Un mois sur Bumble. BEAUCOUP de choses se sont passées. J'ai daté Merlin 2. J'aurais pu le revoir. Avant qu'il me call en pleine nuit de Saint-Valentin.

Cinq fois. Offre peu alléchante.

La Saint-Valentin. J'étais scrap de la veille. J'me suis fait livrer 40 $ de St-Hubert, j'ai ouvert la porte au livreur, j'étais en pyjama, j'avais un t-shirt à l'envers, une toque sur le côté dont les pointes sentaient légèrement le vomi.

J'étais LE symbole du désespoir de la fête de l'amour. Seule avec mon chat. J'ai partagé une aile de poulet avec lui. 

J'me suis pas sentie seule ou désemparée, j'avais mon ami poilu, la yeule pleine de bâtonnets de fromage, des batteries dans le tiroir du lit.

Le monde m'appartenait, j'étais comblée. Et pourtant, j'avais eu une date qui m'avait pas laissé ce goût délicieux de poulet dans la bouche plus tôt dans la semaine. 

J’avais un rendez-vous galant avec un garçon de 37 ans à 19 h en début de semaine dans un bar du Plateau. Il était mignon, poli, cultivé, gentil.

Il s’est clenché sept-huit bières et était droit comme une barre. J’étais impressionnée. Il était tellement timide, il parlait peu, m’écoutait en souriant, riait quand c’était le temps, il avait l’air du garçon qui se lavait réellement derrière les oreilles. Le p’tit gars qui a toujours écouté sa mère et qui l’a rendue fière.

Je le voyais super timide et bien que je le trouvais super cute, je me disais que sa timidité m’irriterait. Il était cute, mais pas pétillant, ça manquait de gros rires gras, de jokes un peu déplacées, d’intensité. 

La soirée passe, on se met un peu chaudaille. Il est hyper gêné, j'le sens, alors je lui demande s’il m’invite chez lui. Il me répond oui avec un grand sourire. Bingo. On sort du bar, il me prend la main pour marcher sur la rue. La dernière personne qui m’a pris la main, c’est ma technicienne en pose d’ongles, il y a de ça quelques mois. J’ai des ongles aussi dégueulasses que ma vie sentimentale, oui. 

Je suis mitigée, je trouve son geste mignon, mais aussi je me sens submergée d'une grande angoisse. Comme si ma liberté venait de se faire prisonnière entre nos deux paumes suantes. J'ai essayé fort de me changer les idées tout le long du chemin, en kickant des morceaux de glace, en essayant de prendre volontairement un chemin glissant pour tomber à terre et reprendre ma main. J'étais pas bien. 

En arrivant chez lui, j'ai réussi à calmer mes pensées et mon angoisse. On s'embrasse dans l'entrée tout habillés et on se déplace en pas chassé en enlevant les couches qui nous protégeaient du froid. 

Et là. Ce fut la rencontre de deux univers diamétralement opposés. Moi, j'avais l'impression d'être au festival des tulipes, je me sentais comme un papier de soie qu'on veut mettre dans un sac cadeau sans trop le froisser.

J'te dis pas que je voulais avoir la face bleue à me faire choker, mais ça manquait beaucoup de GRRRRRR, de force, de vigueur, de OK j'vais reprendre mon souffle, essuie la mouille ici, je sens pu mes jambes, je pense que j'ai perdu l'usage de ma bouche, tu vois le genre. 

Là, j'tais pas dépeignée, pas sale, j'aurais pu me lever pis aller dans un enterrement, ni vu ni connu, je sentais zéro le sexe.

Et de son côté, il avait pas l'air du gars qui trippait sa vie non plus. Je l'accuse pas d'être mauvais au lit, je pense juste qu'on avait absolument aucune chimie.

Aucun courant.

Aucune tension. En fait, un peu de tension, mais du type coups de taser gun dans gorge, aucun plaisir.

Rendu là, le protocole, c'est quoi? On souffre en silence chacun de notre côté en attendant doucement que ça finisse? Et c'est supposé finir comment? Parce que de mon côté, c'est assez évident qu'il y aura pas de feux d'artifice en bas. 

J'ai tout arrêté. J'ai évoqué une grande fatigue. Et je suis partie. Tout s'est fait tellement doucement, comme si on se comprenait sans se sentir forcés de dire des mots pour combler le silence. 

Il m'a texté le lendemain, pour me dire qu'il avait passé une belle soirée en ma compagnie et qu'on pouvait sûrement faire mieux au lit. Que ça valait la peine de réessayer, qu'on ne pouvait que s'améliorer. 

J'étais très indécise. Je voyais pas de potentiel amoureux envers cet homme. J'le trouvais très cute et tout, mais je pense pas qu'à long terme, j'aurais voulu être avec. On aurait pu être des p'tites dates de saison, quand les bourgeons seraient sortis, on aurait chacun pris une direction différente. Mais là, l'histoire de la sexualité poche, ça enlevait tout avenir possible. 

Et je pense que devoir travailler sur le sexe est quelque chose qui me gosse. Apprendre à se connaître oui, mais là, c'est comme si les meilleurs moments, la folie et l'intensité charnelle des débuts allait jamais exister parce qu'une licorne essayait de coucher avec un volcan. Ça fit juste pas. (Je suis le volcan. Merci.)

Ça m'a vraiment mind fuck, ce frotti-frotta. J'ai donc été semi- honnête dans ma réponse, j'ai fait un mensonge par omission, un mensonge blanc! J'ai dis que, oui, il y avait sûrement place à l'amélioration, que j'avais passé aussi une belle soirée, mais qu'on en resterait là, que je n'étais pas intéressée à aller plus loin.

Le sexe est trop important, je peux pas me lancer dans la création d'une série de fiches pour identifier mes zones érogènes.

J'veux de la passion, du feu, j'veux qu'on explose.

Pas qu'on se donne une poignée de main à la fin pis qu'on aille mettre un collant sur le calendrier du frigo si on a eu un frisson. Mon intuition me disait qu'avec lui on vivrait pas ça.

Faque c'est resté mort, le garçon a été compréhensif de ma réponse et super sweet. Tout est bien qui finit bien.

Jusqu'à hier. Misère. 

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

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