Ce lundi 9 mars, le gouvernement du Canada a fait un pas de plus pour protéger les droits des personnes issues de la diversité sexuelle. Le ministère de la Justice a en effet déposé  un projet de loi visant à interdire les thérapies de conversion sur les personnes LGBTQ+.

Le ministre fédéral de la Justice, David Lametti, a annoncé en conférence de presse que cette nouvelle loi verra la création de 5 nouvelles offenses au Code criminel. Il sera ainsi interdit de pratiquer les thérapies de conversion sur les personnes mineures ou de les faire subir cette pratique hors du Canada.

Il sera également interdit de faire du profit via cette pratique ou d'en faire la publicité ou la promotion. Les matériaux promotionnels pourront être saisis par la justice.

Le gouvernement compte également criminaliser les thérapies forcées chez les adultes. M. Lametti a toutefois précisé qu'à cause de possibles obstacles en cour, ce projet de loi ne bannirait pas complètement les thérapies de conversion pour les adultes.

Les thérapies de conversion visent à modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne. Souvent menée par des organisations religieuses, elles peuvent inclure l'administration de médicaments, d'électrochocs et même des exorcismes.

Cette pratique controversée est largement décriée par la communauté scientifique internationale, qui insiste qu'elle ne fonctionne pas et est particulièrement dangereuse pour les personnes mineures. En 2012, l'Organisation mondiale de la Santé a affirmé que ces thérapies constituaient une « sérieuse menace aux droits et au bien-être des personnes affectées. »

Selon la Société canadienne de psychologie, ce genre de thérapies peut entraîner plusieurs effets négatifs, comme « la détresse, l’anxiété, la dépression, l’image négative de soi, un sentiment d’échec personnel, de la difficulté à maintenir des liens et le dysfonctionnement sexuel. »

Il est difficile de déterminer l'ampleur du phénomène au Canada, puisque ces pratiques se déroulent souvent dans le secret. D'après CTV News, on estime à plus de 20 000 le nombre de Canadiens de la communauté LGBTQ+ ayant été exposés à ces thérapies.

 

Le Parti libéral avait fait de l'interdiction des thérapies de conversion une promesse phare de sa campagne de réélection en 2019. Le ministre de la Justice a qualifié ce projet de loi d'un des plus progressistes et complets qui soit au monde.

Plusieurs provinces et municipalités avaient déjà mis en place des lois pour interdire la pratique dans les dernières années. L'Ontario avait complètement interdit les thérapies de conversion en 2015, tandis que des villes comme Edmonton, Calgary et Vancouver ont également imposé des interdictions.

Le gouvernement compte par ailleurs travailler de concert avec les autorités provinciales et municipales afin de faire respecter cette nouvelle législation.

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