Bon on va se dire les vraies affaires. Le virus circule encore. On est pas tout à fait complètement déconfinés. Mais dans nos coeurs, on l'est. On peut se voir entre amis pour un BBQ, qu'est-tu veux de plus? Rester à deux mètres? Si tu veux! Ça me ferait plaisir, mais 10 personnes, à deux mètres les unes des autres, je suis pas mathématicienne, mais ça te prend une cr*ss de grande cour. 

Pis je sais que tout le monde a triché au moins une fois. Je suis pas là pour vous juger. Respecter les règles c'est souvent très à chier. Surtout si ça implique de s'isoler et nous empêche de rigoler.

Mais bon, on lâche pas, on va passer au travers. 

La question qui m'intéresse ; qui a daté durant le confinement?

Levez vos dildos bien haut. Je ne suis sûrement pas la seule qui s'est permis quelques escapades exotiques. En fait, j'ai été ben tranquille au début, j'ai respecté les consignes durant deux bons mois.

Pas vu d'amis, pas sortis pour rien de la maison, pas voyager dans une autre région, j'ai suivi les directives et pris les bonnes décisions pour le bien commun. J'ai même essayé le dating virtuel aka se Facetimer 3x par jour pour se demander ce qu'on a mangé.

Jusqu'à tant que je le fasse pu.

Sans bar ou resto où dater, ça limite pas mal les possibilités. Alors j'ai instauré les apéros ruelle. Deux chaises pliables de camping d'un bord pis de l'autre de la ruelle au gros soleil, une bouteille de bulles et hop. Vous voilà sur une terrasse clandestine.

On se fend en deux à vouloir innover pour ouvrir des speakeasy cachés derrière des garde-robes pour se donner l'impression de vivre un thrill.

Quand tu risques une amende de 1 500 $, ça crée un p'tit thrill aussi ma te dire. 

Faque p'tit dating tranquillos. Aucune attente. Aucun papillon. Comme d'hab quoi. Le dating qui foire, c'est le dating qui t'amène aucune question. Ça clique pas, on passe à autre chose.

On a même pas besoin d'y réfléchir ou de faire des gros moves, tout se fait tout seul, comme un automatisme. On se ghost, on efface le # de cell.

Ça nécessite même pas l'utilisation d'un muscle. 

J'veux dire, on est une méchante gang de femmes qui sont même pu déçues. Un peu au-dessus de la mêlée du dating. On regarde tout ce qui se passe d'en haut, de notre position de fille qui en ont vu d'autres.

On date sans trop d'intérêt, comme s'il le fallait. On passe d'un à l'autre sans s'en cr*sser, mais sans s'attacher. 

Qu'est-ce qu'on veut vraiment? On recherche quoi ultimement? On veut se matcher? Pour la vie? Pour une nuit? Pour le confinement? On veut passer le temps? On est prisonnier dans nos vieilles habitudes? On a peur de la solitude? On veut se faire payer à souper?

C'est exactement le genre de questions qu'on se pose pas vraiment. Jusqu'à temps que tu rencontres quelqu'un avec qui ça clique.

Ça te f*ck la tête. 

Parce qu'on va se le dire, personne est vraiment préparé à faire entrer quelqu'un dans sa vie. Simplement parce que la majorité du temps ça foire pis qu'on aime un peu ça de même.

C'est plus simple. Les changements, ça brasse en d'dans. Pis qui a le temps pour ça? Se poser des questions? Développer des sentiments? Se dire que l'inévitable va arriver, ça va foirer, pis le coeur va nous fendre en deux pis on va revenir à la case départ. Encore un ti peu plus brisée qu'avant. Au fond, on se dit qu'on fait juste s'épargner d'avoir de la peine. 

Ça sonne bien dire dans un souper de famille qu'on veut rencontrer l'âme soeur pis qu'on est prêt à être en couple et faire notre vie avec quelqu'un. Le dire pis y croire, c'est deux affaires ben différentes. 

Pis quand ça marche avec quelqu'un? Ça te fait un grand frisson le long du dos. T'avais jamais envisagé la possibilité qu'un jour ça marche, les couples, c'est pour les autres, c'est un conte de fées, pis t'es pas une fée.

T'es au pied du mur. T'as pu le choix de te demander ce que tu veux. T'as pu le choix de déterrer la marde dans le fond de ta tête pour te demander si t'embarques. Ou si tu te trouves mille excuses parce que finalement, t'es pas prêt du tout.

T'as la grosse chienne. Célibataire endurcie, ma vie est toute tracée, je poursuis ma carrière pour amasser du cash, voyager, vivre fort à chaque fois que ça me tente, mon avenir est tout fait dans ma tête. Pis y'a pas d'autre personnage avec qui je partage le scénario.

Pire, j'associe le fait d'être en couple à quelque chose de restrictif pis un peu négatif. Comme si ça allait m'empêcher d'être moi, me demander de changer mon mode de vie, ou de mentir pour continuer à vivre.

Juste le mot couple m'effraie terriblement. 

Certain que si on rencontre quelqu'un, notre liste de contre va être ben plus longue que les pour.

Sabotage, j'arrive.

Toutes les excuses vont être bonnes; t'as pas le temps, le timing est pas bon, ta mère l'aimera pas, son linge est laitte, il est allergique au chat, tu vas chercher la bébitte pour pas te lancer là-dedans. Pis c'est sûr que tu vas trouver 1000 raisons de rester célibataire.

Juste le fait de pouvoir chier chez vous sans partir la douche en présence de l'autre est un immense point positif. 

Donc je pense que c'est important de se questionner sur le pourquoi on date. Et si on est vraiment ouvert à plus.

Parce qu'on sait jamais ce qui peut arriver! Y'a rien de plus facile pour notre génération que de dater, d'enchaîner les fourrates pis les fréquentations. On s'ouvre le coeur à moitié, on s'écarte plus facilement. Les rapprochements c'est plus simple que les sentiments. 

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.