Quasi impossible de louper la mythique enseigne Farine Five Roses qui domine le bassin Peel et le Silo no 5. Gamine, j’étais fascinée par cette icône du patrimoine industriel de Montréal que l’on peut apercevoir à des kilomètres de distance. La nuit venue, elle illumine les cieux de la métropole de sa lumière rouge, telle une veilleuse apaisante: feels like home.

Connait-on vraiment ces lettres néon bien ancrées dans le paysage montréalais et sont-elles une source d’inspiration pour les artistes?

1. Depuis 1948

En 1948, un emblème de la métropole voit le jour. Hissées sur le toit de la plus importante minoterie montréalaise, les immenses lettres cerclées de blanc s’empourprent au coucher du soleil. Cet aménagement fait dès lors la renommée de la fabrique.

2. Jamais deux sans trois

L’enseigne telle qu’on la connait aujourd’hui n’a pas toujours porté ce nom. Appartenant alors à l’entreprise Ogilvie Flour Mills, FFR se nommait « Farine Ogilvie Flour ». Puis, en 1954, lorsque l’entreprise s’est approprié Lake of the Wood Milling, l’enseigne est devenue « Farine Five Roses Flour ». Ce n’est qu’en 1977 qu’elle se départit du terme « Flour », suite aux nouvelles règles sur la prévalence du français. Qui sait, peut-être changera-t-elle encore d’appellation dans les années à venir?

3. Pérennité menacée

En 2006, l’inscription Farine Five Roses est en péril. Lorsque Smuckers s’approprie les droits de la marque ADM (Archer Daniels Midlands), l’enseigne reste éteinte pendant deux semaines. Une escouade d’activistes patrimoniaux monte alors au créneau pour sauvegarder la fameuse enseigne. L’implication de l’organisme défenseur du patrimoine montréalais, Héritage Montréal, s’implique et lance un appel à la mobilisation. Ça a fonctionné, puisque les lettres se sont mises à s’illuminer quelques jours plus tard. On a bien failli perdre un symbole emblématique de la ville!

Crédit photo – Flickr

4. On aime ou on déteste

Fleuron du paysage urbain, les opinions sont mitigées sur FFR. D’un côté, l’enseigne est vue comme le troisième repère urbain le plus important de la ville, selon un sondage de La Gazette paru en 2000. D’un autre côté, FFR est considéré comme un grand irritant pour l’œil, suite au sondage de l’hebdomadaire Mirror en 2001. Et toi, que penses-tu de cet artéfact patrimonial?

5. FFR en nombres

Si jamais tu veux avoir le plus de fun facts possible dans ton répertoire, tu peux toujours mémoriser ces nombres si le cœur t’en dit! Distribuées sur deux rangées, les 15 lettres imposantes de néon se répètent du côté nord et du côté sud. Chaque lettre fait environ 15 pieds de haut et l’illumination des mots se fait de manière intermittente, suivant un cycle de 22 secondes.

6. L'argent injectée pour empêcher sa détérioration

Pour réparer et maintenir l’enseigne, la compagnie Smuckers a investi une importante somme. Selon Le Devoir, l’entreprise aurait déboursé près d’un million de dollars pour changer tout le système qui était devenu désuet avec les années, rénover le néon, assurer son entretien et son illumination.

7. FFR en musique

L’enseigne a servi d’inspiration musicale pour la chanteuse Ariane Moffatt. Sa chanson, intitulée Farine Five Rose, lui est venue en tête, car « […] C’est une espèce d’emblème dans l’histoire de la ville. Mais dans l’histoire de ma vie c’en est devenu un aussi, car je me suis toujours retrouvée dans ces néons en partant ou en revenant […] ».

8. FFR à tes pieds

Une paire de souliers aux couleurs de Farine Five Roses, en édition limitée, a été lancée en 2014 par la boutique Off the Hook et la marque de skate DC. Les amoureux de la culture montréalaise ont pu se procurer un soulier aux couleurs grises (qui représente la ville, ses immeubles et le béton), alors que la teinte bourgogne faisait un clin d’œil aux murs de brique rouge de la boutique OTH et à l’enseigne lumineuse. À quand une nouvelle édition inspirée de FFR?

Crédit photo – Shop Brioux

9. Pour étamper FFR partout!

Afin de célébrer la ville et ses monuments d’envergure, la designer Kate Brioux a immortalisé des structures urbaines de la ville avec une collection d’étampes. Inspirée par les étampes créées pour l’Expo ‘67, sa collection comprend des icônes de la ville, dont Farine Five Roses. L’étampe vient en trois morceaux, que tu peux assembler toi-même!

10. FFR pour ta déco

Composée de 12 photographies des structures iconiques de la ville, la série Monumentalove a été lancée par la photographe Jane Heller. Sa série a été inspirée par ses propres souvenirs, soit l’émerveillement qu’elle éprouvait, enfant, lors de la découverte de la structure. Sa collection se décline en plusieurs produits : coque pour iPhone, coussins, tableaux, cartes postales, aimants, petits imprimés. C’est bientôt le temps des déménagements – tu ne voudrais pas un cadre Farine Five Roses aux couleurs rétro accroché dans ton salon?