Quand j’étais jeune, j’pensais que c’était si simple. Que quelqu’un entrait dans ta vie, que ça durait le temps que ça durait, que sa se terminait d’une manière ou d’une autre, et puis que tu passais à autre chose (ou plutôt à quelqu’un d’autre). En tant que hopeless romantique, j’comprends même pas comment j’pouvais penser que même moi, j’étais plus forte que mes émotions. Mais j’ai vieilli, et puis j’t’ai rencontré.

Si j’avais su qu’après 5 ans notre relation serait toujours à la même case, j’pense bien que j’aurais choisi de passer par GO et collecté mon 200$. C’est pas que j’regrette de t’avoir rencontré, mais j’regrette qu’après 5 ans, on ait toujours pas trouvé une manière d’être heureux, ensemble.

J’me dis que si on est toujours là après tant de temps, c’est qu’on en vaut la peine. J’me dis aussi que si on était faits pour être ensemble, il y a longtemps qu’on aurait trouvé une manière de l’être.

Peu importe où t’es rendu dans tes études, où moi j’suis rendue dans la province, on ne semble jamais pouvoir mettre l’autre dans l’passé. C’est épuisant, mais c’est aussi un épuisement merveilleux qu’après tout c’temps, notre appréciation et notre admiration l’un pour l’autre survie toujours. Que j’t’appelle à 3h le matin pour un lift, à 5h de l’après-midi pour célébrer ma promotion, tu seras toujours là pour répondre.

Mais t’sé bé, t’es l’gars que mes amis détestent le plus (même plus que mes ex qui m’en ont fait voir de toutes les couleurs). Ils savent que t’es ma faiblesse, qu’un seul message de ta part me ramène à la case départ. Ils haïssent que tous leurs efforts à essayer de m'matcher avec « le gars full-cute-dans-le-département-des-ventes-à-leur-job » n’aboutissent jamais à rien (pis que c’est un peu de ta faute). Parce que même si on n’est pas ensemble, c’est comme si j’attendais qu’on aille enfin la chance de l’être. Pis que donner une chance au gars-full-cute-dans-le-département-des-ventes-à-la-job de mon amie, ça nous enlèverait toutes les nôtres.

Alors comme d’habitude, j’me convaincs que j’suis bien célibataire, que j’suis bien dans ce qu’on est. Ou bien j’embarque dans différentes relations sans y mettre trop de moi, parce que je sais que ce n’est qu’une question de temps avant que tu réapparaisses et me convainques que j’serais mieux avec toi.


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Mais bé, j’suis tannée de bencher. De regarder les autres jouer sur le terrain alors que j’attends sur le côté. Pis dans l’fond, j’attends quoi? Que tu matures? Que le timing soit le bon? La maturité et le timing, c’est des concepts, t’sé. Ça veut rien dire. C’est d'attendre quelque chose qui n’a aucune date de livraison. Pis je sais qu’on est jeune, et qu’on a toute la vie devant nous, mais j’sais pas si j’ai l’goût de t’attendre une vie complète.

En toute honnêteté, j’pas sûre de s’que j’essaye de te dire ici. De me laisser passer à autre chose? De nous donner une chance? De disparaître de ma vie? Malgré les nuits où j’ai trop perdu de sommeil à penser à nous, les dîners sans fin avec mes amies à sur-analyser tes agissements pour y comprendre quelque chose (les filles, j’sais pas s’que ferais sans vous), les dates ratées avec des gars qui ne comprenaient rien à mon sens d’humour, j’pas prête à nous changer.

T’es peut-être pas mon chum, ni un ami, mais t’es mon filet de sécurité. Pas dans l’sens que t’es un back-up, dans l’sens que j’vais toujours pouvoir compter sur toi, et toi sur moi. Tu sais très bien que j’pourrais être en couple avec un autre, mais que j’te ferais quand même toujours passer en premier.

Je sais que c’est malsain, je sais que c’est grugeant, pour toi, pour moi, pour ceux qui nous voient aller. Je sais que j’devrais soit prendre le contrôle d’la situation, et mettre fin à cette incertitude qui ne se termine pas. Ou bien nous donner une chance d’être ensemble, for real pour une fois. Pas à moitié comme on l’fait depuis 5 ans.

En espérant qu’un jour, on s’tanne de s’tenir dans le cadre de porte. Qu’on fasse enfin le move qui aurait dû se faire il y a des années. Qu’on passe la porte et qu’on rentre, ensemble, ou bien qu’on aille chacun de notre bord. J’peux pas te promettre que ça sera le grand amour, mais j’peux te promettre que c’est la seule manière d’arrêter de s’empêcher de vivre.


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