J’ai été mascotte pendant quatre étés à temps plein en plus de participer à des événements spéciaux, de faire des parades, de représenter des entreprises et être mascotte de mon école. Ça a sans doute été un des meilleurs emplois de ma vie et je recommencerais n’importe quand. Mais c’est également l’emploi le plus dangereux que j’ai fait et j’en ai fait des choses bizarres.

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Tout d’abord, c’est assez courant de se faire agresser quand t'es mascotte. Les gens touchent mes seins à travers le costume pour voir si je suis une fille et puisque ma poitrine est assez décevante, ils pensent que je suis un gars. D’autres se mettent au défi de me pogner les fesses comme si c’était amusant d’agresser sexuellement une mascotte. C’est sans compter ceux qui essaient de frencher la mascotte de force sans réaliser que mes yeux sont dans la bouche.

Je pense qu’ils auraient été un peu turn off à l’idée que c’était une fille mineure dans le costume. En même temps, je pense que ça en aurait excité d’autres. En effet, j’accompagnais parfois les mascottes en humain et les gens préféraient me demander des câlins à moi. Il y a même un homme qui a essayé de m’embrasser de force alors je lui ai sacré un coup de coude. Ma boss était fière de moi.

Il ne faut pas oublier toutes les agressions physiques. Frapper la mascotte, ce n’est pas seulement populaire chez les enfants. Les adultes décident de participer aussi. Il y a d’abord ceux qui me sautent dessus en pensant qu’il y a un homme dans le costume. Mais il ne faut pas oublier ceux qui font tout pour avoir une mauvaise influence sur les enfants.

En effet, il y a d’abord une petite fille qui m’a sauté dessus et qui m’a fait tomber parce qu’elle était un peu dodue. Ça ne m’a pas dérangé et j’ai continué mon travail. Mais le problème c’est que tous les enfants ont trouvé ça drôle et ils ont voulu me pousser à leur tour. Un homme a même dit à son fils de me pousser et il a refusé parce qu’il était gentil. C’est alors le père lui-même qui a décidé de me faire tomber au sol.

Dans un cas plus grave, j’ai même dû appeler la police. Je faisais de la promotion en mascotte dans la rue quand quelqu’un a couru vers moi les bras ouverts comme s’il voulait me donner un câlin. Mais finalement, il m’a simplement poussé violemment sur le sol au point où je me serais fendu le crâne sur le trottoir si je n’avais pas eu de tête de mascotte. Son ami qui filmait s’est simplement excusé nonchalamment en disant que c’était drôle.

C’est là que j’ai décidé de porter plainte à la police. Pendant que je racontais mon histoire au policier devant moi, un autre riait en arrière. Personne ne me prend au sérieux. Ils ont obtenu les caméras de surveillance, ont reconnu que c’était une agression et ont vraiment fait une enquête. Mais ils n’ont jamais trouvé les coupables.

Il n’y a jamais eu de justice pour les mascottes.

C’est sans compter que le travail lui-même est dangereux. Les costumes sont lourds et inconfortables, ce qui peut causer des problèmes de cou et de dos. La chaleur est tellement intense que dans une canicule, il peut faire dix degrés de plus qu’à l’extérieur dans mon costume et je développe des boutons de chaleur. C’est pour ça qu’on doit parfois travailler un maximum de dix ou quinze minutes à la fois pour ne pas se mettre en danger.

Malgré tout, je sauterais sur un nouveau contrat de mascotte n’importe quand. J’aime tellement porter un costume qui me permet d’être aimée et connue de tout le monde, en plus de pouvoir faire autant de blagues que je veux. Mais puisque je peux parler en ce moment, je peux quand même te dire que si tu vois une mascotte, essaie de la respecter.

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