour soutenir les restaurants pour quelques mois.

« Mais si le gouvernement Legault compte garder les restaurants fermés en raison de la pandémie, c’est une autre affaire. »

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