La semaine passée, j'essayais Bumble en y mettant des efforts. J'sais pas si tu connais ça un moitié-moitié. C'est un drink, moitié apéritif rouge, moitié apéritif blanc. J'pense que ça se transpose dans le dating. 50% de chances que tu chokes, 50% de chances que l'autre choke. Ou 50% de chances que j'me fasse envoyer chier ou 50% que j'sois menstruée. 

Bref, j'ai choké one shot. Une autre m'a choké. Et j'ai eu une date parmi ça. Mais j'en parlerai la semaine prochaine, car il m'est arrivé quelque chose de fantastique. 

Samedi soir j'ai les cornes qui poussent, comme on dit. Je sors boire quelques verres avec une amie. Aboutis au Latulipe.

Éméchées en train de se déhancher, on est d'une humeur divine.

On oublie qu'au fond, on aime pas vraiment ça Les Rita Mitsouko.

On oublie qu'il fait froid dehors et qu'on va plein de pelures à mettre avant de sortir.

On oublie nos ex. La litière du chat trop pleine. L'entrée à déneiger. La vaisselle à laver. La carte de crédit a payer.

Y'a rien d'autre qui compte. Juste nos mouvements sur la musique qui nous enveloppe.

On est bien. Les gens autour n'existent pas. On est seules au monde. 

Dieu seul sait combien de temps on est restés comme ça. Et puis deux hommes sont apparus à nos côtés. Un grand blond et un petit brun. Les deux avec des dents aussi droites que blanches, quasi trop vraies pour être vraies.  Avoir eu des sacoches on aurait dansé les 4 autour. Question que ça devienne officiellement une soirée parfaite. 

Les lumières finissent par allumer. On ramasse nos épaisseurs au vestiaire, se ramasse les 4 dehors à fumer une cigarette en s'enlignant des mots avec un bourdonnement dans les oreilles. 

Une couple de pas dans slush et une haleine de butch plus tard, on est chez l'un des deux mignons garçons. Vieil appart de la rue Papineau, meublé avec ce qui restait dans le sous-sol de maman, je pense. C'est cute, sauf le salon qui a juste un matelas à terre, qui me crie de ne pas le toucher.

On boit des verres, on jase. Tout est super naturel. Mais un moment donné j'me réveille pis je saisis pas trop si y'a une suite, et si oui, on split comment la patente. J'ose pas péter la dynamique et dire, on va nommer deux chefs d'équipe. 

La beauté de la chose c'est que tout le monde a eu ce déclic quasi au même moment où on se rendait compte que nos yeux commençaient à devenir cross side pis que le désir baissait lentement.

Le blond me prend par la main pour m'inviter à visiter sa chambre. Si ça avait été un agent d'immeubles, j'y achetais avant même qu'il me fasse visiter, la douceur de sa peau m'avait convaincue. On referme la porte derrière nous, on commence à s'embrasser en fou, à se dévêtir, à se tapoter un peu partout. 

Je vois 5h du matin sur le cadran. On dirait que ca m'a donné un coup drette dans luette, j'ai pogné un méchant mal de coeur. Et là lui entame un moment de sexe oral, moi j'me dis ok je peux pas me mettre la bouche dans son intimité, je vais lui ressortir ma soirée en un simple jet.

On fait notre besogne qui s'avère extrêmement délicieuse. Mais j'ai vraiment trop mal au coeur pour continuer, essayer de sexualiser en mettant un pied à terre pour pas que la tête te tourne, c'est pas toujours évident. J'lui dis que je feel pas, je vais m'en aller et interrompre le coït.  J'me lève, me rhabille. Il me dit ben là, tu pars vite de même, tu veux pas boire un café, aller prendre une douche? J'dis non t'es super fin, mais j'ai une grosse journée pis elle s'enligne pour pas être des plus productives vu l'heure alors j'aimerais ça pas la scrapper au complet.

J'sais, je suis froide, je fais même pas exprès.

Alors lui, à poil, encore avec son monsieur au garde-à-vous, me demande mon numéro de téléphone, qu'il note dans un calepin alors que son cellulaire est sur sa table de chevet. J'ai trouvé ça vraiment bizarre, mais j'ai pas posé de questions. 

Il m'embrasse sur la bouche et je pars. En sortant de la chambre, c'est la grande noirceur. Je vois absolument rien et j'ai aucun repère. Sauf les sons que l'autre duo émet. J'étais devenue une baleine qui essayait de se repérer avec les ultrasons des autres.

Je marchais à tâtons, les deux bras en avant en les balançant de tout bord pour essayer d'éviter les obstacles. Je suivais les sons pour me diriger près de la porte. J'me suis pogné le pied dans ce que je crois être un fil de balayeuse pis j'ai glissé doucement au sol. 

J'me suis relevée tellement vite, j'avais l'impression que les gémissements étaient vraiment pas loin, j'ai eu peur de leur tomber dessus.

J'ai dit fort pour que mon amie entende : « Je m'en vais chez nous Gen, on s'appelle demain, t'es courageuse d'être sur le matelas de la souille ». Elle m'a répondu un : « t'es vraiment conne. » 

Évidemment j'ai été me coucher. En me levant, mon amie m'avait texté, elle m'a dit que j'avais bloqué son orgasme en lui parlant du foutu sofa, elle arrêtait pas de penser à ça après mon départ.

On est allé bruncher en plein milieu de la journée pour se raconter les détails croustillants. Et les stalker sur les internets comme toute personne qui se respecte.

C'est fou des fois on dirait j'ai internet de mon bord, je tape juste un prénom dans Facebook et PAF ça me sort la bonne personne. C'est ce qui est arrivé avec appelons-le, Michel. Michel a été ma première proposition de Facebook. J'clique.

Ce qui m'a frappé, c'est pas tant qu'il ait étudié aux HEC, mais plutôt qu'il soit marié depuis peu après 4 ans de fiançailles. Le numéro de téléphone dans le calepin venait de s'expliquer.

J'imagine que c'est une magouille d'infidèle.

Avoir su, j'aurais du lui vomir dessus. 

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici. 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

 

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