Cette histoire de disparition, qui a touché tout le Québec il y a quelques années, refait encore surface aujourd’hui. Le 31 juillet 2007, la jeune Cédrika Provencher était enlevée et l'enquête afin de la retrouver a duré des années. Le suspect principal dans l’affaire, Jonathan Bettez, était dans la mire des enquêteurs de la Sureté du Québec (SQ), qui, finalement, s’est avéré être blanchi. Cependant, on apprend aujourd'hui qu'il souhaite maintenant poursuivre la SQ pour 10 millions de dollars.

La famille Bettez réclame à la Procureure générale du Québec, à la SQ et à ses préposés 9 454 500 $ à titre de dommages compensatoires et des dommages punitifs d’un million de dollars. En effet, l’entreprise familiale, Emballages Bettez, a dû être vendue à rabais, à la suite de la saga qui changera le cours de leur vie.

« Je ne peux pas vous dire qu’ils vont bien, parce que c’est difficile de passer à travers tout ça sans être lourdement écorché », a affirmé l’avocat de la famille, Jessy Héroux, en entrevue à Radio-Canada. 

« Les seuls mots qui me viennent en tête sont “un calvaire”. C’est un calvaire, parce qu’ils ont été pourchassés par les médias, ont fait l’objet de menaces, tentatives d’intimidations et de vandalisme. »

Il est entre autres reproché à la SQ et aux agents chargés de l’enquête d’avoir mené « une enquête bâclée », en adoptant une vision de type télescopique (ou « tunnel vision »), procédant à des fouilles, saisies et perquisitions « illégales, abusives ou autorisées sur la base d’informations fausses ou trompeuses », peut-on lire dans un communiqué

 Jonathan Bettez était sous l’œil aguerri des policiers depuis le début de l’enquête sur la disparition de Cédrika Provencher, survenue en 2007 à Trois-Rivières. Au départ, une voiture rouge ressemblant à celle qu’il conduisait à l’époque avait été aperçue par un témoin. Il a fourni, en revanche, aux enquêteurs un alibi qui sera invérifiable : il écoutait un film seul à la maison au moment où la fillette est disparue.

Lors d’interrogatoires, l’homme a refusé à trois reprises de passer un test polygraphique.

Le 29 aout 2016, la date d’anniversaire de la jeune Cédrika Provencher, Jonathan Bettez a été arrêté et accusé de possession de pornographie juvénile pour des faits survenus de 2009 à 2013. Les chefs d’accusation n’ont rien à voir avec l’affaire d’enlèvement de 2007. Lors de son arrestation, il a refusé à nouveau de se soumettre au test du polygraphe.

La poursuite déposée aujourd'hui reproche aussi d’avoir recommandé le dépôt d’accusations en matière de pornographie juvénile et procédé à l’arrestation, de Jonathan Bettez en plein jour devant les locaux de l’entreprise sans mandat. 

Par voie de communiqué, la firme d’avocat représentant Emballage Bettez et Jonathan Bettez précise que la famille n’accordera aucune entrevue à ce stade et ne fera aucune déclaration aux médias, « sauf par le biais de leur procureur, souhaitant ainsi préserver le peu de vie privée qui leur reste. »

Narcity a rejoint la Sûreté du Québec qui n’a pas voulu commenter la poursuite.

 

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