La vie a été bonne avec moi dans les derniers temps. J'ai supprimé Bumble, qui ne m'amenait nulle part sauf vers une longue agonie. Trop de temps, de jasage pour peu de résultats. Si au moins je pouvais avoir quelques petites varlopes agréables et pas compliquées. Mais non. Même pas. Rien n'est simple.

On devrait inventer une app de rencontres qui propose des plages horaires de disponibilités. Pas d'affaires de kilométrage, d'âge pis de descriptions. Ça sert à rien anyways, on se voit jamais. T'es libre le mardi soir? On match. Un doodle érotique. J'pense c'est LA solution pour mettre fin aux conversations interminables qui mènent à aucune rencontre. Ah pis, shotgun l'idée, ça m'appartient.

En attendant de développer mon application révolutionnaire, j'ai donc opté pour les approches physiques régulières.

Lire : aller parler aux hommes dans un contexte approprié.
Ne pas lire : flasher mes nénés dans un bar en fin de soirée.

Quoi que d'après moi les deux techniques marchent très bien, une amène un peu plus de regrets que l'autre.

Donc, jeudi, 5@7 de job. Tranquilito Michaud comme dirait mon ami Fil, le vin coule à flots dans les mains de ce qu'on aime tant appeler les jeunes professionnels. Les dividus se mélangent, font connaissance, pour vrai c'était une belle soirée. Tsé le genre de soirée qu'on dirait que toutes les conditions sont parfaites pour le bonheur, y'a pas de tempête de neige, t'es pas en retard dans tes dossiers à job, t'es pas menstruée, tu travailles pas le lendemain, tu savoures le moment en pensant à rien d'autre. La yeule pleine de petits canapés, un verre plein din mains, des conversations intéressantes, des p'tits flirts par-ci par-là.

Malheureusement la fin arrive. Certains échangent des numéros de téléphone, les coquins. Était-ce mon cas? On le saura la semaine prochaine. Je marche sur Mont-Royal avec une collègue, on se fait un bilan de nos rencontres, de notre intuition féminine. Avec les années, j'aurais du accepter que mon intuition vaut clairement pas de la marde, mais je continue de l'écouter pareil. 

Et là elle me dit, ouin mais tu le reverras pas, il est médecin. Hum, si tu me disais qu'il était en phase terminale d'une maladie incurable, je comprendrais la réflexion. Mais là. Pourquoi je pourrais pas dater un médecin?

Ben, ça me rendrait ben trop nerveuse, ce monde-là ont étudié toute leur vie, il doit faire 3x ton salaire. C'est un DOCTEUR Merl! Il doit juste dater des femmes médecins. 

Sérieux, ce discours-là, c'est un big no. J'ai eu un stéthoscope jouet dans mon enfance, le jeu opérations et j'ai sauvé la vie d'un papillon au primaire. Je n'ai donc rien à lui envier. On se met ben trop de barrières pis de limites. Pis dans ce cas-ci, c'est comme se dire qu'on est pas assez hot pour dater monsieur le Dr. Voyons donc. 

C'est vraiment un mindset de caca. Faut-tu vraiment dater quelqu'un qui a un niveau d'études similaire? Un salaire pas trop éloigné du nôtre? Sinon quoi? On explose? Ça fait jaser?

Cr*ss un moment donné, slaquez la patente.

Je date comme si le monde m'appartenait. Je souffre pas de mégalomanie, je veux pas réellement posséder le monde, je suis pas Merlin Trump. J'suis un peu plus du style à la Michèle Richard, mettons. Achalant parfois, en même temps tu envies son assurance pis son art de s'en contrecr*sser. 

Sauf que j'ai confiance en moi. Que tu habites dans un demi- sous-sol sur Dickson ou un penthouse à St-Henri, que tu gagnes dans les 6 chiffres qui s'en vont vers les 7, ou que t'aies des fins de mois plus serrés, que t'aies un doctorat, ou que tu cherches un docteur de famille, si on a du fun, pourquoi pas?

Ton dating mindset, c'est pas mal ça qui va faire en sorte que la game du dating va te faire du bien ou tu vas te ronger les ongles jusqu'au sang.

Tu peux pas partir avec l'idée que tu mérites pas de sortir avec X types de personnes.

J'veux dire, dater, c'est pas fait pour se remettre en question constamment. C'est un jeu de séduction, tu me plais, on fait un boutte ensemble, merci bonsoir. Ça marche pas, merci bonsoir.

Pas, tu me plaîs, MAIS tu mérites mieux que moi. Tout le monde est nerveux en datant, ne serait-ce qu'un petit stress de rien. C'est normal. L'autre aussi va être nerveux. Qu'il soit neurochirurgien, informaticien ou dresseur de chiens.

On peut pas se rabaisser et vouloir niveler vers le bas pour fitter dans une case. Une case qu'on a inventée. Une case dans laquelle faut rester pour pas trop déranger.

C'pas ça la vie. La vie c'est dater n'importe qui en étant ouvert à n'importe quoi. (On s'entend sur n'importe quoi quand même!). Faut être fait fort pour dater. J'men rends compte en jasant avec mes amies. Fort mentalement. Ça brasse dater, ça nous amène à se poser ben des questions. On est ben trop exigeant avec soi-même.

Ça va faire la pression. On part pas en se disant que c'est peut-être l'homme de notre vie pis qu'il faut éviter les faux pas. On date une fois, on date deux fois, on attend pas la proposition de mariage. Ou un engagement.

Chaque chose en son temps.

On se voit tout nus avant de se dire oui pour la vie. J'dis ça mais je me suis jamais rendue à la grande demande, je parle peut-être au travers de mon chapeau. Dans mon pas, je parle au travers de mon stérilet, j'ai pas une tête à chapeau.

J'ai vu un peu de monde tout nu par contre. 

 

 

 

 

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