Là, certains vont dire, on s'en fout du dating vu les circonstances. Oui ok, arrête de lire ici. Moi j'aime pas ça le fenouil. Rendu à l'épicerie je ressens pas le besoin de m'arrêter devant l'étalage de légumes, je cherche pas le fenouil pour y dire que je l'aime pas, je continue ma vie sans le gosser. 

La semaine passée, quelqu’un m’a écrit pour me demander si je pouvais lui donner des conseils reliés au dating. J’ai dit oui. Dans ma tête j’me disais flûte à bec, si ta dating life est ta préoccupation première, t’es ben chanceux. T’es soit un prince des Émirats arabes unis, soit t’as trop regardé Sex and the city pis t’es déconnecté rare.  

Et là, il me dit : « Les gens ne veulent plus dater, je comprends pas. »

Oh. On part de loin.  

Les mesures gouvernementales pour éviter la propagation de la pandémie changent quotidiennement.

Mais.

Je pense qu’on peut s’entendre pour dire que dater, c’est présentement pas la meilleure idée. Et qu'on aime le Dr. Horacio Arruda. C'était ma minute effort collectif, passons au sujet chaud. 

Y'a un mois, tout allait bien. J'te dis pas que c'était parfait mais c'était assurément mieux que maintenant. 

On vivait vite. Ta semaine était hypothéquée avant même d'avoir commencé. Lundi yoga chaud, mardi taco au bureau, mercredi ok j'suis lousse, jeudi ça me tente pas de sortir je suis trop maganée de la veille, vendredi resto entre amies, samedi tranquillo avec le chat, dimanche prep de la semaine. Tout allait vite.

On chokait une date sur deux. On swipait. On entretenait des conversations futiles qui menaient souvent nulle part. On voulait pas vraiment que ça mène quelque part. On avait pas tellement le temps de dater finalement. On avait pas envie de faire de la place à quelqu'un dans notre horaire. Une autre fois. Un autre soir. Un autre gars. On passait au suivant. On s'en faisait pas avec ça. C'était comme ça. C'était la game. 

Pis là? La planète est en train de nous chier directement dans les mains. Un caca nerveux planétaire spectaculaire. Pis nous? Tsé je veux dire, c'est comme LE timing idéal pour se poser des questions. Trouver des solutions. Changer. Sauf tes cheveux. Touche pas à ça. On est en état de crise, c'est pas le temps de vouloir te bleacher pis te faire une frange grâce à une vidéo vue sur TikTok. Si ça vire mal, personne peut te venir en aide, c'est pas évident.

C'est le temps d'arrêter de se consommer les uns les autres pis d'se jeter aussi vite qu'on s'est swipé

En fait, texter éternellement ça me gossait. Je trouvais que c'était une grosse perte de temps et j'aimais mieux rencontrer la personne le plus rapidement possible pour en avoir le coeur net. Oui ou non, y'a ou pas de fit entre nous deux. Très très mécanique comme procédé. On match, on parle, on se voit, ma décision est prise. Ah pis tsé si j'avais passé une soirée juste correcte, je me donnais pas de chance là, on se revoyait pas. 

Ça fait 17 jours que je suis chez moi. Je me suis réapproprié le dating le fun pis même excitant. Sans se voir. Je me souviens pas la dernière fois que j'ai demandé à quelqu'un, mais toi, tu recherches quoi? Parce que je me disais, à quoi bon, on verra. 

Pis là j'ai le goût de le savoir. De poser des questions, d'avoir des vraies conversations. De jaser. Avec quelqu'un. Pas juste trois-quatre textos sur le fly en allant travailler parce que ça m'adonne.

J'ai envie de briser mes habitudes de fille désintéressée trop habituée à dater en série pis à pas faire trop d'effort. 

J'ai même commencé à parler au téléphone et à utiliser FaceTime. Cr*ss, c'est tellement simple et c'est vraiment le fun. Non, c'est pas une date. Mais c'est pas mal plus humain que des textos frettes échangés sur la bolle. J'aurais jamais fait ça avant. Texter sur la bolle oui, FaceTime, non.

Qu'est-ce qui t'empêche de prendre l'apéro avec l'autre? Rien, sûrement pas le manque de temps pis un voyage au Rocher Percé. 

L'isolement me permet de voir que ma vie affective est un vrai champ de marde. Je choisis mal. Je m'investis pas aux bonnes places. Je me lance un peu partout sans vraiment y être. Comme une balle rebondissante, tu penses m'avoir vue, mais non, je suis déjà partie ailleurs.

Ces temps-ci, mon ailleurs c'est entre la cuisine pis le salon, tranquille sur le kilométrage. On est juste jour 17, si ça dure six mois, je vais avoir été beaucoup trop loin dans mon introspection.

J'pense qu'il faut apprendre à se séduire à distance, flirter lointainement. Se créer un petit quelque chose avec l'autre, une attente, une excitation le fun qui nous appartient, qui nous permet de sourire dans nos journées de grande angoisse.

Réapprendre à se connaître sans toute la facilité. Miser sur le vrai. L'essentiel.

Et côté excitation, je t'apprends rien en disant que les sextos peuvent être une solution fabuleuse pour te faire oublier ton abstinence imposée. En plus, tout le monde est bored et horny ces temps-ci. Je prône les scénarios vous mettant en scène, des photos ici et là, montre jamais ta face, et hop, le tour est joué. Si ça te tente, évidemment.

Règle d'or, montre pas ta face, je répète. 

No joke, un échange de mots coquins, en pandémie ou pas, ça fait la job. Vous vous crinquez l'un l'autre en faisant vos petites affaires chacun de votre bord. Juste des avantages là-dedans, économie d'argent, aucun risque de transmission de quoi que ce soit, ou de briser ta transmission en y allant, même pas besoin de prendre de douche. 

Pis tsé, je dis pas ça parce que je braille en boule chez nous parce que j'ai pas de chum pis que je regrette. Le dating de marde qu'on vit, je l'ai créée pis j'y ai contribué comme tout le monde.

Sauf que là on pourrait faire de quoi de mieux certain. 

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

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