Avec nos longs mois d’hiver québécois, on est plusieurs à rêver de pouvoir fuir le froid et la neige pour s’évader dans un endroit où c’est l’été à l’année. Et pourquoi ne pas être payé pour le faire ? Plusieurs Québécois travaillent dans l’un des 65 Clubs Med partout à travers le monde, particulièrement ceux situés au Mexique et dans les Caraïbes.

Travailler sous le soleil en égayant la vie des vacanciers, ça semble presque trop beau pour être vrai.

Mais est-ce vraiment le paradis sur terre ? Narcity a discuté avec une ex-G.O. (Gentil Organisateur) qui a travaillé dans les Clubs Med des Caraïbes pendant quatre ans pour démystifier un emploi qui peut carrément devenir un mode de vie.

Julianne (nom fictif pour garder l'anonymat) était étudiante à l’université quand elle a pris la décision d’envoyer son C.V. au Club Med. Elle a travaillé aux Îles Turquoises et aux Bahamas comme superviseur aux sports terrestres, mais elle a occupé plusieurs postes au fil des années.

Le lieu de travail est paradisiaque, mais les journées de travail sont longues. Six jours sur sept, Julianne commençait ses journées vers 8 h le matin pour les terminer vers minuit, parce qu’elle devait rester pour faire la fête au bar avec les clients. On est loin du 9 à 5.

« Il y a l’enjeu de l’alcool, il faut être bien éveillé, mais en même temps il faut passer la journée à faire la fête avec les clients, donc on est toujours entre deux mondes. Une journée typique au Club Med, c’est une journée pleine de surprises, mais pas beaucoup de repos! »

En ce qui concerne les salaires, Julianne indique qu’il vaut mieux ne pas compter les heures : ça commence à 750 $ USD par mois incluant le logement, la nourriture, l’alcool et les activités. 

« On s’habitue à ne pas faire la vaisselle, la cuisine, le ménage, le lavage, alors c’est certain que le retour à la réalité peut parfois etre difficile quand tu rentres à Montréal. »

Travailler au Club Med, c’est évidemment entrer en contact avec des gens de tous les horizons et, parfois, devoir subir certains de leurs caprices. 

« Les gens deviennent parfois un peu fous au Club Med, c’est comme un camp de vacances pour adultes! »

Julianne se souvient d’un G.M. (Gentil Membre) un peu trop compétitif.

« Un monsieur très habitué de 65-70 ans se pratiquait pendant toute la semaine au ping-pong avec nous pour gagner le championnat à la fin de la semaine. Mais un G.O. s’est inscrit et a remporté le tournoi, alors le monsieur était vraiment fâché, il a lancé sa raquette et a porté plainte au chef du village. »

Julianne insiste sur l’importance de mettre ses limites; il peut arriver parfois que certains clients aillent un peu trop loin dans leurs demandes auprès des G.O.

« Une femme américaine s’intéressait beaucoup à moi, elle me glisse un billet de 100 $ dans la main et me présente à son mari en lui disant “T’inquiètes pas, elle va s’occuper de nous cette semaine!” J’ai compris qu’elle voulait que je fasse des trips à trois avec eux. Je lui ai remis son 100 $, c’était vraiment déstabilisant. »

Mais malgré quelques inconvénients, Julianne garde surtout en tête les beaux moments de son emploi au Club Med.

« Les moments plus difficiles, où t’as pas vraiment de vie privée, où t’es fatiguée de faire autant d’heures, c’est là qu’il faut que tu regardes l’espace paradisiaque autour de toi. C’est une expérience qui est divine, qui est difficile mais qui est enrichissante. Je me suis découvert une famille et surtout, des amitiés intenses gravées pour toujours! »