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En mai dernier, la SPCA a procédé à l'arrestation de Norman Trahan, le propriétaire du Zoo de St-Édouard situé en Mauricie, pour cruauté animale. On expliquait que l'homme faisait face à des accusations criminelles de cruauté et de négligence envers les animaux. C'était la toute première fois, au Québec, que des accusations de ce genre étaient intentées dans une affaire de cruauté animale.

Depuis le 21 mai, on procède donc à l'évacuation des animaux et la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a ordonné, le 3 juin, la fermeture complète du Zoo de St-Édouard puisqu'il était « impossible pour les travailleurs de prodiguer les soins nécessaires aux animaux de façon sécuritaire en raison des nombreuses défaillances des installations. » Seuls les travailleurs qui s'occupaient des animaux le temps qu’ils soient tous évacués étaient autorisés. Bref, tout le monde était sur le dossier alors que l'enquête de la SPCA continuait. 

Hier, un juge a accepté la demande de faire lever les scellés sur les mandats de perquisition et dossiers de la SPCA sur la situation au Zoo de Saint-Édouard, et on apprend que c'est encore pire que ce qu'on pouvait imaginer. Il n'y a pas seulement eu négligence, mais plaintes de visiteurs attaqués par des animaux, notamment de jeunes enfants qui ont été mordus et griffés selon Le Nouvelliste. 

On cumule plusieurs rapports vétérinaires entre 2016 et 2018. Radio-Canada dévoile que « plusieurs animaux ont été contraints de manger des aliments souvent contaminés par leurs propres excréments et que, dans certains cas, ils ne pouvaient pas boire parce que l’eau qui leur était accessible était complètement gelée. »

La situation durait depuis des années selon Sébastien Henley, un ancien vétérinaire employé par le zoo qui aurait cessé d'y travailler à cause du propriétaire, Normand Trahan. L'homme a participé aux dénonciations alors qu'il a recommandé des soins d'urgence et traitements à certains animaux, chose qui a été refusée, faute d'argent. 

L'homme fait référence à trois lémurs qui présentaient des engelures importantes avec nécrose aux doigts. Alors que la situation était critique, l'expert aurait conseillé au propriétaire d’apporter les lémurs à un spécialiste « pour évaluation et amputation chirurgicale des extrémités », explique Radio-Canada. Le propriétaire du zoo aurait refusé, laissé les lémurs dans cet état pendant une semaine, et même affirmé que « que les animaux pourraient encore se reproduire malgré les engelures ».

Les mains et pieds auraient nécrosé jusqu’à tomber, et Dr.Henley aurait donc recommandé l’euthanasie vu la souffrance des bêtes, chose qui a aussi été refusée. C'est à ce moment que l'homme a arrêté de travailler pour le zoo, après un peu moins de deux ans de collaboration.

Selon le même acte, on apprend également qu'une lionne nommée Layla aurait aussi vécu la misère dans ce zoo avant d'être tuée par balle par le propriétaire, en 2017. Selon l'homme, elle a été tuée parce que les traitements vétérinaires n'auraient pas fonctionné. Toutefois, dans les rapports obtenus par la SPCA, on apprend rapidement pourquoi ils n'ont pas fonctionné: les traitements recommandés par les vétérinaires n'ont pas été faits jusqu'au bout et le propriétaire aurait refusé de faire des radiographies ou de retourner à l’hôpital vétérinaire de Saint-Hyacinthe avec Layla pour des raisons financières.

Ce n'est pas des situations isolées, alors qu'entre 2012 et 2017, le Ministère aurait traité une dizaine de signalements pour l'insalubrité des lieux et les mauvaises conditions de garde des animaux. Dans le même document, on peut lire que Trahan aurait procédé à la vente d'animaux exotiques afin de les offrir comme trophées de chasse.

La SPCA a convenu que les animaux ne recevaient pas les soins convenables, étaient victimes et cruauté et de négligence depuis plusieurs années. Selon le rapport, les espaces étaient insuffisants et les équipements pour protéger les animaux du froid et du vent étaient majoritairement absents. Certains animaux étaient en danger imminent d’engelures ou de choc thermique pouvant conduire à la mort.

Lors de la perquisition d’octobre 2018, Trahan aurait admis que la plupart de ses animaux n’ont jamais été examinés par un vétérinaire et ne pas leur apporter de traitements lorsqu’ils sont malades. Les animaux trop malades étaient cachés du public, ou vendus. 

Alors qu’il y a aussi eu perquisition à son domicile, la SPCA a découvert des cadavres de deux tigres, d’un grand-duc et d’un faisan doré dans une chambre froide. 

Les animaux n’étaient pas les seules victimes dans cette situation. Selon un document remis par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, plusieurs incidents sont survenus entre 2015 et 2016, comme un enfant mordu à l’oreille par un lionceau blanc, un enfant griffé par un macaque et trois adultes mordus par un jeune zèbre.

Normand Trahan se bat toujours contre la SPCA alors qu'il demande l'annulation des mandats de perquisition, et la remise des biens saisis incluant la soixantaine d'animaux. L'homme a été remis en liberté sous plusieurs conditions en attendant son retour en cour. 

 

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