Je sais qu'on veut entendre ma date de la semaine passée. Je fais miroiter des histoires sexu-crousti, de la salive pis des rapprochements. Par contre, ça devra attendre un brin, je garde le suspense parce que je dois soulever quelque chose qui me casse littéralement le cul depuis des années. 

Les revenants. Ces hommes qui ne sont pas capables de nous laisser être heureuses sans eux. Le scénario est souvent le suivant : du jour au lendemain, il nous quitte pour retrouver leur liberté, ils se sentent pognés à nos côtés pis ça les rend malheureux.

On se fait dire que ce n’est pas nous le problème, qu’on est d’une telle douceur, toujours attentionnée et compréhensive, qu’on a tout fait pour que ça puisse marcher.

Mais ça ne marche pas.

Ça se finit sans qu'on comprenne ni sans qu'on l'ait vu venir.  C'est la première p'tite marque qui nous donne pu envie d'être celle qu'on est.

À quoi bon faire des efforts? T'as un peu envie de tout péter, tu sais pas trop qui tu dois être pour que tu sois aimé et qu'on désire faire sa vie à tes côtés.

Question de bien te jouer dans la tête, vous allez vous revoir. Parce que ca monde-là te font jamais le cadeau de sortir de ta vie.

Le meilleur des deux mondes pour l'autre. Il t'a toi, sans rien te devoir. Il t'a toi et sa liberté en même temps. Ta douceur sans engagement. Il va prendre tout le beau que t'as à offrir. On and off.

Pis tsé le pire? Une partie de toi y croit encore.

Tu vas te convaincre que tu peux être dure, froide, t'en cr*sser. Tu vas le regarder partir à chaque fois, franchir la porte de chez toi, sans jamais lui poser de questions. Jamais il se retourne pour te regarder. Même si ça te ronge de savoir s'il va revenir, où il va, et surtout elle est comment l'autre?

Parce que t'es sûre qu'il y en a d'autres. Tu veux savoir pis tu veux pas.

Faque tu dis rien.

Tu veux pas briser le mince lien qui vous retient.

Peu à peu tu vas décrocher, t'es tannée de te mentir, tu sais qu'il sera jamais le tien. Tu vas te donner le droit de pu l'attendre, de faire ton deuil. 

Pis là. PAKLOW. Illumination. Des ailes t'ont poussée. T'es devenue un ange descendu du ciel. C'est à ce moment-là qu'il va réaliser à quel point t'es une personne fantastique et fabuleuse. Il va revenir en braillant à genoux, en te suppliant de le reprendre.

Ce comportement me pue au nez, je trouve ça un peu trou d*c. Quand j'attendais après toi, que j'faisais tout c'que tu voulais sans jamais rien te demander, je valais pas la peine. J'profitais des maigres moments que tu voulais m'accorder, du peu de temps que tu m'as laissé dans ta vie.

Maintenant que je vais bien, que j'te donne pu d'attention pis que t'es pas le centre de mon univers, là, j'prends de la valeur?

En fait, t'es juste pas capable de me voir heureuse sans toi. Ça te fait chier que j'aille bien pis que ça ait aucun rapport avec toi. Qu'il y ait peut-être quelqu'un d'autre. Ça te gruge de m'imaginer dans les bras d'un autre. Cet autre qui aura pas besoin de partir pour réaliser que y'en a pas deux comme moi.

Tu vas revenir avec tes yeux doux, tes belles paroles, tes promesses d'éternité, tes doigts qui vont vouloir flatter doucement mes cheveux.

Mais pour qui tu te prends, garçon?

C'est ça la vraie question. T'as pas le droit de hanter ma vie. De guetter le bon moment pour faire ton retour en force. Quand j'ai l'air de vivre ma vie telle une duchesse du Carnaval, avec un sourire collé dans face, c'est ton timing.

On dirait que tu reçois une alerte, "niveau de bonheur élevé chez Merlin, c'est le temps d'aller y péter sa bulle pis de refaire surface avec nos moves de mange-marde."

Tu me textes pas parce que tu m'adores. Tu me textes pour pas que je t'oublie. Pour me garder à portée. T'as pas le droit de m'écrire pour ça. C'est d'un extrême égoïsme. T'as voulu partir. Pars. Reviens pas. Tu peux pas réapparaître quand ça t'adonne. Juste pour venir me fucker la tête encore et encore. 

Tu me donnes pas le droit de passer à autre chose. Tu me donnes pas le droit de guérir mes bobos. Tu fais juste les gratter tout le temps pour que ça reste bien au vif et que j'y pense un peu chaque jour. T'entretiens ma peine. Ça te fait du bien de penser que j't'attends. Tu te sens important.

Mais j'ai pas besoin de toi.

J'le sais qu'on recommencera pas. J'me donne pas l'espoir que cette fois-là c'est la bonne. Après toute la marde que t'as faite, entretenue et brassée non-stop pendant un bout, tu penses pas que j'ai le droit à un break?

Tu me mets en laisse, tu me laisses faire ce que je veux, mais pas trop non plus. Tant que ça te fait pas sentir pas spécial, ou que j'allais trop bien pis que je passais à autre chose. Sinon, un texto, un appel FaceTime, voilà que tu m'offres le temps que tu voulais pas m'offrir, tiens.

Quelle belle coïncidence.

T'es un bourreau des coeurs. Pis t'es trop centré sur toi-même pour te rendre compte que tu fais juste semer de la peine. J'ai le goût qu'on devienne des souvenirs. Qu'on redevienne des inconnus. Que tu fasses partie du passé. Merci bonsoir on passe à autre chose.

Tu m'as fait vivre le pire. Tu m'as donné envie de devenir quelqu'un d'autre. Tu m'as brisé le cerveau. J'avais même pas peur de finir seule, j'avais peur de finir sans toi.

Pis aujourd'hui, c'est la seule chose que je souhaite, que tu décal*sses. J'ai fini de me sentir comme une grosse merde.

C'est fini. Tu peux monter les marches de l'Oratoire Saint-Joseph à genoux pis prier chaque jour que la vie t'offre, je reviendrai jamais. J'te souhaite des trous dans tes jeans pis de la p'tite gravelle dans tes rotules.

Arrêtez de revenir. Assumez-vous. Laissez-nous être heureuses. Sans vous.  

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

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