Peut-être penses-tu que tous mes articles reviennent à dire que l'amour c'est d'la marde. Oui. Non. Un peu des deux. L’amour c’est-tu d’la marde? Honnêtement, j'ai pas la réponse. J'espère au fond de moi que la réponse est non, l'amour c'est pas d'la marde. Mais je le sais pas.

La seule affaire que j’sais, c’est que l’amour comme dans les films de Disney, ça existe pas. John Smith avait dit à Pocahontas ; plutôt mourir demain que vivre un siècle sans t'avoir connue...À 7 ans, j’avais trouvé ça tellement touchant. À 30 ans, j’trouve que ça fait très dépendant affectif et moyennement attachant.  

Via joshrh19

J'pas une pessimiste de l'amour. J'tune réaliste. J'pas rabat-joie. J'pas plate. J'pas plus brisée qu'une autre. J'vois juste toutes les possibilités derrière tout ça. J'le sais que c'est pas seulement du gros beau temps plein. J'aimerais mieux être naïve, pure et croire en l'amour éternel absolu, simple et sans effort. Mais j’pas née en m’appelant Princesse Utopie.  Dis-toi que j'aimerais ça être ta bouée pour mieux aller, mais tout c’que j’peux t’offrir, c’est mes histoires foireuses.

Pourquoi j'te dis ça? C'est partit d’une soirée banale. J'reviens de travailler. Mensonge blanc. J’ai bu plus longtemps que j’ai travaillé mettons. J'ai été coupé tôt au resto. On décide d'aller manger avec ma douce collègue la p'tite mère. Bois une bouteille de Côtes-du-rhône.  Partage des entrées. Dont une salade césar qui goûtait rien. Y'a rien qui m'insulte plus que de la bouffe décevante. J'ai envie de me lever sur le bar et de crier QUI GOÛTE VOS OSTIS DE PLATS? OÙ EST LA SAVEUR. Mais je m'abstiens par politesse.

Via pablomerchanm

Tsé une belle soirée spontanée, sans excès, sans folie, juste des rires, des potins, un peu de bitcherie on the side pis du gros fun. L’monde autour est laitte. J’aimerais ça être dans une bulle avec ma chum, j’ai pas envie d’interagir avec qui que ce soit, surtout pas avec la serveuse à la voix ben trop aiguë. Moi, une serveuse qui vient me voir 3x en 5 minutes et qui finit par dire ‘c’est juste que j’ai hâte de vous servir’ criss que ça deviendra jamais mon amie. Calmos le tacos. Pas besoin de faker d’avoir le bonheur au niveau double rainbow, fait juste être un humain normal.

J'suis dans mon char en revenant pis j'entends une toune d'Adèle. Classique toune de braillage. Voilà, ça m'en prenait pas plus pour venir chercher la p'tite émotion. J'rentre tu seule dans mon appart. Jase à voix haute pour combler le silence un peu trop insistant, me fait couler un bain, verse de la mousse pour le corps comme bubble bath, dépose le laptop sur la bol, Sex Education et me plonge dans l'eau bouillante. Pis part à pleurer. 

Via alexiby

J’réfléchis à pourquoi, pourquoi j'suis toute seule, pourquoi ça pas marché avec mes ex? C’est facile de se dire que c’est la faute des autres, qu’on tombe sur des trous de cul pis des vilains garçons. Ça nous réconforte, fait un baume sur notre plaie temporairement. C’est comme pousser la poussière en d’sous du divan. Ça peut toffer un bout. Mais quand tu te tannes pis tu décides de faire le grand ménage dans ta tête, tu te rends compte que la réponse est pas si facile. Pis que ça fait longtemps que tu repousses l’inévitable.

Parce que c’est aussi pas mal de ma faute si ça jamais marcher. Pour le peu que j'ai aimé en tout cas. Je sais pas aimer. J'aime trop. Trop fort. J'aime mal. J'ai l'amour exigeant. J'ai l'amour englobant. Je veux voir l'autre tout le temps. Tout le temps. Un osti d'amour rushant. Qui criss la chienne. Un amour difficile à vivre. J'ai l'amour épidermique. L'autre me colle à peau. J'essaie d'être smatt pis détachée. La Merlin qui s'en criss. Mais j'pas capable. J'deviens la pire version de Merlin, Merlin la toute-pétée. Merlin décalissée qui aime mal, mais qui essaie. Sauf que ça fait peur. C'est trop intense. Trop toute.

J’essaie d’me contrôler, de calmer ma folie amoureuse pour pas effrayer l’autre. Parce que j’le sais que d’être envahissante et étouffante c’est pas la bonne manière d’aimer. J’travaille sur moi. Pour pas être cette fille-là qui m’écoeure.

On dirait toujours que y’en a un qui aime plus que l’autre dans un couple. J’pense que ce un-là, c’est tout le temps moi. J’pense même pas que mon amour est beau parce que j’veux trop. J’veux tellement que si je sens que l’autre m’aime pas ou m’aime moins, j’vais redoubler d’efforts pour qu’il m’aime. Quitte à me perdre là-dedans et à être super malheureuse. Courir après l’amour de quelqu’un ça draine de l’énergie, autant dans tête que physiquement. Y’a pas de limite, c’est comme courir un marathon ou y’a pas de ligne d’arrivée. T’essaies tout le temps.

Via praveesh

J’pensais que la pire question à se poser c’étaitpourquoi il m’aime pu’, mais j’me suis rendu compte que la pire c’est pas mal ‘comment j’peux faire pour qu’il m’aime’. L’amour à sens unique ça fait mal, c’est dévastateur, mais pas l’accepter pis te rendre malade pour que ça marche, c’est ben pire. J’t’écris ça, pis j’suis très lucide. J’le sais que c’est pas sain.

J’en ai pas aimé beaucoup des gens. Ça se compte sur les doigts d’une main qui a eu un accident de menuiserie. J’ai été en couple avec des gens sans nécessairement les aimer, juste en étant bien avec eux, en étant confortable. J’suis en amour comme dans ma vie, aux extrêmes. Je dose pas, j’ai aucun équilibre. J’protège pas mon cœur quand j’aime, je l’expose pis j’me rend super vulnérable.

Jusqu’à même accepter de rester dans des situations qui m’ont fait du mal. Des situations où je devrais dire ok je décalisse. J’ai enduré des relations qui m’ont plus fait pleurer que rire. Des relations qui m’ont amené à me poser des questions sans bon sens. À me demander si c’était ça que je méritais réellement. Si j’étais destinée à être aimée comme j’aimais, mal.

Et je pense pas être la seule là-dedans. Y’a clairement eu une journée où ta poitrine s’est serrée, une contraction dû à la peine, mais tu voulais pas pleurer, tu voulais garder ça en d’dans. C’était pas dû à grand-chose, une p’tite niaiserie, une affaire ridicule et sans importance pour lui sûrement, mais pas pour toi, pis ça venait de péter ta bulle de vie amoureuse parfaite. Tu t’es dit de pas trop t’en faire avec ça, que ça passerait et que tu arrêterais d’y penser.

Mais non. T’as réalisé que ton chum était peut-être pas aussi gentil qu’il devrait l’être avec toi. Tu sais que tu mérites mieux. Mais tu te dis qu’en faisant des efforts à l’infini ça allait marcher, qu’il allait vouloir que tu sois heureuse, te prouver que ton bonheur passait avant le sien. Ben non.

Si tu filtres ce que tu dis à tes amis pour pas qu’elles aient une mauvaise opinion de ton chum, pose-toi des questions. Si tu te forces à changer plein d’affaires pour l’autre, que tu passes ton temps à te faire critiquer, que tu vois pu tes amis parce que c’est lui ton centre de l’univers, que tu fais jamais rien de correct, que tu reçois jamais de compliment, de douces attentions. Pis les blagues méchantes, c’est non. Les blagues, c’pas le véhicule de tout ce qui te passe par la tête, pis ça passe parce que c’est supposément drôle. Tu t’excuses, tu veux trop lui plaire pis tu doutes de toi.

Ça m’a pris ben du temps à réaliser que j’en acceptais beaucoup trop. Que j’ai pas été traité et aimé comme j’aurais du. Que je m’embarque dans des relations dans lesquelles je me sens pas valorisée. J’endure en me disant qu’un moment donné le vent va tourner pis ça va bien aller, l’autre va se rendre compte que je suis fantastique et m’aimer aussi fort que je l’aime.

Mais ça arrivait pas. Je faisais passer l’autre avant moi, avant mon propre bonheur. C’est ben le fun être à deux, mais ça dépend juste du bonheur de l’un. Quand y’en a un qui se fend le cul pour que ça marche pis que l’autre profite de la situation sans rien donner en retour, c’pas ça l’amour. Pis j’pense pas que les deux finissent heureux.

J’pense qu’aujourd’hui ça me tente pu. Me tente pu de faire des efforts inutiles pour entretenir du vide. Si tu m’aimes pas, décalisse. Si tu m’aimes pas comme je suis, décalisse. Si tu veux pas faire partie de ma vie, décalisse. Si t’es pas prêt à faire les efforts nécessaires pour que j’me sente bien après une journée de marde au bureau, décalisse. C’pas à moi à tout faire.

J’aime mal. Je le sais. Mais j’aime. Sans méchanceté. Du profond de mon cœur. Pis c’est pas forcé. J’mérite une paire de bras chauds et doux prêts à m’enlacer quand on a fini de pelleter le driveway. J’mérite du respect, de la gentillesse pis des attentions délicates. Pas d’être prisonnière de relations qui me font de la peine. J’pas condamnée au malheur en amour. Pis toi non plus.

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici. 

 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

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