Si tu possèdes une télévision ou un accès à Internet tu as probablement entendu parler de la controverse de SNC-Lavalin. Cette histoire-là fait les manchettes de tous les médias ces derniers temps et on va se le dire, elle est assez complexe. C'est normal de te sentir perdu, la situation n'arrête pas d'évoluer. Pour te remettre à jour, on a démêlé tout ce qui se passe autour de cette controverse dont tout le monde parle. 

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SNC-Lavalin, c'est quoi? Tout d'abord, SNC-Lavalin est un groupe d'ingénierie et de construction à échelle mondiale. Son siège social est situé à Montréal, mais la compagnie possède des bureaux et des activités à travers le monde (Australie, Royaume-Uni, Malaisie, Libye, etc.). La compagnie est gérée, jusqu'à ce jour, par le PDG Neil Bruce. 

Ça a commencé comment? Malgré la forte présence médiatique depuis le début de l'année 2019, l'histoire de SNC-Lavalin a en fait débuté il y a quatre ans. En février 2015, la GRC a chargé la compagnie pour corruption et fraude après que celle-ci aie dépensé près de 48 millions de dollars pour payer des fonctionnaires libyens, selon un article du Globe and Mail.

Les paiements effectués de 2001 à 2011 auraient servi à influencer les décisions prises sous le régime de Mouammar Ghadafi. La GRC a également accusé la compagnie d'avoir fraudé 130 millions de dollars auprès d'organisations libyennes, rapporte le Globe.

La firme a, peu après, refusé les accusations et s'est dite non coupable. Dans le cas d'une condamnation, SNC-Lavalin aurait pu perdre tous ses contrats gouvernementaux et subir des pertes financières importantes. Ce n'est pas du tout ce qui est arrivé et c'est pour ça que cette histoire fait autant de bruit.

Et le processus légal un peu sketch? Peu après les accusations de la GRC, en mai 2015, la compagnie demande au gouvernement canadien un arrangement légal un peu obscur: un accord de poursuite suspendu. Selon Radio-Canada, cette procédure légale lui permettrait de suspendre les poursuites criminelles dans la mesure où elle accepterait les accusations et s'engagerait à payer une pénalité.

Le Globe and Mail rapporte aussi qu'au cours de 2016 et 2017, la compagnie aurait rencontré le gouvernement fédéral plus de 50 fois pour faire valoir ses intérêts, ce qu'on appelle du lobbying.

Le Journal Métro rapporte ensuite que SNC-Lavalin aurait rencontré des responsables dans le bureau du Premier ministre. Puis, au début de l'année 2018, le gouvernement annonce qu'il prévoit mettre en place un accord de poursuite suspendu. Surprise! Mais, en octobre, Radio-Canada rapporte que le Service des poursuites pénales du Canada (SPPC) refuse de négocier l'accord. 

C'est là qu'entre en jeu la ministre Jody Wilson-Raybould. En effet, elle aurait reçu beaucoup de pression alors qu'elle était procureure générale de la part de l'entourage de Justin Trudeau afin qu'elle fasse changer le SPPC d'idée. 

En février dernier, des sources anonymes ont dit au Globe que Wilson-Raybould aurait été rétrogradé au poste de ministre des Anciens combattants pour avoir manqué de coopérer lorsque l'administration Trudeau lui aurait mis la pression pour agir dans l'affaire SNC-Lavalin. Ces affirmations ont été niées par le premier ministre. Wilson-Raybould  a finalement démissionné de son nouveau poste le 12 février dernier.

Jody Wilson-Raybould a témoigné la semaine dernière devant le comité de la justice de la Chambre des communes qui gère les allégations concernant l'ingérence politique. On apprend aujourd'hui que Gérald Butts, le conseiller le plus proche de Justin Trudeau qui a aussi démissionné en février dernier, devra aller donner sa version des faits devant le comité cette semaine. 

Devant toute cette affaire, le chef du Parti Conservateur, Andrew Scheer, et plusieurs députés demandent la démission du premier ministre. Ils considèrent le scandale politique de la firme SNC-Lavalin comme la cerise sur le sundae des quatres dernières années.

Pour l'instant, le premier ministre Justin Trudeau ne compte pas démissionner, mais ce scandale risque d'avoir de nombreuses répercussions alors que les élections fédérales arrivent à grand pas. 

 

 

 

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