Je chiale souvent contre les gars. En fait, je constate et partage ce qu’ils font en donnant mon opinion. J’ai une tribune pour le faire et d’un autre côté, je commence à penser dater des gars qui n’ont pas internet, parce que je deviens lentement persona non grata de l’univers masculin du célibat québécois.  

Et là pif paf pouf, loin d’être dans pantoufle, on m’a fait sentir comme si j’étais le pire des trous de cul cette semaine (d'habitude je suis capable toute seule). Un gars que je connais par des amis communs, se jase un brin via la virtualité. Se fixe une date de rv. Le matin, le gars choke, évoque le fait que j’écrive des articles sur mes dates (je sais, c’est très ironique tout ceci parce qu’il finit quand même dans un article). Je ne peux pas lui en vouloir, je comprends son move. J’étais zéro fâchée. C’est gossant de savoir via l’internet ce que ta date te reprochait et ce pour quoi elle ne veut pas te revoir.

Faque ça reste de même. Le soir, rendu à maison, en pyj, ben tranquille, il me relance pour aller boire un verre live. Merlin à 24 ans se serait rhabillée en vitesse, se serait mise cute pis y aurait été même si ça y tentait pas. Tsé l’espèce de feeling de jamais vouloir rater une soirée, l’impression de passer à côté de quelque chose, être partout, tout le temps. Là j’peux passer à côté de ma vie, je m’en torche, j’t’en mou chez nous, une toque sua noix, à moins qu’un mercenaire Mandalorien apparaisse dans mon œil-de-bœuf, je sors pas de chez nous. 

Là. Fuck. Off. Je voyais mon char s’enliser sous la neige en appréciant le spectacle de chez nous, hors de question que j’y participe. Faque j’ai dit la vérité, ça me tente pas de sortir. Pis je décline ensuite son invitation à venir chez moi. Oui, moi aussi j’ai trouvé ça moyen.

Y’a comme jamais rien à répondre à ça. Y’a pas d’argument assez solide pour me faire sortir du confort de mon logis douillet et chaud. Comme le matin quand tu retardes ta sortie de la douche parce que tu sais que cette sensation de chaleur va s’en aller rapido pis que tu vas être pogné pour affronter une autre journée dans le monde cruel des adultes.

Pis on va s’le dire, un gars qui s’invite chez vous, c’est un non catégorique. Je te connais pas, tu viendras pas dans mon intimité, hors de question.

Faque j’suis restée chez nous. 4-5 jours plus tard, (j’suis sortie entre temps quand même, mais si j’avais eu le choix j’aurais jamais eu à me vêtir convenablement) le gars me réécrit.

« sérieux? »

J’suis comme sérieux quoi? Il me dit rien laisse faire. Et me bloque.

P'tit move tranquille.

J’me suis sentie coupable.

Sauf que j’arrivais pas vraiment à trouver de quoi j’étais coupable. De pas l’avoir relancé? De pas avoir manifesté le même intérêt? D’avoir été honnête? De pas avoir pensé à lui? Je savais pas trop. On dirait que tu t’en sors jamais. C’tu moi la reine des pas fine? Ça m’a plané dans la tête une couple de jours. Un espèce de p’tit voile qui assombrit un peu tes pensées.

Visiblement je l’ai blessé ou fâché, mais je vois pas trop ou est le mal dans la situation. Au lieu de revenir en me semi-attaquant, tu pouvais pas proposer une autre date? C’est comme si fallait absolument que ce soit moi, que tu te sentes apprécié et désiré.

Cr*ss garçon, j’ai autre chose à faire que de courir après toi.

Sans farce je pensais le rencontrer un moment donné, mais j’étais occupée pis préoccupée par d’autres choses plus prioritaires. Quand ton calorifère de salle de bain arrête de fonctionner à -22 pis que ta tink à eau chaude chie, tu t’en sacres pas mal d’aller rencontrer le Prince Charmant (oui avec des majuscules) tu veux juste pouvoir te laver le cul pis faire caca au chaud. Ça il le saura jamais parce qu’il a choisi de me bloquer.

Bloquer je trouve que c’est un drôle de move. Un move super adolescent. Genre Sabrina a pas des souliers comme nous autres, on va arrêter de lui parler et la dévisager quand on passe devant elle. Pas parce que tu me bloques que j’arrête d’exister! Ça te donne juste l’air immature et rancunier.

Je te connais pas, mais tu dois absolument sortir de ma vie. Et n’y laisser aucune trace. Imagine, te faire bloquer sur LinkedIn, t’es rendu loin en titi dans tes projets-là.

J’veux dire, si tu me croises après tu fais quoi? Tu évites mon regard pis tu fixes le sol? J’comprends pas. Je t’écrivais pas. Penses-tu que si tu me bloquais pas j’allais me mettre à te harceler?

C’est un weird raisonnement. On devrait se méfier des bloqueurs impulsifs. Ça cache quelque chose de plus gros. En fait, je pense que si tu bloques beaucoup les gens, c’est pour pas te faire rappeler ton comportement de marde.

Comme ça, c’est comme si ça avait jamais existé. Pas de trace, pas de remise en question. C’est pour toi dans le fond. T’as plus peur de toi que de moi. Appelez-moi psycho Merlot.

Moi que tu me bloques, ça me fait pas un pli sur la poche. J’aimerais ça te dire que j’pense être une vilaine personne.

Sauf que ce serait te mentir.

J’ai rien à me reprocher. J’suis occupée, j’cours partout pis une partie du temps qui me reste je la prends pour moi, relaxer dans mon bain glacé pas de chauffage dans salle de bain.

Est-ce un crime monsieur l’inspecteur?

Après cogitation, j’pense que cette situation a plutôt bien viré.

Parce que si tu me bloques parce que je t’ai pas donné d’attention alors qu’on s’est jamais rencontré, tu es quelqu’un de beaucoup trop exigeant pour moi.

Pis pas vraiment le genre d’exigences qui m’excite. J’cherche plutôt quelqu’un qui va comprendre mon horaire, l’accepter et me donner envie d’y faire de la place dedans. Pas quelqu’un qui va me faire chier AVANT de s'être rencontré.

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici. 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

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