Il y a à peine un an et quelques poussières, tu n'avais sans doute jamais entendu le nom de Lucie Rhéaume. À ce jour, alors qu'elle a seulement 18 ans, la jeune femme compte plus de 134 000 abonnés sur son compte Instagram, et le chiffre ne cesse de monter.

La Québécoise que tu as sans doute vue aux côtés d'Alicia Moffet ou de Cindy Cournoyer nous fait rêver avec ses photos de voyage parfaites et, surtout, sa beauté naturelle. Alors qu'elle est présentement en Afrique du Sud pour un contrat, l'influenceuse montréalaise nous a accordé une entrevue pour tout nous dévoiler sur son succès.

Pour commencer, Lucie tient à préciser une chose: « Je ne suis pas mannequin, ni Instababe. Le « titre » Instababe, je n'aime pas vraiment ça. Je trouve même ça un peu rabaissant. Moi, personnellement, je me considère beaucoup plus comme une créatrice de contenu sur lequel je travaille très fort. Je ne vais pas seulement chercher à mettre des photos de ma face et de mes fesses qui pognent. »

La jeune femme est influenceuse, oui, mais c'est aussi une étudiante en administration. Voici donc à quoi elle doit son succès, et surtout, comment elle garde l'équilibre dans un monde aussi mouvementé.

Son succès sur Instagram

À la base, Lucie aimait seulement prendre des belles photos de ses voyages, et les publier. Elle raconte que sa maman, sa #1 fan, prenait souvent les photos, et qu'elle n'y voyait aucune valeur monétaire. Quand elle a commencé à cumuler les abonnés, alors qu'elle avait 17 ans, elle a commencé à voir les opportunités incroyables dans son entourage: voyages, vêtements, cadeaux... Mais elle n'y voyait toujours pas un gagne-pain. C'était une étudiante du secondaire, comme les autres, mais avec un bon nombre d'abonnés.

Le moment où tout a changé, c'est quand elle a eu son premier contrat avec une compagnie. Elle a constaté la valeur que son contenu pouvait avoir, et c'est à ce moment qu'elle a compris que si elle voulait en vivre, elle devait porter une attention particulière à la qualité de son contenu et à l'engagement avec les followers.

Selon elle, son succès, et la raison pour laquelle elle est aussi en demande aujourd'hui, elle le doit à ses abonnés. Elle a des fans qui sont réellement engagés envers son contenu, qui interagissent, et c'est ce genre de comptes pour lesquels les compagnies veulent payer.

Elle est aujourd'hui 100% financièrement indépendante grâce à Instagram, mais ce n'est pas quelque chose qui s'est fait sans travail. En fait, elle est influenceuse avec l'agence Dulcedo, qui négocie tous ses contrats.

Toutefois, avoir un contrat, ce n'est pas le plus gros de la job. Elle avoue que, parfois, elle peut passer des heures sur une simple photo ou story Instagram qui doit correspondre aux exigences du client. Les moyens de faire de l'argent sont les photos Instagram avec mention du client, mais aussi les story et les vidéos YouTube. Plus tu fais du contenu original et engageant, plus t'as des bons contrats.

Pour avoir un succès aussi grandissant, elle publie tous les jours sur son compte Instagram: « chaque jour est une nouvelle opportunité d'atteindre un auditoire ». Chaque matin, elle prend un moment pour organiser les publications de sa journée, et son contenu est toujours prévu au moins 4 jours à l'avance. Ses contrats Instagram, c'est un vrai emploi pour elle, et elle le prend au sérieux.

Sa vie personnelle qu'on ne voit pas sur Instagram

Alors qu'on rêve de voyager comme elle, Lucie nous confie avoir un mode de vie des plus intenses. Elle est en 4e session au Cégep et étudie l'administration. Son travail d'influenceuse reconnue lui a permis d'accéder à un programme qui s'appelle « Sport et art élite », un programme réservé aux artistes et sportifs de haut niveau qui veulent combiner école et travail. Le programme motive donc ses absences pour des contrats pendant l'année scolaire, et lui donne toutes les ressources pour palier.

Motiver les absences, c'est une chose, mais réussir à tout de même passer tous ses cours, c'est autre chose. La jeune femme avoue que parfois, lors de ses voyages de travail, elle se lève super tôt pour faire ses travaux et étudier. C'est quelque chose de super exigent, mais pour elle l'école n'est pas optionnelle; elle veut obtenir un diplôme universitaire, peu importe son succès dans les médias.

En fait, elle veut d'abord un diplôme universitaire pour les connaissances et les opportunités que ça offre. Elle se considère encore jeune, et crois en avoir encore beaucoup à apprendre. À long terme, elle sait que certains médias meurent, comme Vine, mais aimerait sans doute rester dans le monde des médias, que ce soit comme youtubeuse ( elle a déjà plus de 30 000 abonnés en quelques mois) ou même en partant son entreprise.

Quand elle est à Montréal, elle en profite pour travailler très fort sur ses études et voir ses proches. Bien qu'elle vende beaucoup de rêve sur son compte Insta, elle affirme qu'elle vit tout ce qu'elle publie. Quand elle est en ville, elle publie sur YouTube, ce qui permet à ses abonnés de voir un autre côté de sa vie.

Son succès sur YouTube, selon elle est lié à sa transparence, comme le moment où elle a parlé avec honnêteté du décès de son père.

Quand on lui demande ce qui est le plus dur de sa célébrité, c'est définitivement le regard des gens qui changent. Elle dit avoir vu des amis agir différemment, mais que le plus dur, c'est de faire le tri parmi les gens qui l'abordent. C'est difficile de s'avoir si les gens qui l'approchent ont des bonnes intentions, elle doit donc toujours être méfiante et faire attention à qui elle laisse entre dans sa vie.

Ben non, être influenceuse, c'est pas juste être belle et prendre des photos, si seulement!