On dit que tout ce qui a un début a inévitablement une fin. Que le destin joue en notre faveur et qu’il faut lui faire confiance ; rien n’arrive pour rien. Moi, j’aime croire en ce destin. J’aime croire que la vie est bien faite et j’aime croire qu’au final, je mérite toutes les belles choses qui m’arrivent. Pour ce qui en est des mauvaises, elles sont là pour m’apprendre et me faire grandir. Mais toi, j’t’ai pas mérité. 

J’ai pas mérité notre fin. De me retrouver pliée en deux, me demandant si j’allais un jour avoir la force de me relever. J’ai pas mérité notre grande histoire d’amour. Pourquoi moi, la girl next door, j'ai eu la chance de vivre ce bonheur si inexplicable? J'ai pas mérité d'être autant victime de mes émotions, toujours prête à faire l'impossible pour te rendre heureux. Et surtout, je ne mérite pas de toujours souffrir, même à ce jour.

Le temps passe, et la gale reste. Je ne joue pas avec, mais elle n’arrête pas de tomber. Le processus de guérison est sans fin. Dès que le mal semble disparaître, la gale s’arrache et je me retrouve la peau vive. Ça brûle, et c’est en permanence. Un jour, j’aime croire que le destin y déposera un band-aid magique, et je pourrais enfin m’endurer. Mais j’ai peur, que même avec le bobo parti, qu’une cicatrice y reste. 

J’ai peur de me retrouver 15 ans plus tard, toujours à me questionner sur comment tu vas et ce que tu fais. De vouloir savoir comment s’est passé ta journée, et ce que t’as mangé pour dîner. Tous ces détails sans importance, j’ai peur qu’ils soient tout sauf sans importance à mes yeux, même des centaines de journées et des centaines de dîners plus tard. 

J’ai peur d’entendre une nouvelle chanson à la radio et avoir le réflexe de vouloir te texter pour t’en parler. Parce qu’elle est trop bonne, et je suis certaine que tu l’aimerais. J’ai peur que ces chansons qu’on écoutait les vitres baissées les soirées d’été, et le chauffage au max les matins d’hiver, n’arrêtent jamais de me faire penser à toi. Leurs paroles me font chaud au cœur, leur rythme me le fait vibrer, et leur rappel du « nous » me le brisent. Je veux pouvoir danser sur ces chansons sans retenue, sauter plus haut que le plafond, sans me sentir démolie plus bas que le sol. 

J’ai peur qu’aucun autre gars ne t’accote. Que tu sois lui qui rend tous les autres…inintéressants. Ou bien que même si ces autres gars trouvent une place dans ma vie, que ta présence ne cesse d’occuper mes pensées. J’ai peur de demander à mon nouveau chum s’il se souvient de ce roadtrip qu'on a fait jusqu'en Gaspésie, et puis qu’il me regarde avec un point d’interrogation dans la face parce que dans l’fond, j’me trompe et c’est avec toi que je l'ai fait. J’ai peur de ne pas être capable de créer des souvenirs aussi magiques avec ceux qui ont eu le malheur de me rencontrer après toi.

J’ai peur que ce destin, il ne croit pas en moi autant que je crois en lui. J’attends, et je laisse le temps passer, mais c’est long. Je t’ai aimé longtemps et j’imagine qu’aussi long sera le deuil. J’espère que le temps arrangera les choses. J’espère, un jour, pouvoir fréquenter des gars qui te surpassent au lieu de ne pas t’accoter, et de danser et sauter plus haut que le plafond quand le DJ joue mes chansons préférées. J'aimerais pouvoir aimer aussi fort je t'ai aimé. Mais je mentirais si j’te disais que je n’ai pas peur de ne jamais arrêter de t’aimer complètement.

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