Cette semaine, Jessie Nadeau et Karl Hardy, ont lancé « Autrement Dit », un talk-show diffusé sur le web où on traitera de « vraies opinions sur la téléréalité ». Le charme dans tout ça, c'est que les cordonniers ne sont pas mal chaussés alors que vous vous souvenez avoir découvert Jessie Nadeau à Occupation Double Bali, mais que, j'en profite pour vous le rappeler, on a découvert Karl Hardy dans la téléréalité VJ Recherché, à Musiqueplus, en 2009.

On dit souvent que « tu ne sais pas de quoi tu parles tant que tu ne l'as pas vécu ». Là, les animateurs l'ont vécu, et savent de quoi ils parlent. Cette semaine, ils ont osé aborder un sujet qui fait enfin beaucoup jaser: la diversité corporelle dans les téléréalités...Ou plutôt le manque de diversité corporelle. Accompagnés d'Alanis Désilets d'OD Bali et de Rose-Aimée Automne T. Morin d'Urbania, ils commentent le tout. 

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D'abord, le problème est facilement identifiable aux yeux de plusieurs: à Occupation Double, c'est toutes des femmes blanches, québécoises, minces, et tous des hommes blancs, québécois, avec un corps digne de la thématique du party « dieux grecs » . Cette année, il y a presque un homme à la peau noire, une latina, et une Française (qui remplissent tout de même les critères de beauté de la société) qui ont failli y entrer. Mais non. À XOXO, on a eu, le temps d'un demi-épisode, une femme à la peau noire dans les maisons. Ça n'a pas duré. 

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Alanis en profite pour revenir sur son expérience qui date d'il y a bientôt un an, lorsque qu'on a « salué son courage » d'être allé à Occupation Double « malgré ses formes ». Formes qui correspondent à la moyenne mais qui étaient comparées à celles de femmes très minces. Depuis, elle a beaucoup parlé de diversité et d'acceptation, mais elle rappelle un message important: « J'ai hâte au jour où plus personne va avoir besoin de s'identifier physiquement à quelque chose ».

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Rose-Aimée Automne T. Morin, d'Urbania, explique que les gens se sont « accrochés » à elle parce qu'on cherche de l'espoir dans ce manque de diversité: « Ce n’est pas en nous faisant croire que l'amour véritable peut juste se trouver entre personnes adeptes du crossfit qu'on va réussir à ne pas s'accrocher à toute personne qui a un plie quand elle s'assoit ».

« On parle du corps, mais on peut parler aussi des origines. Ce sont des personnes extrêmement minces, athlétiques, blanches, jeunes, et c'est cool, mais c'est une proposition pas mal restreinte. » Ajoute-t-elle. 

Mais le problème, vien-t-il des diffuseurs, où en sommes nous responsable? En me rendant sur le lieu des auditions d'Occupation Double, j'ai pu constater les faits par moi-même: une majorité blanche, début vingtaine, mince et athlétique. Je ressortais du lot avec mes hanches et ma poitrine généreuse, et je reste une femme qui répond à tous les critères, sauf la minceur. C'est donc à croire qu'à force de voir un certain moule à la télé, on attire cela. Les gens avec ma silhouette, par exemple, ou avec différentes origines, ou simplement ceux qui ne correspondent tout simplement pas aux foutus critères de beautés semblent baisser les bras. 

Ça, c'est un problème, et on peut blâmer les candidats d'être de moins en moins diversifiés aux auditions, mais on sait que c'est un cercle qui résulte de ce qu'on voit à la télé, et que les diffuseurs, oui d'OD, mais aussi de XOXO ou d'autres émissions similaires décident de nous montrer. On nous montre un modèle, alors c'est ceux qui s'identifient au modèle qui se présentent en audition. 

Selon Rose-Aimée Automne T. Morin, « il va falloir qu'un jour une équipe de téléréalité ait le courage de dire: «nous on croit à l'amour malgré le ventre ferme ». Il va falloir qu'une téléréalité ose pour convaincre le monde que l'amour ne se trouve pas juste entre adeptes de musculation, de crossfit ou de pilates. 

Karl Hardy en profite pour tourner ça vers l'humour, en passant quand même un message important: lui, il ne « fit » pas dans le moule. Il est quand même en amour depuis 3 ans, et son chum l'aime sa « bed ». Un message qui me touche particulièrement parce que je fais partie de ceux qui ne « fittent » pas dans le moule, mais je fais surtout aussi partie de ceux qui refusaient d'être en relation avec une personne répondant parfaitement aux critères de beauté de peur d'être un mouton noir à ses côtés. C'est fou hein, le pouvoir de la société sur nous.

Voilà pourquoi je salue ceux qui osent aborder le sujet, et surtout défendent la diversité. Un jour, on va y arriver.