Deux policiers du Service de police de Montréal (SPVM) ont interpelé un jeune conducteur du nom de Lamine Sale Nkouendji, le 24 juin dernier, en début d'après-midi. Alléguant qu'il avait brûlé un feu jaune, ils lui ont posé une série de questions. Devenue virale, la vidéo soulève elle-même de nombreuses interrogations. Les gens trouvent les questions des policiers plutôt intrusives.

La scène, se déroulant au coin des rues Van Horne et Querbes, à Outremont, a été filmée par l'homme de 23 ans. D'abord assis derrière le volant, il tente de comprendre pour quelles raisons on l'interpelle.

Le policier souhaite avoir la parole en premier.

S'ensuit une série de questions : « Ça fait combien de temps que vous êtes au Québec? Qu'est-ce que vous faites dans la vie? Quand as-tu arrêté tes études? À quelle école et en quoi? Avez-vous votre carte étudiante? Votre dernière session, êtes-vous capable de me dire c'est laquelle? Avez-vous votre contrat de location du véhicule? Et quel est votre statut ici? »

Le jeune conducteur répond à toutes les questions. Le policier s'éloigne ensuite vers son propre véhicule, sans toutefois répondre aux interrogations du jeune homme et laissant ce dernier perplexe.

Peu après, les policiers souhaitent saisir le véhicule parce que le conducteur a plusieurs amendes impayées à son dossier.

Nkouendji demande à ce qu'un ami vienne chercher le véhicule, et demande du temps pour récupérer ses effets personnels, ce que les policiers refusent. Le tout pousse alors les policiers à procéder à son arrestation pour entrave à leur travail.

Une personne filmant la scène affirme que les policiers utilisent du poivre de Cayenne pour le maîtriser. Cette information n'a pas été confirmée. On peut toutefois entendre l'homme crier de douleur. 

Sur les réseaux sociaux, où la vidéo est devenue virale, les gens se demandent entre autres si de telles questions sont normales lors d'une interpellation pour un feu jaune, et si elles auraient été posées à une personne à la peau blanche.

Sur le site d'Éducaloi, un OBNL qui tâche d'informer les citoyens québécois de leurs droits, on dit que « les policiers peuvent vous poser des questions en tous lieux (sur la rue, dans un parc, etc.). Mais vous n’êtes pas obligé de répondre à ces questions. »

Une personne est cependant tenue de s'identifier lorsqu'elle commet une infraction, lorsqu'on la soupçonne d'avoir commis une infraction ou lorsqu'elle est au volant d'un véhicule motorisé.

Contacté le 1er juillet en début de journée, le SPVM refuse pour l'instant de commenter la situation.

« On ne peut pas commenter l'intervention. Il faut comprendre qu'il y a des procédures judiciaires qui sont en cours dans cette intervention-là. C'est sûr que pour ne pas nuire à ces procédures, il n'y a pas de commentaire qui sera émis », explique Véronique Comtois, porte-parole pour le SPVM.

Arrêté, le jeune homme a ensuite été libéré avec citation à comparaître, faisant face à quatre constats d'infraction. « Plusieurs infractions au code de la sécurité routière auraient été commises », termine Comtois.

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