Hier soir, j’étais en direct à la télévision. Je ne connaissais pas les questions qui allaient m’être posées alors je n’ai pas eu le temps de préparer ce que j’allais dire. J’en ai eu quelques unes bien simples comme «Quelle est ta garniture de pizza préférée?»… «Hawaïenne, duh.» Jusqu’à ce qu’on arrive à la question «De quoi as-tu le plus peur?» Je sais qu’ils s’attendaient à une réponse comme «les hauteurs», mais non. La première chose qui m’est venue à l’esprit c’est «la mort.» Vraiment lourd comme réponse pour une émission jeunesse.

Dans l’avion sur le chemin du retour, j’ai repensé à ce que j’ai dit en me trouvant un peu niaiseuse. J’aurais tellement pu dire quelque chose du genre «péter en direct à la télévision» pour faire ma comique, à la place. Parce qu’honnêtement, dans le concept de mourir, c’est l’inconnu qui me fait réellement peur. Je n’ai tout simplement pas envie d’avoir mal. C’est plus ça, le réflexe humain en général, il me semble. Être effrayé de souffrir.

Ce n’est pas de regarder en bas d’un immeuble qui fait peur, c’est de s’imaginer tomber. Ce n’est pas la vitesse au volant, c’est de s’imaginer crasher. Ce n’est pas de vivre une rupture amoureuse, c’est d’avoir le cœur brisé. C’est pour ça que tellement de gens restent dans leur confort sans ne jamais en sortir. Ils ont peur d’être confrontés à la peur. Confrontés à quelque chose qui pourrait les faire souffrir.

Pourtant, il me semble que la logique des opposés a déjà fait ses preuves. Pour ne jamais avoir peur de tomber, il ne faudrait jamais monter plus haut. Pour ne jamais avoir le cœur brisé, il faudrait s’empêcher d’aimer. Le confort est donc loin d’équivaloir au bonheur. Imagine, tous les beaux sentiments que l’on s’empêche de vivre en se privant.

Sortir de sa zone de confort c’est effrayant, j’en conviens. Tous les jours de ma vie, je vis des angoisses. J’ai peur de perdre mon travail, mes amis, ma santé, mon argent, ma famille, mon amoureux. J’ai peur parce que je fais ce qui me passionne, parce que je m’entoure de gens que j’aime et parce que je cours après les expériences. Je mets mon confort sans arrêt en péril en poussant plus loin que ce que je connais, en aimant plus fort et en misant plus haut.

J'ai peur.

Pis j’pense que toi aussi, tu devrais te laisser avoir peur.

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