Si tu m'avais rencontré il y a deux ans, tu aurais probablement appris que j'avais 3 phobies dans la vie: les film d'horreurs trop intenses, les hauteurs et dire « NON ». J'étais vraiment la personne sur qui tu pouvais toujours compter pour un service ou quand tu étais vraiment mal pris, parce que tu savais que j'allais toujours accepter et être là pour toi...

Même si ça vient avec ses avantages, tu te rends rapidement compte que c'est loin d'être rose d'être la catin de service qui n'est pas cabable de s'exprimer.

Je regardais les autres avec envie. Tu sais ce genre de personne que le mot « NON » ça coule de leur bouche comme dans un ruisseau? Bien moi, c'était plus un ruisseau dans le sahara : c'est-à-dire totalement inexistant.

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Pourquoi j'avais autant de difficulté à refuser? C'est le mot que tu apprends au début de ton existence, après « papa » et « maman ». Peut-être que mes parents l'ont skipé dans mon éducation? Ou au contraire, on m'a trop appris que dans notre société c'est mal vu de dire « NON ». C'est associé au négatif et ça, ça fait mal aux gens. Tsé personne ne voudrait se faire rejeter, alors pourquoi tu le ferais à quelqu'un?

Tu te rends rapidement compte qu'il y a des choses qui sont pas mal plus dures que de refuser, comme le poids du regret de ne pas avoir dit « NON ».

Parce que quand tu as ce problème, tu fais pas juste accepter de sortir le chien du voisin le mardi matin. Tu te retrouves assez souvent avec l'horaire le plus chargé en ville. Tu as accepté de faire des heures supplémentaire au bureau pour une soirée bénifices, tu remplaces quelqu'un le vendredi alors que tu as toujours congé le vendredi et tu dois aller porter une de tes amis à l'épicerie parce qu'elle n'a pas d'auto et toi oui...

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Et ça c'est assez plate, mais ça s'endure. Par contre, de devoir aller dans une date avec quelqu'un pour qui tu n'as aucun intérêt ça c'est plus difficile. De devoir l'embrasser parce que tu ne voudrais pas briser son petit coeur, ça s'est inacceptable.  Tu t'es probablement dit : « Pauvre gars! Je peux pas lui faire ça! », quand ce que tu aurais dû te dire : Pauvre moi! Je ne peux pas m'infliger ça.

Et puis ça, c'est quand tu t'en tiens seulement au baiser... Parce qu'on va se le dire, si ça ne te tente pas de faire quelque chose, c'est le temps que tu réalises que tu n'es pas obligé de le faire pour plaire.

Tu as peut-être eu l'impression de te sentir pas propre, ou encore pire : presque violé, mais le plus triste dans tout ça c'est que le seul criminel c'est toi!

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Quand j'ai appris tout récemment que quelqu'un dans mon entourage avait vécu un abus, j'ai réalisé que cette personne n'avait même pas eu le choix d'accepter ou de refuser. Alors que moi je n'utilisais même pas mon droit quand j'en avais l'occasion par peur de blesser. Disons que ça te remet les perspectives à la bonne place.

J'ai donc commencé par des petits « NON », le genre qui n'est nécessaire mais qui fait un bien fou. Pas besoin de te dire que j'ai pas mal sauvé de temps avec les aides humanitaires dans le métro.  Par la suite, j'y suis allé avec les « NON » du genre : « Nahh, je peux pas te remplacer vendredi prochain, c'est mon seul congé et je ne veux vraiment pas péter au frette dans 2 ans. »

Donc maintenant, si jamais tu me poses une question il y a de fortes chances que tu ne puisses plus anticiper ma réponse... Et crois-moi y'a rien de plus satisfaisant qu'être maître de sa vie.

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